Vous savez ma fascination pour l'univers des traders. Je n'y peux rien, c'est comme ça. J'avais deux ou trois réflexions à faire sur le cas Kerviel :
- Ce n'est pas parce qu'il a perdu 5 miliards d'euros à lui tout seul que c'est un fraudeur. Avec le fort effet de levier sur les produits dérivés, pour peu que le marché ne va pas dans la direction espérée, ça peut monter très vite. Mais c'est vrai, 5 millards c'est beaucoup. question : qu'en aurait-il été si lors de la découverte de ces positions cachées, celles ci avaient fait apparaître 5 milliards d'euros...de plus-value ? En aurait-on parlé ? (genre la une de l'humanité : 'scandale à la Société Générale : un trader cache 5 milliards de plus-value' -)))
- 5 milliards d'euros, c'est beaucoup mais la Société générale a fait la bêtise de vouloir dénouer les positions du trader sans réfléchir et ce, lundi dernier, le jour où le marché s'est effondré comme il ne s'effondre qu'une fois par décennie. Si cette affaire s'était passée une semaine avant, je serais curieux de savoir ce qu'il en aurait été.
- dans cette affaire, le bonnet d'âne revient à Ségolène Royal qui a demandé à ce que les sommes perdues soient remboursées à des ménages en difficulté financière. ça ne veut tellement rien dire que j'ai pitié pour elle et pout les 17 millions de personnes qui lui ont fait confiance le 6 mai 07.
Royal connait rien (à rien) mais d'ailleurs moi non plus. pas grand chose..mais dans cette affaire comme dans beaucoup d'affaires, les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne paraissent. Et puis, il y a la présomption d'innocence. Mais nos médias s'en foutent...comme ils se foutent d'être exigeants et sérieux dans le traitement dans l'info. C'est la raison pour laquelle, je ne les écoute plus..autant que faire se peut (parce que si vous n'allez pas vers l'info, dans cette société où les médias sont omniprésents, l'info arrive toujours à vous.)
Comme il s'agit avant tout d'un blog littéraire, voici quelques lectures en rapport avec cette sombre affaire :
- l'argent de Zola. J'en ai déjà parlé, un must.
- trader fou de Nick Leeson. se lit comme un roman
- Cendrillon d'Eric Reinhardt.
Ce livre traînait dans ma PAL depuis pas mal de temps et il était toujours devancé par une autre lecture plus urgente. Mais là, ça y est, ce fut fastidieux mais je l'ai terminé. Mon impression à chaud est mitigée. Mi figue mi raisin. Avec le recul peut-être..il y a des livres qui sur le coup m'ont laissé de marbre mais qui se bonifient avec le temps qui passe qui me sépare de la lecture. (et d'autres, le contraire). A son actif, je dirais que ce roman a une vraie valeur documentaire pour qui veut s'imprégner de l'atmosphère et des pratiques du New-York friqué des années 80 (le héros principal, Russell, est éditeur dans une grosse maison d'édition et sa femme, Corrine est courtière en bourse). A son passif, je dirais que quand même, le style narratif est parfois un peu poussif (ou est-ce la traduction qui est moyenne...). Dans le genre, on préférera Auster. Il y a quand même des passages très poignants lorsqu'il est question des problèmes de drogue de Jeff, (l'ami du couple vedette), sa descente aux enfers, sa cure de désintox et les moments précédents sa mort (du sida). Sinon, on découvre sans surprise un milieu de l'édition perverti où règne la cupidité et le faux-semblant, un monde des finances impitoyable comme il se doit et les hauts et les bas de notre couple de jet-setters aussi beaux et sûrs d'eux l'un que l'autre. Au final, ça fait une histoire banale sur fond d'années Reagan, de sida émergent et de krack boursier d'octobre 87 (mais juste effleuré).
J'ai déjà parlé de Valérie Leulliot et comme je fais ce que je veux ici, j'ai envie d'en reparler. Je ne cesse en ce moment d'écouter son album Caldeira sorti en février 2007. Bizarrement ce n'est que tout à l'heure en rentrant du boulot que j'ai fait pour la première fois attention aux paroles de mon homme blessé, chanson que je zappais systématiquement jusque là pour je ne sais quelles raisons...Les paroles de cette chanson sont de Miossec, ce qui est surprenant. Je ne connais pas ce Miossec mais si je dis que c'est surprenant c'est parce qu'il me paraissait assez évident à la première écoute que ce texte n'ait put être écrit que par une femme qui s'adresse à son homme et qui s'en veut de ne pas l'avoir vu sombrer. Ce texte me touche particulièrement. La chair de poule.
Les essais de Milan Kundera sont aussi limpides et épurés que ses romans et le rideau (que je feuillette plus que je ne lis depuis tout à l'heure) n'échappe pas au constat. Milan Kundera élabore tout à un tas de concepts et théories (le kitsch par exemple) complexes et pourtant, à le lire, on a le sentiment que tout est simple et évident. Chaque phrase est un diamant, chaque pensée une illumination.
Dans tous ces livres que j'ai lus dernièrement, il arrive évidemment qu'il soit question de terrains vagues. Et comme le terrain vague est un peu le fîl rouge de ce blog, (thème que d'aucuns jugeront profondément débile), j'ai décidé de retranscrire ici certains des passages en question. Et pour inaugurer cette série, il m'est revenu à l'esprit un passage exquis de je m'en vais de Jean Echenoz, livre que j'ai beaucoup aimé, je le rappelle.