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  • 2013, une (petite) année de lecture

    J'ai lu 13 romans en 2013 (je ne compte pas du côté de chez Swann qui est une relecture) ce qui fait de moi, selon les statisticiens un lecteur moyen ! Voilà, je suis rentré dans le rang après trois années hors normes. A cela, plusieurs explications :

    . plusieurs interruptions de lecture

    . quelques chantiers à la maison

    . plus possible pour moi de lire pendant la pause déjeuner cause besoin de dormir

    . internet qui prend trop de place dans mes soirées.


    titre auteur année de pays note
        parution    
    le vase où meurt cette verveine Frédérique Martin 2012 France 2,5
    oh...' Philippe Djian 2012 France 4,5
    la bête qui meurt Philip Roth 2004 USA 4,5
    la vérité sur l'affaire Harry Quebert Joël Dicker 2012 France 3
    villa triste Patrick Modiano 1977 France 4,5
    remonter la Marne Jean-Paul Kauffmann 2013 France 4,5
    le charretier de la providence Georges Simenon 1931 Belgique 4,5
    les cabines de bain Monique Lange 1984 France 2
    le sermon sur la chute de Rome Jérôme Ferrari 2012 France 4,5
    Canada Richard Ford 2013 USA 4
    au revoir là-haut Pierre Lemaitre 2013 France 4
    nue Jean-Philippe Toussaint 2013 France 2
    l'invention de nos vies Karine Tuil 2013 France 3,5

    J'ai donné 4.5/5 à plusieurs romans mais s'il faut départager,et bien, départageons.

    Le lauréat est :

    Remonter la Marne - Jean-Paul Kauffmann

  • scène de vie (parentale)

    J'ai le même soucis qu'Eric Chevillard lorsque le parent d'un enfant venu passer l'après-midi avec une de mes filles (pour un anniversaire le plus souvent) débarque chez moi. Il est sans doute gentil, plein de bonnes intentions, ne veut pas s'incruster, ça y'a pas de problème, mais je n'ai rien à dire à la plupart d'entre eux, ils sont des inconnus pour moi et il faut quand même faire semblant, offrir un café et parler oui mais de quoi quand on ne sait rien d'eux, s'ils sont de gauche ou de droite, s'ils préfèrent Sartre ou Camus, la mer ou la montagne, s'ils sont pc ou mac etc etc. Dans l'idéal, il faudrait leur faire remplir un questionnaire dès l'entrée. Car on n'a qu'un point commun : nos enfants sont amis.

    Merci Eric Chevillard, je me sens moins seul !

    La mère d’une camarade d’Agathe vient chercher sa fille à la maison. Elle est accompagnée de son nouvel ami que je ne connais pas, dont j’entends la voix saluer ma compagne dans l’entrée. Ni une ni deux, je m’éclipse par la porte du fond et monte me planquer à l’étage.

    Là soudain dans mon salon tout un individu, le bonhomme entier, un inconnu tout à coup à prendre en considération, bonjour, enchanté, Eric, asseyez-vous, un café ? et dans la vie quoi ? ah non tout un individu comme ça là, c’est beaucoup trop, lui ou un autre, n’importe qui, l’un de ces passants peut-être que j’ai croisé tout à l’heure sans le moins du monde me soucier de lui alors, parfaitement indifférent à sa personne et prêt à le rester éternellement. Et voilà que ce type vient s’incarner dans mon salon. C’est dégoûtant.

    Tout à coup lui ou un autre il faudrait qu’il devienne quelqu’un, qu’il existe, il faudrait cet homme des pieds à la tête que je le reconnaisse ! que je lui creuse un trou ! que je le bourre d’être et de présence ! qu’il soit ! ah mais non mais non oh là ! que je le fasse advenir moi là ! ah non ah non ! moi quatre à quatre à l’étage planqué ouf.

