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dette

  • cas d'école

    Le sujet de la Grèce est à peu près le seul sujet d'actualité qui m'intéresse (avec aussi le bordel islamiste au Moyen-Orient) parce que c'est un cas d'école. Jamais dans une démocratie européenne, un parti extrême était arrivé au pouvoir (encore qu'on peut considérer le gouvernement de Hongrie comme d'extrême droite) et cerise sur le gâteau, ce parti d'extrême gauche, Syriza,  prend les commandes d'un pays qui doit des milliards d'euros à 3 organismes internationaux et que la Grèce a encore besoin  d'argent. Or ces organismes ne veulent prêter que si Tsipras mène une politique de réforme contraire à celle pour laquelle il avait été élu. Je sais je l'ai déjà dit mais j'ai le droit de me répéter.

    Or l'autre jour, j'entends distraitement à la radio que les deux parties avaient trouvé un accord. Je me demandais bien quel accord ils avaient pu trouver à moins que l'une d'entre elles aient mangé son chapeau...Mais les médias exagèrent toujours. Il se trouve qu'il y a avait un juste de légers progrès dans la recherche d'un accord. Aujourd'hui, 06 juin, nous en sommes toujours à la case départ.

    Ouest-France, 06.06.15

    grèceOF060615.jpg

    Comme on voit donc, Tsipras est coincé, la Grèce a besoin d'argent frais...mais même pas pour elle, juste pour rembourser ses dettes et on ne veut le lui prêter que si le gouvernement se décide à mener des réformes 'libérales', si tant est qu'on considère que mener une politique d'austérité, c'est mener une politique libérale. Moi, je ne prends pas partie, je constate. Je salue le courage de Tsipras qui semble un fin négociateur mais je lui en veux d'avoir faire croire au peuple grec qu'il allait pouvoir honorer ses promesses alors qu'il connaissait très bien la situation financière du pays. 

    C'est un cas d'école parce que même si Syriza était arrivé au pouvoir dans un pays avec des finances saines, il n'aurait pas pu honorer ses promesses car la réalité économique (mondialisation, financiarisation, règles européennes) ne peut pas s'accommoder d'une politique d'extrême gauche (et encore moins d'extrême droite). Les Grecs ont donc fait une erreur en mettant ce parti au pouvoir. Le pays est en train de perdre son temps et moi aussi parce que je suis obligé de le répéter tous les 3 mois sur ce blog et que personne m'écoute !!

    A dans trois mois alors. Mon pronostic : élections anticipées en Grèce qui vont renforcer Tsipras, sortie de la Grèce de l'Union et dépôt de bilan du pays qui sera peut-être racheté par un fond d'investissement américain ou le Qatar

    Loïc LT, recenseur de cabines téléphoniques et économiste de comptoir. 

  • désendettement # prendre l'argent là où il se trouve

    Devant cette dette abyssale générée par trente ans de laisser-aller et de manque de courage politique, les premiers qui sont mis à contribution sont les riches, ce qui est normal, mais le problème est que, à moins que l'on veuille les dépouiller totalement (et encore ça ne suffirait pas), un moment on se rend compte que ce n'est pas suffisant. Comme il n'est pas question de demander des efforts aux classes populaires, ce qui parait logique, il reste donc cette fameuse classe moyenne dont on ne cesse de dire qu'elle va mal, qu'elle a déjà donné assez, qu'il faut qu'on la laisse enfin tranquille. Je ne vais pas revenir sur cette notion de classe moyenne qui recouvre tant de réalités différentes..mais globalement quand même, on voit à peu près ce que c'est. Ici en Bretagne Sud, je me suis fait une petite représentation de la chose. Une famille de la classe moyenne c'est : deux salaires pour un total de 3000€ minimum, une maison assez grande (donc gros crédit sur 15 ou 20ans), deux voitures dont au moins une grosse berline (ou  monospace), deux enfants bien habillés et gâtés. La maison est de style contemporaine, plutôt spacieuse, bien équipée en électro-manager, hi-fi et informatique dernier cri. Le jardin fait 500m2 au mimimum et est bien entretenu (mais dispose rarement d'une piscine, réservée à la seule classe moyenne supérieure). La famille part en vacances au moins d'août, deux semaines au minimum ou trois (mais en général, les gens aiment se garder une semaine à la maison). Vacances en hiver aussi : une semaine au ski. Sinon pour les loisirs, et bien, les enfants font du sport. Socialement parlant, on reçoit plutôt beaucoup, on fait souvent la fête*on s'implique dans la vie de la commune via des associations ou l'amicale laïque (sauf qu'en Bretagne, beaucoup d'enfants sont scolarisés dans le privé..mais bon ça ne change rien).

    Ce que je me dis en voyant ça, c'est que cette classe moyenne qui soit disant déprime, et bien, à mon avis, elle a largement les moyens de contribuer beaucoup plus au redressement des finances publiques. C'est  dans son compte en banque que se situe la clé du désendettement. Il faut qu'elle paye plus d'impôt sur le revenu et aussi qu'on lui supprime toutes ces niches fiscales dont elle profite abusivement (emploi à domicile, travaux d'isolation...). Je vous dis que là est la clé et qu'il ne faut pas avoir peur de le dire. Jusque là, on fait tout pour la préserver parce qu'il y a cette idée reçue que c'est toujours elle qui trinque etc...mais c'est faux...et à force de la préserver, elle s'est bien enrichie, j'en suis convaincu !

