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raymond queneau

  • marathon de Vannes 2016 (façon roman)

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    Au début du roman, le narrateur nous présente une foule de gens déguisés en coureurs à pied. Ils attendent le départ d’une course sur une route qui longe les remparts de Vannes. On apprendra plus tard qu’il s’agit du marathon de Vannes, édition 2016. Il décrit une ambiance festive. Il est neuf heures du matin et un feu d’artifice illumine le ciel pourtant déjà bien lumineux de la capitale du Morbihan. Ensuite, l’auteur attire l’attention du lecteur vers un type qui s’appelle Loïc et qui discute avec deux autres types d’une drôle d’affaire qui lui est arrivée la veille dans un bus de Pleugriffet (pour faire court, il s’était accroché avec un voyageur au long cou portant sur sa tête un chapeau qui était entouré d’un ruban et cet excentrique ne cessait de le bousculer dès que l’autobus tanguait un tant soit peu et le pire c’est que le soir, il est retombé sur le même type qui buvait une bière au Bistroquet et qui agaçait un autre consommateur parce que ce dernier avait décalé les boutons de son pardessus) . Loïc a une petite quarantaine d’année, ressemble à Mr Tout le Monde et porte le dossard 1428 nous précise l’auteur. Ensuite, une centaine de pages est consacrée à la biographie de ce type natif d’Hennebont et qui recherche obstinément et contre le sens commun un type qui s’appelle Beauchamp qui apparaît furtivement dans un roman de Patrick Modiano. Comment un homme qui mène une vie normale et ne présentant aucune anomalie psychiatrique peut-il prétendre retrouver un personnage de roman ? Chaque être humain recèle bien des mystères. 

    Dans le second chapitre, on revient sur la ligne de départ. 16 octobre 2016, 9h30. Un tir d'obus de mortier retentit et les 1800 coureurs entassés et joyeux dévalent la route qui mène vers le port de Vannes et Loïc court en compagnie d’un des deux camarades prénommé Auguste avec qui il discutait de cette fameuse affaire arrivée la veille. L’auteur nous apprend qu’ils ont décidé de faire le début de la course ensemble (le troisième larron étant parti devant). Au début tout se passe bien, ils courent plus vite que prévu et Auguste demande parfois à Loïc de ralentir. Après avoir quitté le port, ils se retrouvent très vite en campagne et Loïc fait part alors à Auguste que c’est impressionnant de se retrouver en pleine cambrousse alors que quelques minutes avant ils couraient au centre ville. Le duo court toujours ensemble mais Loïc mène la cadence et ses lèvres bougent alors qu’il ne parle pas, bizarre. On apprendra plus tard qu’il se récite le bateau ivre sans fin pour oublier le mouvement de ses jambes.

    Après la campagne, les coureurs longent le golfe du Morbihan et reviennent en ville et  certains commencent déjà à être dans le dur notamment Auguste, mais Loïc, solidaire jusqu'à une certaine limite l’attend. Au 23e km, Auguste donne plus ou moins l’autorisation à Loïc de partir devant. Ce dernier ne se fait pas prier et jusque la fin, il ne  cesse de doubler, doubler sans fin, il court même plus vite qu’au début. Il ramasse des coureurs comme le cantonnier les feuilles mortes et toujours récite le poème de Rimbaud qui lui donne cette force d’oublier la douleur car même s’il court sans difficulté, il sent bien qu’il n’est pas qu’une ombre qui court mais un corps humain de 75 kgs qui commence à se demander pourquoi le type qui le gère l’oblige à tous ces efforts.

    maratonvannes.jpgL’auteur nous montre bien cette dualité entre la difficulté de faire avancer un corps à une allure soutenue et l’état d’esprit qui anime ce corps. C’est l’occasion aussi de nous faire découvrir le parcours atypique de Loïc, féru de littérature, mais en même temps amateur de football et de marchés financiers et ce fameux soir où lors d’un rassemblement politique, il s’écria soudain “le capitalisme est un humanisme”.

    Dans le dernier chapitre, on retrouve le coureur qui atteint enfin son but. Il rentre sur le stade de Kercado après 42 kilomètres de course et en profite pour doubler une dizaine d’éclopés ne voyant pas la moitié de leur misère. L’auteur ne rentre pas dans les détails techniques mais sur la dernière page, on a le droit à un relevé avec le temps final (3h40 pour un objectif de 4h00 et 331e/1800).

    Ce roman laissera tout le monde sur sa faim. Les amateurs de courses à pied n’y verront que des digressions sans intérêt sur la vie et les passions d’un coureur à pied dont la vie ne présente pas beaucoup d'intérêt  et les littéraires trouveront le style quelconque. Ce livre ne devrait donc pas rencontrer son public...à part peut-être le protagoniste lui-même....et encore. 


    “le coureur ivre”, 228 pages, éditons PleugriffretEdi. parution : octobre 2016. disponible nulle part.

    Loïc LT (sur la photo du haut, suis à droite à un mètre du ballon rose)

  • CR14 : le dimanche de la vie - Raymond Queneau

    f2fd231a7afb9fc2c8c18182171540fa.jpgVu le prix du kérosène, on a pris l'habitude de ne plus rentrer à midi et d'aller manger un sandouiche, tranquillement dans sa wature au bord de l'étang de la forêt, parfois appelé par ici l'étang des mortes-eaux. On y croise pas grand monde en cette période de l'année et l'on est bien. On écoute Arnaud Laporte sur France Culture tout en dégustant son américain-jambon, l'on lit et l'on pique un somme en prenant soin de règler la sonnerie du portable à 13h20, afin de ne pas arriver en retard à l'endroit où se fait exploiter.

    C'est dans cette atmosphère neutre et automnale que l'on a achevé la lecture de 'le dimanche de la vie' de Raymond Queneau. A-t-on aimé ce livre ? moyennement. A-t-on ri ? par moment. A-t-on tout compris ? oui, sauf le titre, on ne comprend pas très bien le sens du titre, qui serait inspiré d'une citation de Hegel, philosophe dont on a parlé récemment par ici.  De quoi cela parle-t-il ? d'un brave type intitulé Augustin Brû à la veille de la seconde guerre mondiale. C'est un type un brin naïf, marié à Julia, une femme bien plus âgée que lui. Augustin a un petit commerce à Paris où il vend des cadres, Julia est cartomancienne. Augustin est un brin naïf, disions-nous, ce qui fait qu'il n'est jamais malheureux. Il passe ses journées à suivre du regard le défilement des aiguilles de l'horloge du magasin d'en face et élabore toute une théorie là-dessus. (je pense au temps qui passe et , comme il est identique à lui-même, je pense toujours à la même chose, c'est à dire que je finis par ne plus penser à rien).

    On apprécia aussi l'avertissement au début du livre : les personnages de ce roman étant réels, toute ressemblance avec des individus imaginaires serait fortuite. On se dit que ça donne tout de suite le ton. Mais généralement, tout est un peu loufoque dans ce livre et ça commence dès le début avec ce voyage de noces que Valentin fait tout seul car Julia ne peut abandonner sa boutique. C'est d'ailleurs ce voyage de noces qui est le meilleur moment du livre. Ce benêt de Valentin qui découvre Paris, ses rues, son métro, des hôtels, c'est quelque chose. On a mal pour lui mais souvent l'on ri de bon coeur.

    L'on n'a pas grand chose d'autre à dire ce souér.

    l'on signe.