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john steinbeck

  • les raisins de la colère (suite)

    Gaff1158114490.jpgJe me propose de vous résumer la fin du roman. Attention donc, ceux qui ne veulent pas la connaître sont priés de ne pas lire cette note.

    C'est un final très marquant et j'ai passé même une nuit un peu cauchemardesque à me le ressasser (un peu comme la nuit de jeudi ou vendredi où les images de Haiti n'ont cesser de me hanter).

    A la fin du roman, la famille Joad (7 personnes en tout dont deux gamins) loge dans un wagon insalubre. C'est l'automne et les travaux des champs sont terminés. Ils n'ont donc plus de travail et pas un sou de côté. Ils sont épuisés, commencent à avoir faim et Rose,  va bientôt accoucher. Et comme il pleut beaucoup, la rivière qui coule non loin de là, monte et l'eau s'approche des wagons (parce qu'il y en a plusieurs, tous "habités" par des familles de saisonniers aussi mal en pont que les les Joad). Rose accouche mais sont enfant est mort-né. Les hommes essaient de construire une digue mais elle ne tient pas et l'eau rentre dans les wagons. Tout le monde doit partir.
    Errant sur une route au milieu ne nulle part, ils aperçoivent une grange au milieu d'un pré et s'y précipitent. A l'intérieur, deux hommes sont allongés sur la paille, un père et son fils. Le père est à demi-conscient, il est en train de mourir de faim. Alors, Rose qui vient d'accoucher et qui donc dispose d'une petite réserve de lait, prend l'homme affamé à part et l'allaite.  Le roman se termine comme ça et j'ai la chair de poule rien que de l'écrire...C'est littéralement bouleversant.

  • CR138 : les raisins de la colère - John Steinbeck

    les-raisins-de-la-colere_john-steinbeck_080919095112.jpgLe hasard fait qu'après avoir lu une autobiographie de ce bourgeois-bohème un brin cynique qu'est Frédéric Beigbeder, me tombe entre les mains les raisins de la colère, de John Steinbeck, un roman datant de 1939 et qui s'apparente à quelque chose comme une version romancée du capital de Karl Marx ou peut-être plutôt un germinal américain.
    Et pour en finir avec Beigbeder, voici ce qu'il en dit dans son dernier inventaire avant liquidation : "pour faire efficace, Steinbeck nous en met plein la vue et en rajoute dans le mélodrame naturaliste...le principal reproche qu'on peut faire à Steinbeck n'est pas de sentir le pâté mais le pathos".
    Comme de fait, il a peu raison. Les raisins de la colère est un peu trop manichéen pour être crédible. Cette réserve faite, ce livre est un chef d'oeuvre.
    Concrètement, ce roman fleuve traite des excès du capitalisme dans l'Amérique rurale des années 30 à travers la folle équipée d'une famille de paysans (lesJoad) de l'Oklahoma désireuse de rejoindre la "verte" et prometteuse Californie..qui s'avérera bien plus horrible que la région natale, l'optimisme un peu naïf des débuts laissant place au désarroi le plus total jusqu'aux dernières pages proprement bouleversantes. Le récit est entrecoupé de quelqueschapitres qui permettent au lecteur de prendre du recul, de mieux comprendre le système ou de se voir offrir quelques descriptions très poétiques.
    Saisissant.
    Le roman a été adapté au cinéma en 1940. Et je me pâme encore à la lecture de cette anecdote trouvée sur wikipedia :
    Le film a connu une brève exploitation en URSS. Le pouvoir communiste en place autorise en effet sa projection, trouvant dans cette histoire qui se déroule durant la crise de 1929, l'occasion de fustiger le capitalisme. La réaction du public russe ne fut toutefois pas celle escomptée, puisqu'il s'émerveilla que, même au plus profond de la misère, les personnages possèdent encore une voiture. La censure le retira donc aussitôt des écrans.

    roman, paru en 1939
    folio n°83, 639 pages
    lecture du 05/01 au 12/01/2010
    note : 4/5
    à venir : bella ciao, Eric Holder