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christine angot

  • CR285 : un amour impossible - Christine Angot

    un_amour_impossible_angot_couverture.jpgL'autre jour, j'ai eu ma frangine au téléphone. J'avais réussi à joindre la cabine de Conteville depuis la cabine de Camors et dans la discussion, je lui ai fait part de mon intention de lire le dernier roman de Christine Angot afin de me faire un plaisir de le démolir sur mon blog après. Alors, pensez que je ne vais pas me défausser. Je ne serais pas honnête vis à vis de moi même ni vis à à vis de ma sœur. Mais  s'il faut rester fidèle à ses convictions, on peut revenir sur ses a priori.

    Mais si un amour impossible n’est pas le roman du siècle, ni celui de l’année, pas même celui du jour (car aujourd’hui de magnifiques lignes ont été écrites un peu partout dans le monde), il n’est pas sans intérêt. En premier lieu, il représente un défouloir pour son auteur. Pour le lecteur, c’est différent. D’aucuns y trouveront un peu de leur vie et se rassureront peut-être en constatant que cette vie puisse valoir un roman et d’autres n’y trouveront aucun intérêt. Christine Angot pousse loin le travail d’introspection en ce qui concerne son rapport à sa mère et à son père. On sent par ailleurs l’influence d’Annie Ernaux lorsqu’elle évoque les classes sociales (encore que Annie Ernaux n’a pas le monopole sur ce sujet).

    Je n’ai pas lu l’inceste dont ce récit constitue la continuation, l’auteur tentant de donner une explication familiale et sociale et à ce qu’elle a vécu pendant son enfance. A défaut de faire de la littérature, Il faut saluer le courage de Angot qui publie ce qui ne seraient pour beaucoup que des carnets intimes. Par ailleurs, dans les dernières pages, ses tête à tête avec sa mère au restaurant pendant lesquels elle vide son sac à main sont cruels en même temps qu'émouvants. Pour le reste, j'ai trouvé au contraire de ce que laisse entendre le titre que la relation avec sa mère était très forte, sans pudeur, sans non dits. La mère de Christine est affectueuse et aimante mais a juste eu le défaut, de par sa naïveté et un amour aveugle pour le père de sa fille, de n'avoir pas vu l'horreur.

    Si je suis si gentil, c’est peut-être parce que je ne l’ai pas vu ou entendu dans les médias depuis longtemps (ou l’art de faire de l’anti-promotion), et puis parce que pour avoir écrit le bateau d’Emile, et bien je ne veux pas être condescendant vis à vis des gens qui écrivent des choses moins bien que moi -).

     

    lecture sur kindle, septembre 2015. sortie en août 2015, Flammarion, 216 pages.

     

    Loïc LT

  • CR37 - not to be - Christine Angot

    bc0f40b876a8e5667d064fc6e392fc91.jpgJ'ai piqué ce livre dans la bibliothèque de la frangine. Il y a pas mal de conneries dans sa bibliothèque (Annie Ernaux, Christian Bobin..). Mais il faut s'ouvrir pour ne pas s'enfermer dans des préjugés..et des préjugés sur la mère Angot, il y en a ! Soit disant, elle ramène tout à elle et à son clitoris. Soit disant aussi, elle est mauvaise, prétentieuse et aime cracher son venin sur les plateaux de télé.
    J'ai voulu vérifier dans ses textes. Et pour ce et pour ne pas prendre trop de risque, j'ai choisi un petit roman. Il s'appelle not to be (joli titre) et fait moins de 100 pages. 100 pages, c'est en moyenne ce que je lis par jour. Mais 100 pages pour un roman, ça fait peu. Je me dis qu'avec si peu de texte, le lecteur n'a pas le temps de s'imprégner de l'histoire, de la psychologie des personnages, de s'imaginer les lieux. C'est trop court 100 pages. C'est la raison pour laquelle je ne lis jamais de nouvelles. A mon sens, la nouvelle est un art mineur pour écrivains fainéants et peu inspirés. Mais il y a des exceptions. Je ne suis pas contre l'idée d'un recueil de nouvelles où les personnages sont les mêmes d'une nouvelle à l'autre et qu'il y a ait un tronc commun. Mais les nouvelles sans liens entre elles : aucun intérêt.
    Je m'égare. Dans ce roman, le narrateur est un type malade allongé sur son lit d'hôpital. Il ne peut pas parler, il ne peut pas bouger. Les infirmières passent et trépassent, sa femme et ses parents aussi. Il fait part de ses pensées, de ses dégoûts, de ses envies. Il ramène souvent les choses au sexe, mais pas le sexe dans le sens "désir" mais le sexe dans le sens animal et basique. ça parle beaucoup de masturbation, de règles etc. ça lasse par moment mais pas trop...Si le roman avait fait 300 pages, j'aurais peut-être dit stop. Mais là, ça va. Le malade divague et on se perd dans ses pensées un peu tordues. C'est souvent très abstrait et j'ai eu souvent du mal à comprendre. Cette histoire d'enfants notamment..que Muriel, sa femme, attend ou n'attend pas..J'ai pas réussi à comprendre.
    Le style est très contemporain. Phrases courtes, nominales et incisives. Vocabulaire cru. Bonne maîtrise générale de la langue française.
    Ce roman date de 1991. Sinistre année. Pour moi en tout cas. Aussi pire que 2004.


    3/5

    Loïc