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  • CR20 : le démon d'onze heures - Lionel White

    3b278c63cd22f576f614038523abf7f0.jpgCeci est la première critique du livre le démon de onze heures réalisée sur la blogosphère littéraire. Déjà qu'à la base, ce blog est une rareté puisqu'il fait partie des seulement 2% des blogs du monde écrit en langue française. En conclusion, cher lecteur, on peut dire que vous êtes en train de lire un billet précieux...

    J'ai écrit plusieurs fois que je n'aimais pas le cinéma..c'est vrai, mais c'est vrai aussi que lorsqu'il se sublime par le génie d'un réalisateur, par un bon scénario ou par la rencontre d'acteurs exceptionnels, alors il se peut que l'émotion que me procure le cinéma est intense. Ce qu'il y a, c'est que toutes mes émotions de ce côté-là commence à dater et que je ne vois pas dans ce qui sort en ce moment quelque chose qui pourrait arriver à la cheville d'un Pierrot Le fou. Je ne reviendrai pas sur les raisons qui font que je voue à ce film un culte infini. J'en ai déjà parlé...Mais lorsqu'on aime ce film à ce point et qu'on ne sait plus que faire d'autres que de le regarder indéfiniment, on peut quand même varier le goût du plaisir en

    - lisant l'histoire de l'art de Elie Faure (ce que j'ai fait il y a quelques années)

    - lisant le démon de onze heures de Lionel White, ce que je viens de faire.

    Il s'agit d'un polar très agréable à lire mais qui ne doit une certaine notoriété qu'au fait d'avoir plus ou moins inspiré Jean-Luc Godard pour l'élaboration de son chef d'oeuvre. En fait, Godard a été très fidèle à la trame de départ et aux premiers déroulement de l'intrigue, puis par la suite a pris une totale indépendance si bien qu'au tiers du roman on ne reconnait plus rien de PLF. Le pitch de base : un type de la classe moyenne américaine est marié et a deux enfants. Il vient de perdre son boulot à la télé et boit beaucoup pour noyer sa peine. Sa femme, Marta, le supporte tant bien que mal et l'oblige quand même à assurer ses obligations sociétales, à savoir ici, se rendre à une soirée chez un ami où ils sont invités. ça emmerde profondément Conrad Madden mais il s'y ren.  En cours de soirée, il s'ennuie tellement qu'il rentre seul. Rentré chez lui, il tombe sur la baby-sitter des enfants et il lui propose de la accompagner chez elle. A partir de là, il tombe amoureux de la fille et ne rentrera plus jamais chez lui. La baby-sitter, Allie, est une femme-enfant sans aucune moralité qui n'hésite pas à tuer pour une contrariété. C'est ce qu'elle fait dès leurs premières heures de vie commune. Malgré lui, Conrad se rendra complice des meurtres d'Allie. Commence alors une cavale qui se transformera en course poursuite à travers l'Amérique profonde. Le livre est en quelque sorte le récit de cette cavale.

    Je mets 4/5 car un livre que l'on lit en deux heures sans lever la tête ne peut être foncièrement mauvais. (par contre, je ne comprends pas le titre..)

    Putain, la critique qui tue...

    Loïc, 19h15

  • CR19 : le présent du destin - Jane Porter

    23f93d58e4e41382c0a5e8622df6ddde.jpgCela fait plusieurs semaines que l'idée de lire un Harlequin me titillait..histoire de vérifier que ces livres sont conformes à l'idée que l'on s'en fait..j'ai donc choisi sur Price un de ces romans en faisant attention qu'il n'est rien de particulier, qu'il soit un roman banal et représentatif de tout ce qui sort dans cette honorable collection. Le présent du destin (rien que le titre déjà..) semblait tout indiqué. Sorti en octobre 07, dans  la sous-collection Azur (sous titrée la force d'une rencontre, l'intensité de la passion), il fait 150 pages. On devine que Jane Porter, comme tous les écrivains bossant pour Harlequin est tenue de respecter un cahier des charges assez strict. Je n'ai vraiment pas envie de me moquer de cette 'littérature', qui répond sans aucun doute à une certaine attente..Trop facile de se moquer d'autant que si l'on me proposait d'écrire ça contre un salaire conséquent, je crois que j'en serais incapable.

