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  • découverte d'un poète

    PC290112.JPGSouvent dans les marchés de noël ou autres marchés locaux, parmi les artisans et camelots du coin, il arrive que je croise un écrivain ou poète vers lequel personne ne s'arrête. Assis sur sa chaise derrière les quelques bouquins qu'il a emmenés (pas besoin d'envoyer une palette), il attend patiemment qu'une âme charitable s'arrête pour parcourir le livre et pourquoi pas engager la discussion. Personnellement, je le fais systématiquement. Si j'étais un peu prétentieux, je dirais que c'est  par fraternité poètique puisqu'à une période de ma vie, j'ai un peu taquiné la muse..bon, ça n'a rien donné ou pas grand chose mais toujours est-il que j'ai eu ce désir, ce besoin d'écrire en rimes. J'ai donc beaucoup de sympathie pour ceux qui y sont parvenus, pour qui c'est presque une chose naturelle...ô, ils n'en font pas leur métier, ce sont des poètes amateurs qui parfoisarrivent à se faire publier dans des maisons d'édition locales et qui n'ont d'autres moyens pour écouler leur stock (qui ne doit pas être monstrueux) que de tenir un stand dans ces marchés où le commun des mortels vient avant tout pour s'acheter du sauciflard ou du chouchen du cru.
    Je me dirige vers le stand donc. Souvent, il s'agit de romans du terroir, ce qui n'est pas ma tasse de thé. J'engage la discussion quand même car même si le texte ne m'intéresse pas, j'aime bien savoir comment travaillent les écrivains, s'ils font un plan ou s'ils écrivent à vue, quel est le rythme d'écriture etc etc. Lorsqu'il s'agit d'un poète, je suis un peu plus curieux mais souvent ils sont un peu plus taiseux. L'autre jour au marché de noël de Camors, je me suis porté acquéreur d'un petit recueil, sans avoir pu hélas discuter avec son auteur, absent au moment de mon passage. Mais, le recueil m'a déçu. Je sentais trop le dictionnaire de rimes à portée de main et cela faisait un peu forcé et bon ce n'était pas une poésie que j'aimais, (c'est à dire un peu verlainienne, avec un rythme et une musique, j'aime que le poème se lise d'un souffle comme le courant d'une onde pure).
    Prisca, sachant mon grand amour de l'Art (pour reprendre Rimbaud) a eu plus de chance que moi lors d'un autre marché où elle était allée sans moi. C'était à Languidic, ma ville natale et elle s'est arrêtée à un stand où un poète dédicaçait un de ses recueils. Il s'appelle Camille Jaouen et le recueil s'intitule mi-figue mi-raisin. Il est édité chez Chemin Faisant, un petit collectif d'auteurs basé à Ploemeur. Elle l'acheta.
    J'ai trouvé le recueil au pied du sapin et il ne m'a pas quitté toute la journée de noël. C'est un recueil plutôt sombre écrit dans un style assez classique et où il est beaucoup question de solitude, d'alcool, de dépression, de la mort... j'ai l'impression de me voir tel que je serais devenu si j'étais resté seul. Donc, voilà, je suis sensible à sa poésie. Elle me touche et c'est bien supérieur à ce que j'ai pu commettre (c'est pas dur en même temps). J'espère que l'auteur ne m'en voudra pas de diffuser ici un poème de ce recueil (poème de circonstance puisqu'il y est question des séances de dédicaces (j'ai hésité avec le bistrot):


    dédicaces

    Dans les salons du livre, on vient vendre son 'œuvre'
    et l'on en sort souvent Gros-Jean comme devant
    mais l'on est obligé d'avaler des couleuvres
    pour être un peu connu, pour aller de l'avant.

    Alors, on va passer des heures à attendre
    que quelqu'un daigne au moins feuilleter votre livre,
    ce livre qui, pour vous, est comme un être tendre,
    un enfant qui vous doit d'être né et de vivre.

    Mais ce quelqu'un, qui va repartir sans vos vers,
    ignore que ces mots qui l'ont laissé de glace,
    vous les avez bercés du printemps à l'hiver,
    longuement cajolés pour qu'ils soient bien en place.

