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  • CR12 : Doggy Bag, saison 1 - Philippe Djian

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    On connaît un type qui n'est pas spécialement fan des séries américaines, quel qu'elle soit...et  il ne fait pas de différence entre les feux de l'amour et prison break. stupide, pensez-vous ? Non, globalement, même si elles sont plus ou moins bien foutues, elles lui font toutes le même effet, c'est à dire qu'elles représentent à son sens un monde totalement factice, en dehors du temps et en dehors de tout ce qui fait la cohérence de quotidien d'un être humain.

    un exemple tout bête : lorsque vous êtes en conversation téléphonique, vous ne raccrochez pas sans dire au revoir, en tout cas, sans prévenir à l'avance que vous désirez que l'appel se termine. Dans les séries et même les plus récentes, si. ça semble logique pour ces gens-là..et une fois raccroché, nous les vrais gens, on ne reste pas non plus dix secondes à rêvasser en regardant au loin. Dans les séries, si. Enfin bref.

    Philippe Djian a eu l'idée d'écrire un roman en utilisant la plupart des codes qui sont la marque de fabrique des séries américaines. On a donc à faire à une sorte de roman-concept. Mais qu'est-ce qui fait que sans le savoir, au bout de trois pages, on voit bien que telle était l"intention de l'auteur ? Qu'est-ce qui fait globalement la spécificité des séries us et qui saute aux yeux à ce point ?

    - ça discute pas mal entre gens qui n'ont en général pas de soucis matériels, encore moins de subsistance. Ce qui permet de laisser de côté tous les soucis primaires de l'être humain (sauf le sexe qui n'est pas primaire quand il ne s'agit pas de procréer), pour ne se concentrer que sur les sujets sentimentaux et autres sentiments qui grandissent l'homme, parmi lesquels il faut placer l'épanouissement sexuel.

    -comme en moyenne une série us dure 50 minutes, le réalisateur se doit de précipiter les événements s'il veut pouvoir placer toute une histoire. Du coup, aucune scène ne doit être inutile. C'est important car c'est ce qui ressort du livre de Djian. Tout va très vite, sans pause, sans description, sans pensées métaphysiques.

    Doggy Bag se déroule dans une ville américaine imaginaire, sans doute de Californie (Djian ne le dit pas mais tout le laisse à penser). Nous suivons les pérégrinations de deux frères, David et Marc, la quarantaine, beaux, riches et coureurs de jupons. Ils sont tous les deux les gérants associés d'une concession automobile qui vend des voitures de luxe. Edith, genre de femme fatale pour laquelle ils se sont déchirés et haïs 20 ans auparavant revient dans la ville (c'est le propre des séries aussi que de penser qu'on peut quitter la ville du jour au lendemain et revenir des années plus tard du jour au lendemain). Elle revient à la surprise de tout le monde. C'est Marc qui la cueille en premier. David laisse faire. Faut dire qu'il se tape Josiane, une infirmière qui a une jolie paire de fesses. Josiane a deux enfants et est séparé de son mari paralytique. Du coup, ce dernier les harcèle en jetant des animaux crevés devant leur fenêtre ou en tagant la Porche de David.  Un jour, alors que Josiane et David copulaient dans la salle de bain d'un hôtel où ils étaient en week-end, le petite garçon de Josiane se noie dans la piscine, faute de surveillance. Josiane est inconsolable et s'en veut.

    Pendant ce temps, Sonia, la fille d'Edith, 20 ans, s'envoie en l'air avec son dentiste et ne va pas tarder à apprendre que son père n'est pas  Paul (qui lui, s'envoie en l'air avec une nymphomane de 18 ans) et ex d'Edith mais soit David soit Marc. Victor Sollens (à ne pas confondre avec Victor Newman bien qu'il campe un peu le même personnage), père des deux frères, époux séparé d'Irène ne s'envoie en l'air avec personne car il a 70 ans et a mal à peu partout. Il renaît quand il apprend qu'il est le grand-père de cette admirable fille qu'est Sonia. A propos, Sonia a des soucis avec son dentiste qui ne veut plus la voir, ce même dentiste qui va se faire tabasser par Joel, prétendant malheureux de Sonia.

    Toutes ces histoires perturbent Irène, qui boit de plus en plus et que le retour d'Edith agace car elle a peur que ses deux fils devenus copains comme cochons ne s'entre-tuent à nouveau. Dans un moment de folie, elle essaie de tuer Edith en jetant sa voiture contre la sienne. Heureusement pour Edith, Irène conduit très mal et rate son coup. Comme on ne veut pas qu'elle recommence, on lui prescrit des antidépresseurs et on lui adjoint une infirmière, Josiane, quasiment 24h/24. Josiane toujours meurtrie après la noyade de son fils refuse désormais de se donner à David et devient bonne copine d'Irène. A la même période, Victor désire à nouveau le corps d'Irène.

    Pendant ce temps, David en a raz le bol de Robert, l'ex de Josiane. Il continue a harceler le couple et arrive même dans sa folie à monter un étage pour saccager la chambre de Josiane. David décide de le calmer et part en expédition avec Josiane. Il s'agit de lui tendre un piège dans un endroit paumé de la ville, on lui défonce son fauteuil roulant et surtout on lui défonce la gueule..à mort, pas à mort ? on ne le saura sans doute que dans le saison 2.

