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  • CR225 : le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepúlveda

    43100168.jpgprésentation de l’éditeur : Antonio José Bolivar Proano est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d’hommes. Il connait la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les indiens Shuars. Mais Antonio a découvert sur le tard l’antidote venin de la vieillesse : il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent de l’amour, le vrai, celui qui fait souffrir...


    mon avis : Je vais décevoir la personne qui m’a conseillé et offert ce livre et qui je sais va lire cette note : je ne l’ai pas aimé. Je pense d’ailleurs qu’il devait s’en douter. La vision du  monde de Luis Sepúlveda  est trop simpliste, trop manichéenne : les hommes civilisés d’un côté : ils sont méchants, ils polluent et détruisent la forêt et puis les hommes sauvages représentés ici par les shuars : ils sont gentils, respectent la nature et n’utilisent pas d’armes à feu. D’ailleurs, c’est bête mais c’est comme ça, pendant toute la lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver des ressemblances avec Avatar, cette niaiserie cinématographique qui a battu tous les records. Les navis d’Avatar sont ici les shuars, et le Jake Sully d’avatar (c’est à dire l’humain qui change de bord parce qu’il n’aime pas le comportement des siens) est Antonio José Bolivar dans le roman...

    L’homme qui lisait des romans d’amour est une gentille fable écolo pas désagréable à lire. Il parait que c’est un best-seller mondial ce qui n’est pas étonnant : il contient tous les ingrédients pour plaire aux masses : exotisme, manichéisme et bons sentiments.

    lecture janvier 2012. points, 121 pages
    année de parution : 1992
    traduction : François Maspéro
    note :2/5 (A+)

     

  • un soir en semaine (avec théorie)

    Prisca insiste pour que je reprenne le footing et ça tombe ça, j’en ai envie, il me manque juste le déclic. J’ai couru un petit peu courant janvier mais j’ai dû prendre sur moi. A chaque fois, ce fut une vraie corvée mais bon je me suis senti un peu obligé, on a tellement bien ripaillé pendant les fêtes, et perso j’ai goûté tellement de whiskies que je commençais à me sentir un peu lourd.
    Ce soir encore, en rentrant du boulot, je me décide pour un footing sur mon circuit habituel de 10 kms. Il fait presque nuit quand je rentre alors il faut que je m’équipe en conséquence : gilet de sécurité et lampe frontale. Je pars dans la nuit. Au bout de 6kms, j’en ai un peu raz le bol, j’essaie d’oublier un peu que je cours en me récitant le bateau ivre mais rien à faire, j’en ai marre. Et il se trouve qu’au bout de 6 kms, j’ai la possibilité de couper pour ne faire que 7 bornes. C’est ce que je me décide à faire au carrefour en question...mais hop au dernier moment, je décide de continuer tout droit pour faire les 10 bornes. Je n’en ai pas du tout envie, la nuit est noire et des chauves souris m’effleurent presque. Pourquoi ce revirement ? Je me suis dit au moment où je tournais que non, qu’il fallait que je prolonge l’effort, que ce choix difficile qui allait prolonger ma sortie de 20 minutes ne serait pas vain. Ma théorie sur la question : à tout moment de la vie, lorsque l’on a un choix à faire, il faut toujours prendre le chemin le plus difficile, celui qui demandera le plus d’effort, le chemin le moins séduisant. C’est valable pour les petites décisions (comme celle que j’ai pris ce soir lors de mon footing) et pour les grandes décisions de la vie. D’après moi, cette succession de décisions difficiles n’est pas vaine : elle appelle de grands moments de bonheur et lorsque l’on vit ce bonheur, on ne fait pas forcément le lien avec les décisions difficiles qu’on a pris. Mais je pense que ce lien existe.
    Je suis rentré, j’ai fait mes étirements et puis le feu étant allumé, je suis resté dos au foyer pendant quelques minutes à discuter avec Prisca. Douche, dîner et puis voilà. Les filles ont le droit de regarder la télé le mardi soir et j’ai eu plaisir à les entendre rire par moments (elle regardait un film sur Gulli), sages et collées l’une contre l’autre l’autre dans le canapé. Et moment, je me suis dit, voilà  un moment de bonheur : mes filles sont heureuses, en bonne santé, rieuses et affectueuses. C’est un bonheur que d’être leur père. Mais de quelle décision difficile cette plaisante réalité est-elle la conséquence ?

    loïc lt