    La poésie, toujours, c'est une part de soi
    que l'on offre à bas prix à qui veut bien la lire
    et qui, s'il est un peu troublé par vos émois,
    entendra, grâce à vous, le chant des oiseaux-lyres.

    Quant au poète, ici, il se sent mal à l'aise,
    exhibé comme au zoo devant ces messieurs-dames
    ...il étouffe et attend que cesse ce malaise:
    dans les salons du livre on vend un peu son âme !

    Camille Jaouen.

     

    (on peut acheter son dernier recueil (les olifants de la mémoire, lauréat du prix Bordulot 2012) en allant par ici). 

  • CR255 : l'éducation sentimentale - Gustave Flaubert

    roman, littérature, littérature française, livre, gustave flaubertL'action débute en 1840, c'est à dire en pleine monarchie dite de juillet. Louis-Philippe n'est pas le roi de France, il est le roi des français. Ce n'est pas pareil, 'roi de France' faisant trop monarchie d'avant 1789. La monarchie de juillet qui dispose d'une constitution est parlementaire. Voici à peu le contexte dans lequel notre héros, Frédéric Moreau, un jeune gentilhomme de province (de Nogent pour être précis, tout dans ce nom transpire la bonne vieille province bouseuse et inculte) monte à Paris pour y étudier le droit. Il a beaucoup d'ambition (littéraire et politique) et sa mère croit beaucoup en lui. Dans un bateau le menant à Paris, il fait la rencontre de Mr et Mme Arnoux, deux parisiens de la grande bourgeoisie. Il a le coup de foudre pour madame et arrivé à Paris,il n'a plus qu'une ambition : la retrouver et lui dire son amour. Il la retrouvera sans trop de mal et arrivera à faire partie des amis proches du couple Arnoux (Mr tient un journal consacré à l'art et fait dans le commerce de tableaux) et il passera toutes ces années à tenter d'attirer le regard de l'inaccessible Marie Arnoux. Cette dernière pleine de préjugés moraux est une mère au foyer modèle et va mettre du temps à se rendre compte que Frédéric l'aime..et qu'elle aussi. Pendant toutes ces années, la France subit des remous politiques dont Frédéric est plus spectateur qu'acteur. Il refait beaucoup le monde avec ses amis de sensibilités républicaines ou socialistes et en attendant de se faire aimer de Marie Arnoux, il devient l'amant de deux bourgeoises et va même jusqu'à faire un bébé avec l'une d'entre elles. Professionnellement, il n'avance pas et sa mère s'impatiente. L'héritage d'un oncle de Nogent lui permet de vivre sans rien faire. Il dilapide son argent en bourse ou en le prêtant à des gens qui ne le remboursent jamais. Vers la fin du roman, Marie avoue enfin à Frédéric qu'elle l'aime mais c'est trop tard, il eut fallu que tout cela se passe plus tôt. A la fin, l'empire est proclamé, Frédéric a tout raté. Il n'a aucune situation et son amour unique est définitivement perdu.

    Voilà à peu près l'histoire. Le roman m'a globalement ennuyé mais c'est normal puisqu'il est parait-il souvent considéré comme un roman où il ne se passe rien. Il se présente comme une succession de scènes avec Fred  en premier plan et moult personnages secondaires au second plan. L'éducation sentimentale du 'héros' est un échec même si quelque part, on peut trouver éminemment romantique le fait qu'il ait laissé de côté toutes ses ambitions pour l'amour d'une seule femme qu'il savait dès le départ inaccessible

    L'éducation sentimentale faisait partie des grands classiques que je n'avais pas lus. C'est chose faîte, l'année se termine bien. Le vent souffle sur la Bretagne, le chômage baisse et le fc Lorient finit plutôt bien l'année !

     

    lecture : décembre 2013

    le livre de poche, 626 pages

    note : 3/5

     

    Le roman a fait l'objet de deux adaptations cinématographiques dont la plus récente (1973) fut réalisée par Marcel Cravenne. Jean-Pierre Léaud est Frédéric Moreau et l'exquise Françoise Fabian joue Mme Arnoux. Assez pertinent comme casting. Mais il faut aimer Léaud (qui a une façon si personnelle de jouer qu'on le voit mal se mettre totalement dans la peau d'un personnage de roman).

     

     

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