    Avec toutes ces conneries, j'ai oublié de vous parler de Béa, secrétaire à tout faire des frères Sollens (même pour leur acheter des slips). Elle est follement amoureuse des deux mecs mais il semble qu'elle ne les intéresse pas. Alors à défaut, elle se farcie des clients sur les banquettes arrières des mercedes en exposition.

    Il y aussi le conflit entre le frères et la mairie, dirigée semble-t-il par une bande d'escrocs. De chaque côté, on engage les meilleurs avocats de la ville pour une sombre affaire d'explosion de canalisation ayant sauté jusque sous le bureau de Marc, qui heureusement s'en sortira sain et sauf.

    voilà à peu près...Tout ça est à lire vraiment au second degré en considérant le tout comme un exercice de style. Les personnages ont très peu de moralité et sont d'un cynisme rarement atteint comme l'est la plume de Djian. Même si on réalise que tout ça ne volle pas haut, il y a de bons moments de franche rigolade ce qui donne envie de lire les autres saisons.

    édit : avoir réussi à écrire une note sans utiliser le 'je'..pas mal

    4/5

    signé Loïc, 19h00

     

     

     

     

  • CR11 : brooklyn follies - Paul Auster

    d15257b842b622abc6edfa3ac18b8e85.jpgBrooklyn a l'air d'être un quartier assez sympa, cosmopolite, avec plein de restaurants de tous les pays, avec de grandes artères qu'empruntent des taxis jaunes et de grosses cylindrées, avec quand même le long des artères des clodos qui font les poubelles avec de vieux caddies, un quartier composé de zones résidentielles avec des maisons comme on en voit dans les séries us - à la con -, des maisons qui se ressemblent à peu près toutes mais à l'intérieur desquelles les gens ont des vies trépidantes et souvent stressantes (mais pas forcément..), un quartier avec des parcs sympas pour faire du jogging le casque sur les oreilles, un quartier avec plein de galeries d'art contemporain, des librairies à tous les coins de rue etc etc.
    A défaut d'y aller, vous voulez vous plonger dans cette ambiance (qui perso, me fait rêver) ? Alors, je vous conseille de lire ce bouquin de Paul Auster. Vous aurez en prime une histoire sympathique, des personnages attachants, des analyses psychologiques très fines, une écriture agréable et coulante..pour en fin de compte un roman haletant comm on en lit peu dans sa vie. La dernière fois qu'un roman a pris une telle place dans mon quotidien (avoir hâte de la pause déjeuner juste pour se lire un petit chapître..), c'était, il me semble tante julia et le petit scribouillard de Mario Vargas Llosa.
    Ne  comparons pas ce que ne peut pas l'être mais quand même, on a envie parfois : à côté, l'élégance du hérisson de Muriel Barbery semble peu de chose...à tous les niveaux. Je ne sais plus trop la critique que j'en avais fait à chaud mais avec le recul, je me dis que ce best-seller, c'est bof.

    On appréciera aussi les quelques attaques contre Bush. Le roman se déroule à l'orée des années 2000 et déjà les protagonistes en perçoivent la menace. (à mon avis, Georges Bush est le pire président des Etats-Unis qu'on ait eu, le plus dangereux comme le plus idiot )

    Un bémol pour Brooklyn follies : l'impression sur la fin que l'auteur a hâte d'en finir. il se passe sur les cinquante dernières pages dix fois plus de choses que sur les trois cent  premières, ce qui, à mon sens, aurait mérité un peu plus de prolongement. Mais quand même, c'est jusque là, le meilleur roman lu cette année.

    Un petit mot sur le livre objet : paru chez acte-sud dans la collection babel..cette collection me plait beaucoup. Les couvertures sont très belles et ont un petit côté jauni pas désagréable.

     

    signé Loïc

     

  • la musique de la vie (6) - Daho : l'invitation

    Les amis,

    856fc0ccd0e834a367f01f17c64fe365.jpgJe ne sais pas très bien quand sort l'album de Daho. Peut-être lundi. Je ne sais pas non plus sous quel format je vais l'acheter. numérique ou en vrai. Et si en vrai, l'édition qui sort début novembre ou celle qui sort début décembre ? Autant de questions qui n'ont pas beaucoup d'importance à côté du fait que ce nouvel album semble être un très bon cru et ce malgré la petite voire très grosse déception à l'écoute du single qu'on entend depuis quelques semaines.

    Mais ici ou là, j'ai pu entendre quelques autres extraits et j'en ai encore la chair de poule. Les textes sont très forts, la voix d'Etienne me renverse toujours autant. Je sens que des titres comme l'adorer ou boulevard des capucines vont être omniprésents dans mon quotidien jusque la fin de cette année où finalement de mai à décembre, je n'aurai eu que des joies et des joies encore. 

     

    Rien à voir, j'ai terminé Brooklyn Follies de Paul Auster. Super roman, emballant. Compte-rendu à venir. 

    Vacances pendant presque quinze jours. 

    bisous à tous. signé Loïc