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  • Milan Kundera

    medium_milan.jpgJe crois que c'est Rozenn, ma soeur qui me le conseilla pour la première fois. J'avais vingt ans et j'allais voir ce que j'allais voir : pas que Proust et Rimbaud dans la vie...et en effet, quelques romans plus tard, j'étais devenu un vrai kunderamaniaque...merci Rozenn. J'avais commencé par le meilleur (l'insoutenable légèreté de l'être puis ont suivi les autres (la plaisanterie, la vie est ailleurs, la valse aux adieux...). Lecture jubilatoire. Là où j'ai le plus de mal avec Milan, c'est dans ses essais (comme le dernier 'le rideau', j'ai rien compris ). Ses essais demandent souvent une culture du roman que je n'ai pas.

    Mais ses romans...comment les qualifier...Se passent souvent dans son pays d'origine, la Tchécoslovaquie mais en fait, c'est très cosmopolite et ça parle souvent quand même de l'oppression des pouvoir communiste mais sans manichéisme non plus. Les personnages sont des idéalistes et cherchent une réponse philosophique à leur vie quotidienne. ils sont éperdus d'amour.

    Le style d'écriture me plait beaucoup aussi : limpide et dépouillé...pas de fioritures, l'essentiel, les balzaciens, passez votre chemin (les soi-disant écrivains d'aujourd'hui en France à savoir Angot, Laurens, Ernaux font un peu dans le style Kundera mais sans le génie, ni l'élégance ). c'est un grand Kundera. Il mériterait un prix nobel...et pour vous donner une idée du bonhomme, voilà trois citations extraites de ses oeuvres :

    . Si tout homme avait la possibilité d'assassiner clandestinement et à distance, l'humanité disparaîtrait en quelques minutes.

    . Rien n'est plus humiliant que de ne pas trouver de réponse cinglante à une attaque cinglante

    . On parle volontiers de coups de foudre ; je ne suis que trop conscient de ce que l'amour tend à créer une légende de soi-même, à mythifier après coup ses commencements.

    . Il y a des idées qui sont comme un attentat.

  • les choses de la vie

    medium_cesar.jpgTout à l'heure en écoutant quelques mélodies de Philippe Sarde, compositeur attitré de Claude Sautet, je me suis dit bien des choses...mais je ne vous les dirais pas, c'est mon jardin secret et c'est mon droit aussi de dire que je n'ai rien envie de dire.

    Sautet ? j'ai découvert son cinéme fin 1997. Je quittais Saint-Cyr (????) et j'avais plus ou moins inconsciemment décidé de glander un peu. J'allais me ballader en bord de mer pour voir la tempête et j'allais souvent aussi à la médiathèque de Lorient où en 2 mois je dévalisai les lieux de tous les chefs d'oeuvre du cinéma français. Avec le recul, 3 réalisateurs comptent toujours pour moi, Jean-luc Godard (j'ai pris une claque en regardant Pierrot le Fou que je considère toujours comme le pendant au cinéma des illuminations de Rimbaud), Jacques Demy (féérique) et surtout finalement Claude Sautet....que de dire de Sautet. En a t-on trop dit ou au contraire en-a-t-on rien dit. Longtemps, on s'est moqué de son cinéma pour petits bourgeois quadragénaires en quête de sens, d'amour et surtout d'amitié. Sautet ne serait que le documentaliste des années Giscard...il y a de ça mais pas que, et en tout cas, ce n'est pas ce que je retiens. Les films de Sautet sont avant tout des films d'ambiance, des films à 'climat' avant d'être des histoires (bien que les scnérarios étaient hyper bien préparés). 3 personnes discutent dans une brasserie parisienne, il pleut des cordes dehors, les garçons de café s'agitent et la salle est enfumée (quasiment tout le monde fume dans un film de Sautet). On discute sans en dire trop, tout est dans le regard, le geste et dans une courte formule. On se donne des conseils, on se rassure, on s'entraide puis on se quitte pour retrouver sa petite vie pas si bien rangée.

    Sautet s'est entouré des plus grands (Michel Piccoli*, Romy, Serge Reggiani, Lino Ventura, Michel Serrault... ) et leur laissait en général une liberté de ton assez grande et c'est d'ailleurs ce qui fit le succès de ses films : l'impression que tout est naturel, que tout coule comme un fleuve limpide. et l'excellente musique (pourtant discrète...mais si mélodieuse ) de Sarde arrive au bon moment pour confirmer une impression et donner une unité de ton.

    J'adore définitivement le cinéma de Sautet. Il me parle et je crois même qu'inconsciemment il a influencé ma façon d'être, de me comporter par rapport aux autres. Il m'arrive d'ailleurs de revisionner un court passage précis pour étudier de près une attitude, une façon de faire son chignon, un ton de voix etc. Mes deux péférés sont Vincent, François, Paul et les autres et Nelly et Monsieur Arnaud mais je les aime tous (avec une mention spéciale pour le tout premier film 'classe tous risques' qui fut un échec mais que j'adore pour son côté mi-ascenseur pour l'échafaud mi-Pierrot le fou.)

    * Piccoli a quand même joué pour les 3 grands réalisateurs sus-nommés à savoir Godard, Demy et Sautet....la classe. 

     

  • Chantal Goya

    medium_goya.jpgDepuis quelques temps, quand les filles commencent à se crêper le chignon, on a trouvé la méthode imparable et définitive pour ramener le calme dans la maison : je vais sur youtube.com, je lance une vidéo de Chantal Goya, les filles entendent, rappliquent avec leurs chaises multicolores et regardent. Elles restent bouche ouverte devant le spectacle offert et sont littéralement en transe. Prisca et moi, nous les regardons toutes les deux avec bonheur. Quand une vidéo est finie, l'une des deux demande 'encore une autre papa' alors on passe du lapin qui a tué un chasseur à Babar, le gentil petit éléphant ou a David Le Gnome (cette dernière chanson est ma préférée, elle me fait presque pleurer). Quand je décide que le spectacle est terminée, elles sont contentes et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...

    Non mais quand je vois ça, je me dis bien des choses...entre autre, que Chantal Goya qui donne tant de bonheur aux enfants, et encore à ceux d'aujourd'hui ne méritait pas que sa carrière soit mise à mal pour un dérapage anodin à la télé...et peu importe si elle s'en fout des enfants, que ce qu'elle veut, c'est s'en metre plein les poches, peu importe...car quand on regarde le visage d'un enfant devant un de se spectacles, on pardonne tout...je ne connais pas aujourd'hui d'autres chanteurs ou teuses exerçant une telle fascination sur les mômes. Lorie que je respecte beaucoup fait dans le pré-ado et l'on est inondé en ce moment de tubes pour enfants chantés par des personnages virtuels...

    Chantal Goya, c'est autre chose...