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  • CR186 : naissance d'un pont - Maylis de Kerangal

    Naissance-d-un-pont.jpgA chaque rentrée littéraire, autant j’hésite à lire certains livres, je me tâte, j’hésite, je tergiverse, j’ergote, autant celui-là s’est imposé à moi dès sa sortie parce que le titre m’a sauté aux yeux et parce que je suis amateur de ce qu’on pourrait appeler de la littérature industrielle. Lorsque les écrivains s’emparent d’une usine ou ici d’un chantier, on a eu il y a quelques mois centrale d’Elisabeth Filhol et en cet automne 2010, le nouveau roman de Maylis de Kerangal dans lequel il est question de la construction d’un pont près de la ville américaine imaginaire de Coca.
    Comme on dit dans ces cas là, le pont est donc le personnage principal du livre..on suit évidemment l’histoire de quelques individus (John Johnson dit le boa, l’instigateur, Diderot, le maître d’oeuvre, Sanche, le grutier, Summer, la responsable du bétonnage..) mais aucun ne se détache vraiment. Le pont s’érige. Il nécessite deux cent millions de tonnes de béton, quatre vingt mille d’acier, cent vingt neuf mille kilomètres de câbles. Mais un chantier n’existant pas sans contre-temps, les écologistes obtiennent une suspension des travaux de trois semaines afin de permettre aux oiseaux peuplant les lieux de se reproduire, un mouvement social oblige la direction à faire quelques concessions..
    L’idée est bonne, le style très beau mais tout le temps de la lecture, j’ai toujours eu l’impression d’en être à la présentation. Tout est juste effleuré comme si l’écrivain avait été un peu dépassé par l’entreprise..Et puis, tout se passe un peu trop normalement dans ce roman pas assez romanesque.

    roman , paru en 2010

    éditions Verticales , 317 pages

    lecture du 07/10 au 16/10/ 2010

    note : 2.5/5

    à venir : incidences, Philippe Djian

  • une maison passive dans le Trégor

    Le weekend dernier, je suis allé visiter le chantier d’une maison passive qu'est en train de construire un couple d’amis vivant du côté de Lannion.  Non, vous ne rêvez pas, moi, Loïc, consumériste et un brin réactionnaire de ses états, je suis rentré de plain-pied dans une antre écolo-avant gardiste (il n'existe qu'une centaine de maisons passives en France). L’idée est d’associer une isolation parfaite (beton cellulaire,liège, triple vitrage) à un système de ventilation double flux et puis de faire en sorte qu’il y ait le moins de perte d’énergie possible (architecture très simple). Au final, aucun système de chauffage n’est prévu...sauf un sèche-serviette électrique dans la salle d’eau...
    Je suis modérément sceptique...mais connaissant le maître d’oeuvre, je pense qu’il y a une chance que ça réussisse.
    Bien que n’ayant pas vraiment la fibre écolo, ce projet m’enthousiaste..parce qu'il s’agit d’une prouesse technique (si ça marche) et parce que me concernant,  rien ne me gonfle autant que payer tous les ans la facture de fuel domestique. A la maison, on a tout fait pour baisser la note : changement des ouvertures (mais pas avec kiclos car son pdg m’a menacé d’un procès si je ne retirais pas de mon blog une note où je faisais part d’une certaine déception), achat d’un thermostat et puis d’autres trucs encore. On évalue aujourd'hui notre budget chauffage à 1100€ par an (700€ pour 1000litres de fuel et 400€ de bois). Avec 1100€, je pourrais acheter 550 livres de poche d'occasion ou 22 exemplaires de la pléiade

    Après avoir visité le chantier, nous sommes allés en bord de mer (car le cube se situe à 5mns de la Manche). La côte des Côtes d'Armor (excusez la redondance) est magnifique par son côté sauvage et valonneux. Il faisait frais mais Prisca m’a intimé l’ordre d’aller me baigner. J’ai pris mon courage à deux mains et de mon caleçon vêtu, je suis rentré dans l’eau dont la température devait se situer aux environs de 15°. Paradoxalement, je n’ai eu presque aucun mal à rentrer. Nage pendant 5 minutes, sortie, là glagla un peu..et retour dans l’intérieur des terres. Pour se rendre de Lannion à Lorient, il faut traverser la Bretagne dans le sens Nord-Sud. On passe du côté de Loudeac et tous ces coins..c'est la misère..des ruines partout, des champs en friche, des voitures abandonnées...Le Centre Bretagne est vraiment sinistré.

    Une journée sympa avec des écolos rêveurs et pragmatiques...et pas donneurs de leçons. leur blog ici

  • dialogue avec un quidam

    141020103274.jpgUn quidam me demandait ce matin comment je ferais en cas de pénurie de carburant persistante..et bien, je lui ai répondu que je ne m’inquiétais pas, que j’avais dans ma bibliothèque une vingtaine de livres non lus et que par ailleurs j’avais quelques envies de relecture, notamment Kafka et Proust..et puis je lui ai répondu aussi qu’il y avait maintenant un peu de littérature en ligne...et puis par ailleurs, j’ai mon voisin d’en face qui est enseignant et je suis certain qu’il dispose également d’une bibliothèque bien achalandée.
    Et j’ai poursuivi en disant que si c’était amené à durer vraiment très longtemps, je me sentais prêt à faire du colecturage.