Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • [société] mariage pour tous

    Tout ce débat autour du mariage gay ne m’intéresse que modérément. Je vais vous expliquer pourquoi. Qu’est-ce que le mariage ? C’est la régularisation administrative d’une histoire d’amour entre un homme une femme. Jusque ici en tout cas. Le gouvernement propose à ce qu’on étende cette possibilité de régularisation aux homosexuels de tous sexes. C’est tout. Pourquoi s’opposer à ça ? Je ne parle pas du problème des enfants, c’est plus délicat, je parle juste d’amour. Je suis venu vous parler d’amour. Les homosexuels tombent amoureux autant que les hétéros. Donc en leur qualité de citoyens français, ils doivent avoir les mêmes droits que les hétéros. Pour moi, quelqu'un qui est contre le mariage gay est fondamentalement contre l'amour homosexuel. 
    Le mariage ce n’est pas grand chose en fin de compte. Ce qui est important, c’est que deux êtres s’aiment et décident d’unir leur destin, pour le meilleur et pour le pire, jusque ce que la mort les sépare. Mais il n’y a pas besoin du maire pour ça. Deux êtres peuvent s’aimer toute leur vie durant sans se marier plus que deux êtres mariés. Le couple marié a-t-il plus de mérite, doit-on lui être plus reconnaissant parce qu’il est marié ? Je préfère deux amoureux se jurant fidélité sincèrement et amoureusement sous la couette ou sur une plage que deux conjoints se jurant fidélité devant monsieur ou madame le maire parce que c’est comme ça qu’il faut faire, c’est la tradition etc. Je m’étonne quand même que les homos, pourtant souvent avant-gardistes,  ressentent ce besoin d’officialisation, demandent à pouvoir eux aussi perpétuer ‘la tradition’.
    Ma future femme va pousser des cris d’orfraie quand elle va lire ça : on a prévu de se marier cette année, c’est à dire de procéder à la régularisation administrative de notre union. Mais elle connaît mon opinion sur la question.
    En dehors de considérations matérielles et fiscales, je ne comprendrai jamais pourquoi les gens se sentent obligés d'officialiser leur amour...et pourquoi l'état se mêle de quelque chose de si intime. La société pourrait fonctionner tout aussi bien sans le mariage. 

    llt

  • CR243 : 'oh...' - Philippe Djian

    thumb.jpgComme ceux de  Patrick Modiano et Eric Reinhardt, je lis tous les Phillppe Djian qui me passent sous la main. Il faudrait que les invite, tous les trois à souper, ça pourraît être sympa. Modiano-Djian : le gouffre entre un type passif et hésitant qui ne vit quasiment que par ses souvenirs et un type direct, qui vit avec son temps et qui déballe tout sans crier 'gare' (le seul point commun entre Modiano et Djian est l'homogénéité de leur oeuvre, sans ruptures, sans surprises, les romans se suivent et se ressemblent. Même univers, même ton, même style. On reste fidèle à sa marque de fabrique). Entre les deux, en arbitre,  Eric Reinhardt, philosophe et écrivain de gauche, auteur du sublissime Cendrillon en 2007. 

    'oh...' est le dernier roman de Philippe Djian. Michelle, héroïne et narratrice de cette histoire décoiffante semble tout droit sortie de Doggy Bag. Dans le vocabulaire des séries, on appelerait ça un 'spin-off'. Mais ce n'est pas le cas ici (c'était juste pour sortir ma science). Ceci dit, Michelle m'a fait beaucoup penser à Irène de Doggy Bag. Michelle est une jolie bourgeoise quinquagénaire (pour pas changer), bossant dans les médias (pour pas changer), qui vient de divorcer (pour pas changer), nymphomane (va sans dire), épicurienne (...) et qui n'a pas peur de dire ses quatre vérités (...). Son histoire est peu banale : au début du roman, elle est encore sous le choc d'un viol atroce qu'elle vient de subir à son domicile, au milieu du roman, elle couche avec son violeur (qui était autre que son voisin, un banquier beau qui chauffe son palace avec une chaudière bois à flamme inversée) et à la fin du roman, son fils tue le banquier pensant à tort déliver sa mère d'un horrible viol (car Michelle et Patrick jouaient à des jeux qui pouvaient prêter à confusion..). Pour le reste, le roman est un fratras insensé où se succèdent trahisons, coups de colère et drames. Philippe Djian raconte l'être humain sans rien s'interdire, avec comme seules autres considérations, quelques propos météorologiques (souvent dans les romans de Djian, les éléments se déchainent) ou botaniques (flore pavillonaire).

    Divertissant et jubilatoire. 

    lecture : janvier 2013
    Gallimard, 238 pages, prix interallié
    note : 4.5/5
    à suivre : la bête qui meurt, Philip Roth