    Bon et bien je viens de le finir. Si on considère l'objectif du roman à l'eau de rose, je dirais que celui-ci remplit son contrat. Bourgeoisie italienne, grande demeure avec terrasse à colonnade. Le héros Maximos Giuliano est un type riche, beau, brun, au sourire ravageur. L'héroïne, Cassandra Gardner est une belle plante, répondant à tous les clichés du genre. Elle est dans le genre sentimental et bien qu'elle aime faire l'amour avec Maximos, elle ne supporte plus que depuis 3 ans, il ne la considère quasiment que comme un objet sexuel. Elle est amoureuse de lui et lui fait part de ses désirs. Maximos qui ne veut s'engager décide de rompre.
    Folle de rage, Cassandra décide de se venger en faisant croire à Maximos qu'elle sort avec Emilio, l'ennemi juré de Maximos (ancien associé qui lui a fait une grosse crasse). Quand Maximos voit le couple débarquer au mariage de sa soeur, il est vert de rage et se rend compte qu'il tient encore à Cassandra.
    A partir de là et avec le mariage de la frangine en toile de fond, Cassandra et Maximos se retrouvent, font l'amour plusieurs fois et après moultes rebondissements décident d'avoir un enfant et de vivre ensemble. La dernière phrase du livre est 'elle était enfin une femme heureuse'.
    Et moi, j'étais un homme heureux...d'avoir fini ce p.... de roman. Je dois dire cependant que je l'ai lu sans déplaisir me plaisant à relever les clichés et les nombreuses incohérences. aucune mauvaise ni bonne surprise dans ce roman..Au pays d'Harlequin, les années passent et les amours aussi... longue vie à Harlequin et que brûlent les feux de l'amour !!

    un extrait :

    Maximos ne se rendait-il pas compte à quel point elle le désirait ? Elle avait envie de sentir son corps peser sur elle de tout son poids, l'écraser à posséder chaque parcelle de son corps. Envie de se laisser emporter par le tourbillon enivrant des sensations que lui seul avait si bien éveiller, si bien mener jusqu'à l'envol final.

    Il prit ses lèvres avec tant d'urgence qu'une digue se rompit quelque part en elle.

    Elle capitula sans même résister.

    Il se mit à caresser ses bras, ses épaules, ses seins, lui arrachant des gémissements ravis, ranimant des souvenirs de passion enfiévrée. Elle frotta ses hanches contre les siennes, recherchant avidement ce qui lui avait tant manqué.

    Le sexe. La domination.

    Sa soumission. Oui, sa soumission, se dit-elle silencieusement tandis que Maximos dénudait ses épaules d'une main experte. Elle poussa un cri de bonheur au contact de sa main chaude sur sa peau. Ils se retrouvaient enfin...

    Visiblement, quelque chose chez Maximos céda brusquement, lui faisant perdre tout contrôle de lui-même. D'un geste presque brutal, avide, il lui arracha sa robe et la contempla d'un air émerveillé dans ses sous-vêtements de dentelle satinée. Il adorait sa lingerie raffinée, le soin qu'elle mettait toujours à parer son corps pour lui.

    Il effleura du bout des doigts la douce ligne de son dos, traçant tout le long une ligne de feu qui se diffusa dans tout son corps. Elle trembla quand ses mains brûlantes se posèrent sur ses fesses. Comme elle aimait sa façon de la caresser, de la meurtrir, de la marquer du sceau de son emprise...

    Il la souleva de terre pour la porter jusqu'à un fauteuil recouvert de chintz et l'y installa d'autorité. Elle se laissa faire, prête à obéir au moindre de ses caprices. Elle lui appartenait corps et âme. Il pouvait faire d'elle ce qu'il voulait. Absolument.

    Il s'agenouilla devant elle et lui  écarta ses cuisses.

    - tu es si belle ! murmura-t-il en approchant sa bouche.

    Cassandra ferma les yeux et perdit pied tandis qu'il lui infligeait d'exquises tortures.

    - Maximos.., le supplia-t-elle dans un souffle, en bougeant inconsciemment ses hanches pour accompagner le rythme de ses caresses.

    Mais il semblait sourd à ses prières. Puis il arracha brusquement le string qui protégeait encore son intimité et elle s'embrasa sous son souffle chaud. Ensuite il s'écarta pour la dévorer des yeux, contempler non seulement sa féminité offerte, mais son visage aux pommettes colorées, ses lèvres rouges, ses seins dressés.

