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  • recensement des cabines # 43 Silfiac (Morbihan 56)

    Samedi 06 février, suite. 

    A quelle heure ai-je quitté Cléguérec ? Certains suivent-ils ? Sinon, ça ne sert rien que je précise. Bon, c'est jeudi soir et je suis de bonne humeur, je rappelle :  j'ai quitté Cleg à 12h38. Sachant qu'il faut 15 minutes pour se rendre à Silfiac, la destination suivante, à quelle heure devais-je théoriquement arriver à Silfiac ? Logiquement, 12h53. Mais qu'en est-il de la réalité ? 12h44.

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    J'ai dû donc procéder à quelques excès de vitesse ce qui n'est pas mon genre. Donc un tel écart est vraiment très étrange. On m'avait bien prévenu qu'il y avait des failles spatio-temporelles en Bretagne Intérieure mais je n'ai jamais cru à ces balivernes. Mais là, il y a lieu de se poser des questions. Que faut-il faire de mes nuits ? Que faut-il faire de mes jours ?

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    Je tiens à préciser car je crois ne l'avoir jamais stipulé que je ne suis pas un grand fan des panneaux en breton. Voilà, ça c'est dit, je perds d'un trait de plume d'éventuels lecteurs bretonnants -) Expression, hein, je n'utilise évidemment plus de plume à l'heure de la machine à écrire ( j'ai entendu dire qu'une société nommée Microsoft est en train de travailler sur un nouveau concept de machine à écrire totalement révolutionnaire où t'aurais le clavier mais plus besoin de chariot et possibilité d'incruster des photos dans ton texte et puis t'aurais un écran devant...à suivre). 

    La cabine de Silfiac (numéro : 02 97 27 60 53 ) est d'une laideur à couper le souffle. Je pense que les contribuables qui s'approchent de l'endroit sont plus attirés par la carte représentant le Grand Circuit Jean Robic (un grand cycliste originaire du coin qui a gagné le tour de France en 1947 et qu'on surnommait Biquet ou Trompe-la mort (!). 

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    Avec un beau gosse devant c'est tout de suite mieux. Cela fait un beau concentré : poubelle, recenseur, cabine, panneau et carte. 

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    La cabine se situe dans la rue principale du bourg dont je n'ai pas réussi à trouver le nom. De l'autre côté, une église en pierre accueille les pèlerins le 3eme dimanche des mois comprenant 30 jours, sauf l'année bissextile où c'est inversé. Avec la crise des vocations, les choses sont devenues compliquées. Un peu plus bas, voici la mairie qui l'année de sa construction n'a pas remporté le prix national d'architecture :

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    Le pignon du bar chez Véro (où l'on trouve toutes les marques d'eau) et qui fait alimentation et d'autres choses encore a subi un bardage qui aurait pu dénaturer le bourg si celui-ci avait une cohérence granitique mais puisque ce n'est pas le cas, ça le fait et le puits typique de la Bretagne donne un côté rustique au tout. L'ensemble est sympathique surtout grâce à  la petite maison en pierre où s'est caché quelques jours un dénommé beauchamp recherché par aucune police du monde entier. (mais ça, je suis le seul à le savoir). 

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    fenêtre avec de beaux rideaux :

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    Volets bleus, fenêtres jaunes, beaux rideaux, j'ai pas réussi à me décider si c'est beau ou pas. Tout comme on dit que les extrêmes se rejoignent, parfois, l'écart est ténue entre la beauté et la laideur. 

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    Vu comme ça, Silfiac aurait presque un certain charme. De toute façon, j'ai un faible pour les rues aux maisons mitoyennes avec un léger dégradé de couleurs. C'est l'occasion aussi de voir le clocher de l'église Sainte-Ernestine de Louvois

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    J'ai encore un stock important de photos de Silfiac, un ou deux commerces, des puits. Il m'a manqué une chose : croiser l'homme car je n'ai pas vu âme qui vive dans ce bourg à part une espèce de cowboy qui m'a pris en photo mais il n'était que de passage.  J'ai dû faire semblant que je faisais du stop  pour qu'il s'arrête. Il ne m'en a pas voulu, il a même ri.

    Si ma fille de 11 ans avait été avec moi, elle aurait dit 'mais où sont les gens ?'. 

    J'ai taillé la zone à 13:08, ce qui fait que je suis resté 20 minutes sur place.  Le bourg n'avait pas vu un touriste resté aussi longtemps depuis la dernière victoire d'un Français à Wimbledon. A la sortie, il n'y a qu'un panneau si bien qu'on ne sait pas la traduction bretonne de Silfiac fin. dommage. 

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    Silfiac, (56480), Morbihan, maire : Serge Moelo, (parti Chasse, Brugnon, Bitume et Traduction) , 450 silfiacoins cachés, reportage réalisé le 06 février 2016 en milieu de journée ( de 12h44 à 13h08 ) . temps doux. direction le poste frontière des Côtes-du-Nord et le bourg de Perret.

    Loïc LT 

  • une belle séquence

    Il y a 15 jours à peu près, une journaliste de Ouest-France (Julie Schittly), reporter d'édition pour le secteur Hennebont-Gourin m'a envoyé un mail pour me dire qu'elle avait lu mon blog et qu'elle souhaiterait qu'on se rencontre. La trentenaire était intéressée par le sujet puisqu'elle venait de signer un article sur le devenir des cabines téléphoniques sur son secteur (que j'avais évoqué sur le blog). On s'est donc donné rdv mardi 9 février à Pont-Augan (où l'Evel se fait happer par le Blavet) et qui est l'intersection de 3 communes (Languidic, Baud et Quistinic) et surtout  où trône encore une cabine au bord des rives du Fleuve. Le patron du bar-restaurant au rendez-vous des pêcheurs avait eu la gentillesse d'accepter d'ouvrir plus tôt pour nous recevoir. L'interview a duré un peu moins de deux heures. C'était très cool et l'entretien détendu. Comment en aurait-il pu être autrement avec un tel sujet ! Ensuite, on est allé prendre la photo dans la cabine....Au final, ce mardi 16 février, j'ai le droit à un article en dernière page de OF (c'est à dire lisible dans toutes les éditions de OF), qui est conforme à ce que je voulais faire passer. 

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    Comme je l'avais dit ici, jamais je n'aurais fait la démarche auprès de OF mais puisque eux sont venus vers moi, je n'avais pas de raison de refuser. L'article évidemment ne reprend qu'une infime partie de ce que nous avons raconté mais qu'importe,  l'essentiel y est et la dernière phrase conclut en beauté un papier léger et décalé contrairement aux cabines qui sont lourdes et sobres... merci encore à Julie Schittly et à Ouest-France de m'avoir laissé une petite place dans ce qui reste quand même le quotidien le plus vendu de France.

    La belle séquence se referme mais la quête continue. Avec les jours qui rallongent, de nouveaux bourgs auront le droit à ma visite et d'autres badauds verront un "drôle d'oiseau" priés de le prendre en photo devant ces désuets édicules. 

    Loïc LT, 16/02/2016.