  • la fin de la télévision

    télévision,médiaEst-ce que je suis un vieux con si je vous dis qu'il n'y a rien de bon à la télé, qu'avant c'était mieux etc ? Peu importe à la limite si ça fait vieux con ou quoi mais quand je vois ce que je vois, je suis vraiment consterné. J'ai en horreur les émissions de télé réalité, au sens large du terme, c'est à dire que pou moi un concours de pâtisserie est de le télé réalité. J'exècre la façon dont sont conçus ces programmes dans lesquels on fait croire qu'il arrive ceci ou cela à des quidam lambda alors que tout est scénarisé, édulcoré. Je déteste ces séquences où on les fait s'exprimer à part devant la caméra pour qu'ils donnent leurs impressions sur ce qu'ils vivent, le top étant qu'ils se mettent à chialer. Il n'y a rien à garder de ces émissions, c'est de la merde en boite, un attrape-nigauds et quand on voit la place que ça prend à la télé, je crains que cela ait des incidences sur l'évolution psychologique de nos enfants, à qui on fait croire que la vraie vie, c'est la compétition, le dénigrement de l'autre etc.

    Alors, imaginez ma stupéfaction lorsque j'ai appris que le service public, jusque là à peu près épargné décide de s'y lancer aussi via une n ième émission de concours culinaire. Je ne sais pas si elle est toujours programmée d'ailleurs, mais qu'importe je m'en fous mais  rien que le fait qu'ils en aient eu l'idée m'insupporte. Cerise sur le gâteau en même temps que la direction de F2 annonça le lancement de cette émission, elle annonça la suppression des mots de minuits, une des seules émissions faisant honneur au service public. Une honte !

    Il y a quand même encore une différence entre les chaînes du service public et les autres mais j'ai comme l'impression que l'écart se réduit, qu'on n'a plus peur de rien chez France Télévisions. Mais c'est un scandale ! Nous payons la redevance et c'est elle qui finance des talk show insipides (toute une histoire présentée par Sophie Davant etc), des journaux d'information racoleurs (David Pujadas, je ne le supporte celui-là avec ses façons de nous annoncer la fin du monde tous les soirs), les sempiternels jeux avec Nagui et compagnie. Qu'en est-il de la mission du service public ? Quid des émissions culturelles ? Elles devraient être quotidiennes et en prime time. Bon, d'accord, il reste encore quelques espaces à peu près corrects (la grande librairie par exemple mais le compte n'y est pas non plus, trop grand public et à des années lumières de ce qui présentait Bernard Pivot).

    Il reste bien quelques documentaires mais là, on fait dans le racolage à tout va et puis pour rester dans le coup, on fait de "l'investigation cash" où en fin de compte le téléspectateur n'apprend rien d'autre que le fait que tout ceux qu'on a voulu interroger ont refusé de l'être. Du coup, on en sort bredouille et abruti. Quant aux autres documentaires restés dans une forme plus classique, et bien, ils pêchent par des enquêtes uniquement à charge, on ne prend aucun recul, ce qu'on veut c'est faire peur et démontrer par tous les moyens que le monde part à vau l'eau.

    L'idée de supprimer la publicité sur les chaînes du service public allait dans le bon sens avec comme objectif de libérer ces chaînes du diktat de l'audience mais apparemment ça n'a pas servi à grand chose. Le théâtre en direct, la littérature et la chanson française ne sont pas réapparus aux heures de grandes écoutes.

    Notez bien que je m'attaque avant tout à France Télévisions, les autres étant irrécupérables. Je n'en attends rien et tiens,  pour conclure cette note, je voulais quand même tirer mon chapeau à une certaine Enora (dont le photo va illustrer cette note et du coup un peu plomber son propos), une poupée blonde qui fait partie de l'équipe de Cyril Hanouna sur D8 (qui présente une émission  où l'on dissèque la télé réalité). Alors que ses camarades s'écharpent à propos de telle ou telle émission à la con, elle, avec aplomb affirme qu'elle ne regarde pas ces programmes leur préférant F2 ou F5, suscitant la stupéfaction autour d'elle comme si elle vivait sur une autre planète.

    Loïc LT