Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • [cinéma le celtic] présentation

    leceltic.jpgLorsqu'on dans la nuit noire baldivienne, tout à coup s'offre à nous au détour d'une rue déserte la façade du Celtic, on se croit revenu 50 ans en arrière, en ces temps glorieux où Robert Mitchum, James Stewart ou Jean Gabin s'exhibaient sur d'immenses affiches  à l'entrée des salles obscures.

    Et puis l'autre soir, en montant les quelques marches du perron, c'est au Classic que je repensais, ce petit cinéma crasseux dont Théodore Roszak nous parle dans sa sublime conspiration des ténèbres.
    Le cinéma Le Celtic se situe à Baud dans le Morbihan, une bourgade de 5000 habitants et accessoirement chef lieu de canton. Il contient une salle de 255 places et est équipé d'un projecteur numérique (et le site nous apprend cette chose étonnante : le Celtic est la première salle de cinéma bretonne a être passée au numérique...!!!). Lorsque pour un même film, j'ai le choix entre ce cinéma et des concurrents (des multiplex va sans dire), mon choix est vite fait, et pas que pour des raisons sentimentales. Le Celtic se situe à 4kms de chez moi et les tarifs sont globalement moins élevés que dans les multiplex. Et cerise sur la gâteau, la salle est plus que correcte et les fauteuils sont confortables.
    J'ai pu constaté qu'en général nous ne sommes pas nombreux à la dernière séance du soir (dans une banale journée de semaine, deux séances se succèdent voire trois), ce qui m'amène à penser que ce cinéma doit être très subventionné (mais pas par la commune qui n'a versé que 170€ en 2009).
    Je ne connais pas l'exploitant de l'affaire. Mais j'aime à penser que des passionnés sont derrière le celtic..les bénéfices passant après. Il y a par ailleurs un café qui jouxte le cinéma mais il est fermé au public. En d'autres temps sans doute, des cinéphiles s'y retrouvaient après le film pour discuter cinéma jusqu'au milieu de la nuit. On buvait du whisky dans une atmosphère enfumée mais on devait être bien à deviser sur la nouvelle vague ou sur le cinéma de Stanley KubricK (bon, je rêve un peu sans doute...)
    Il ne s'agit pas de diaboliser les multiplex : ils ont sans doute sauvé le cinéma en offrant plus de choix, plus de places et plus de confort. Mais ce n'est pas une raison pour enterrer les petites salles de cinéma qui offrent un supplément d'âme.
    Alors voilà. Merci au cinéma Le Celtic d'être et surtout au cinéma. Je suis souvent sévère avec le septième art mais j'admets qu'il offre encore parfois (mais trop rarement) de bonnes surprises. Un exemple : shutter island de Martin Scorsese que j'ai vu récemment. C'est un film d'on on ne se remet pas si facilement.

     

    Les photos publiées sont issus du site http://www.cinemaleceltic.fr
    leceltic2.jpg

     

  • CR149 : la cascade d'Enora - Bernard Fauren

    la cascade denora.jpgprésentation de l'éditeur : La visite du scénariste l’avait agacée. Elle avait perçu sa détermination comme un défi insolent, elle se sentait menacée. Sans y penser, elle prit un verre qu’elle remplit de vin blanc. Elle avait arrêté de travailler avec les chevaux, tout le monde le savait ! Pourquoi ce type était-il venu la relancer ? Pourquoi la voulait-il, elle, Enora ? Ce n’était même pas un réalisateur !Comment un scénariste avait-il pu obtenir le choix de la cascadeuse ? Il fallait qu’elle vérifie ça auprès de Charly. Au fait, pourquoi fallait-il qu’elle « vérifie ça » ?

    Une histoire en double narration, un mélange subtil entre passé et présent, rêve et réalité.

    mon avis : J'ai découvert Bernard Fauren il y a deux ans par la lecture de son premier roman Camille. Ce roman m'avait laissé une forte impression..qui ne s'est pas dissipée avec le temps. Il y a quelque chose dans Camille qui reste en moi. 
    Ayant récemment pris contact avec l'écrivain, celui-ci a eu la gentillese de m'offrir son dernier roman la cascade d'Enora, publié aux éditions brumerge, une petite maison qui se présente de la sorte :

    Brumerge est un collectif d’auteurs qui se sont rencontrés sur le net et sa réussite tient surtout à la bonne entente entre les différents auteurs réunis en son sein. 
    Le catalogue de Brumerge est exhaustif et il avantage principalement la littérature générale d’expression francophone (romans, essais, nouvelles, poésies) dans des genres très variés.


    Avant toute chose, je tenais à dire que le poche est très joli, bien relié et que brumerge n'a rien à envier à ce qui peut se faire ailleurs. Pour un petit livre de 216 pages, je trouve l'objet particulièrement lourd (et c'est agréable) et ça démontre la qualité du papier.

    Concernant le roman, et bien, j'ai été heureux de retrouver cette atmosphère particulière que sait créer Bernard Fauren...bien que les deux livres ne se déroulent pas du tout dans le même univers, il y a dans les deux romans comme une ouverture entre le réel et l'irréel, une ouverture que le personnage principal cherche à ouvrir sans trop en connaître les tenants et aboutissants. Ainsi, c'est quelque chose d'indicible qui pousse Marc, le personnage principal de la cascade d'Enora à vouloir comme actrice principal du film dont il est le scénariste, cette Enora, une cascadeuse en retraite (pour cause d'accident de cheval sur un tournage) et qui n'a jamais joué les premiers rôles. Aussi indicible que la fusion entre Enora et Jaspe, son partenaire sur le tournage et qui atteindra son apogée par une scène d'amour non simulée sous le regard des caméras. Je ne dis pas tout évidemment puisque l'histoire est plus compliquée que ça mais ce que je retiendrai je crois, c'est cette touche ésotérique qui maintient le récit en apensanteur. 
    L'écriture est assez simple. L'écrivain ne ressent pas le besoin d'épater par quelque vaine figure de style..mais juste à raconter en utilisant les mots justes et au bon moment. 
    On peut acheter le roman ici (ou le télécharger gratuitement)...ainsi que sur amazon. Et je conseille de le faire pour deux raisons, un parce que c'est un bon roman et deux parce que les éditions brumerge méritent d'être encouragées.

    roman, paru en 2008
    éditions brumerge, 216 pages
    lecture du 24.02 au 28.02.2010
    note : 3.5/5