    - Maximos.., le supplia-t-elle de nouveau d'une voix altérée, méconnaissable.

    Cette fois-ci il accéda à sa requête et se pencha de nouveau vers son intimité, glissant les paumes de ses mains sous ses hanches pour la presse contre sa bouche. Poussant un cri elle enfouit les doigts dans ses cheveux, se dissolvant dans les délicieuses sensations qui l'emportaient au-delà d'elle même, vaguement consciente du frottement de son porte-jarretelles. Puis elle se perdit totalement dans cet instant de bonheur sensuel et érotique.

    Elle s'arc-bouta contre lui, se tendit au point de se rompre tandis que l'intensité des sensations arrivait à son paroxysme. Elle fut sienne, une nouvelle fois. Elle lui appartenait. Comme un objet, un jouet. Elle était sa maîtresse, sa femme. C'était un sentiment de dépendance horrible. C'était merveilleux. Elle retint son souffle lorsqu'il la pénétra. Ce fut une joie immense de retrouver cette présence virile qui lui avait tellement manqué, cette drogue. Leur plaisir éclata en même temps et les laissa ensuite inertes et épuisés pendant de longues années.

    3/5

    Loïc, 22h10

  • 08

    8f9e2fab9b15d4cada9d61b6dc85aaca.jpgSouvent, je choisis les livres que je vais lire au hasard, en fouinant dans la bibliothèque ou en furetant ici ou là, là où s'entassent des ouvrages poussiéreux. Mais il y a quand même des livres que je veux à tout prix lire. Cette année, j'ai envie de bouffer du Doggy Bag jusqu'à épuisement. En effet, depuis quelques jours, je meurs d'envie de retrouver David et Marc Sollens. Je vais aussi me laisser tenter par les bienveillantes qui sortent en poche fin janvier. En général, j'essaie de ne jamais passer à côté d'un succès littéraire. Prévu également trente ans et des poussières de Jay McInerney. Et puis, juste après le Harlequin que je suis en train de me coltiner, le démon de onze heures de Lionel White, le Série Noire qui a inspiré (mais de loin) Jean-Luc Godard pour l'écriture du scnénario de  Pierrot Le fou. C'est un thriller insignifiant, paru dans les années 50 et dont aujourd'hui tout le monde se fout. vin diou.

    En 08, j'essaierai également de continuer à ne pas voir de film. Si j'y arrive, ce sera la troisième année consécutive sans poser les pieds dans une salle obscure.

    J'essaierai également de continuer à éviter toute source d'infos..autant que faire se peut. J'ai commencé le 01.09.07 et je me rends compte que dans cette société où les infos tombent de n'importe où sans qu'on n'ait rien demandé, il est difficile d'échapper au plus gros. A la base, mon plan anti-bourrage de crâne a été de passer de France info à france culture (radio qui diffuse plus des documents que des infos), de ne plus regarder un seul jt à la télé et de ne plus acheter de quotidiens généralistes. Ne plus me rendre sur des sites web actu. ça le fait plus ou moins et je m'en porte plutôt mieux..et surtout je n'ai pas le sentiment d'être plus idiot que la moyenne des gens qui écoutent bêtement ce qu'on leur raconte. C'est aussi, pour moi, une façon d'être heureux ou pas par rapport au ressenti que j'ai de mon quotidien et non par rapport à ce qu'on veut que je sois. Je me fais pas trop comprendre ? pas grave...mais par exemple, le fait que mon pouvoir d'achat ait baissé ou pas, c'est à moi de le constater..pas aux médias de me le dire. En contrepartie quand même, lire des essais sur la marche du monde ( économie etc..). Et pourquoi pas aussi investir un peu à nouveau en bourse... sur une certaine idée qu'on a du marché..une prémonition que le pétrole va baisser..Je sais pas, je dis ça..mais je l'ai lu aussi (oui bon...). 100$, ça peut le faire à court terme, c'est beau, c'est rond mais sur le long terme, c'est pas très logique. Il doit bien exister des warrants pronostiquant une baisse du baril à échéance juin ou septembre..aux alentours..allez de 60$. Un joli coup à faire sur une mise très faible..pour un gain de 400%, 600%..Laurant Dahl vous parle !

    On rigole, mais on voit pas le danger.

    Loïc de Maubert, 22h30