    Concernant mon ménage, je ne sais pas où il se situe..dans un no man's land, semble-t-il, tant je réalise et ma compagne aussi qu'on n'a rien à voir avec cette classe moyenne dont je viens de parler... sans pour autant qu'on fasse partie des classes populaires. Nous avons assez pour vivre, on ne se plaint pas mais nous ne sommes pas, loin de là au niveau de la classe moyenne (raison de plus pour qu'elle casque -)))

    C'est dit. 

    Loic LT, 11.08.2012

    *'faire la fête', ça veut dire quoi au juste ?

  • [politique] l'effort, quel effort ?

    Notre gouvernement socialiste vient soit disant d'annoncer "un plan de rigueur qui ne dit pas son nom" dixit les journalistes qui veulent nous faire croire que le 1er ministre nous ment, qu'il nous cache qu'il va nous faire souffrir. Car les journalistes ne sont pas dupes, ils ont remarqué la supercherie ! le gouvernement nous ment ! c'est bien une cure d'austérité qui attend les français !...heureusement qu'ils sont là les journalistes..sans eux, les français ne se seraient aperçus de rien...OUHHHHHHHH

    Trève de plaisanterie..j'avoue que je suis lassé de tout ça..lassé qu'on nous fasse croire qu'on nous fait croire qu'on nous ment, marre de la communication et du faux semblant. Concrètement, il y a quoi d'ambitieux dans ce collectif budgétaire ? Les entreprises vont payer un peu, les riches un chouya...et puis basta..les classes populaires et moyennes seront épargnées...soit 95% de la population française ! Malgré tout on nous vend ce plan "de rigueur qui ne dit pas non nom" comme un plan juste et ambitieux qui va redresser les finances publiques de la nation...7.5 milliards d'euros soit....0.004% du montant global de la dette (7.5/1800). J'ai dû faire le calcul deux fois pour m'en convaincre. Mais c'est bien ça.

    C'est juste pitoyable..moins que de la poudre aux yeux...un voile, que dis-je, un mirage lointain, abstrait, indistinct, une abstraction...

    Soit disant, tout le mondre devait participer à l'effort de redressement...mais quasiment tout le monde est épargné...trop de chance ! Comment les grecs n'y ont pas pensé plus tôt : pour résoudre une dette abyssale, il suffit en fait de taxer un peu plus les entreprises et les riches..mais pas trop quand même, juste un peu. 

    Décevant d'autant que j'avais été agréablement surpris que Ayrault fasse de la lutte contre les déficits sa priorité...A titre personnel, je devrais m'en satisfaire car je fais parti de ces gens qui ne vont rien payer en plus et qui au contraire vont recevoir un peu plus. 

    C'est nul et navrant. Plus dure sera la chute. On en reparlera. 

  • Pour un passage aux 32 heures

    En 1998, la France passait aux 35 heures et c’est grâce à cette  réforme que j’ai obtenu mon premier cdi. Je suis resté 6 ans dans un cabinet comptable avant de me faire lourder comme un malpropre. J’étais en détresse morale et les responsables ne m’ont laissé aucune chance. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû me mettre en arrêt au lieu de m’obstiner à venir au boulot pour faire n’importe quoi. Enfin bref, je m'égare..les 35 heures, c’était chouette, en même temps, je n’ai pas connu les 39 heures. Aujourd’hui, je pense qu’il faut faire un pas supplémentaire et passer aux 32 heures. 8 heures au taf par jour, multiplié par 4 et hop week-end le jeudi soir. Ce serait bien que cela se fasse au niveau de l’Europe pour des raisons d’harmonie évidemment. Ce serait un signal fort envoyé au monde entier : “nous les européens, puisque de toute façon nous avons perdu la guerre économique, et bien, perdu pour perdu, profitons de la vie. Faisons de l’Europe, un havre de paix dans un monde de fous”.
    Ce n’est pas une idée totalement saugrenue (Michel Rocard qui est l’un des rares socialistes à peu près crédibles l’avait émise). Et je ne pense pas que ça nous pénaliserait. Il faut bien comprendre que depuis le temps que l’économie s’est mondialisée et bien, tout ou presque tout ce qui était délocalisable l’a été. Les entreprises qui sont restées en Europe ont de bonnes raisons de le faire. Le secteur tertiaire est très peu délocalisable, l’agriculture non plus, les petits commerces etc. Et puis le fait de donner un jour de week-end de plus à tous les européens ne serait pas sans incidence sur la consommation en général et de loisirs (voyages, culture, bricolages etc), et pas sans incidence sur l’emploi aussi.
    Mais en attendant que les 32 heures soient possibles, nous avons une grosse dette à rembourser et pour quelques temps, je ne sais trop combien, je crains qu'il va falloir bosser un petit peu plus. Une idée : supprimer pour une durée limitée (genre 3 ans) la 5ème semaine de congés payés....et la somme dégagée serait totalement affectée au remboursement de la dette. Au bout de 3 ans, on fait le bilan et on voit si on continue ou pas (pour moi, il faut revenir à un taux d’endettement de 35%...le maximum qu’on autorise aux ménages).  Les travailleurs et les travailleuses peuvent l’accepter si en contrepartie le gouvernement s’engage à faire passer la durée légale à 32 heures ensuite.
    Il faudrait que j’en parle à Gambetti.