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beauf

  • conversation avec Gambetti (sur les catégories de gens)

    Avec Gambetti, nous nous sommes mis à créer des catégories de gens et on s'est mis d’accord sur le fait qu’il existait en fait 4 catégories principales : les bobos, les beaufs, les cas socs et les normaux.


    Les normaux sont normaux. Ils n’ont rien de particulier mais il peut y avoir en eux un peu de beauf, de bobo ou de cas soc. Mais leur signe majoritaire est la normalité. C’est la catégorie dans laquelle, humblement, je me range tout en reconnaissant que j’ai une forte ascendance beauf. Quand j’ai dit ça à Prisca, elle a hurlé. Les normaux se situent en général dans la classe moyenne. Ils votent à gauche ou à droite.


    Les beaufs font également partie de la classe moyenne. Pour eux, le confort matériel est essentiel et surtout ils veulent que cela se sache. Pour eux la réussite personnelle se mesure au nombre d’objets possédés. Comme par ailleurs, ils font dans le mauvais goût, ils sont souvent la risée des autres catégories, sauf des cas socs pour qui les beaufs sont les modèles. Comme de fait, le beauf et le cas soc peuvent bien s’entendre. Mais le beauf à pitié du cas soc car il ne peut pas trop consommer. Un beauf est souvent un cas soc parvenu. Le beaufs vote plutôt à droite. Accessoirement, il peut être raciste.
    En quoi suis-je un peu beauf : j’ai un blog (c’est très beauf), un break et je vote à droite. .


    Les cas soc ne sont pas que des assistés. On en trouve pas mal dans la classe moyenne inférieure. Quand on nait cas soc, on le reste. C’est génétique. Un cas soc qui gagne au loto garde un comportement cas soc, tout en s’approchant de la beaufitude. Je connais quelques cas soc. Leur conversation n’est pas intéressante. Mais il y a en eux une certaine joie de vivre et d’être ensemble. Ils regardent tf1 et les chaînés de la TNT. Ils touchent beaucoup d'aides sociales, c'est leur marque de fabrique. Les beaufs trouvent d'ailleurs que c'est pas juste.  Ils votent extrême droite.
    En quoi suis-je un peu cas soc : ma xantia (pas le break) est vieille et délabrée, je gagne le smic et je prends souvent l’apéro.

    Les bobos ont fait leur apparition dans les années 90. Ce sont de gens aisés qui s’opposent à la société de consommation. Ils ne veulent pas entrés dans la catégorie normale qui est celle de leur parent (ces derniers étant des soixantuitards ayant par la suite retournés leur veste).  Alors, ils inventent un nouveau mode de vie minimaliste basé sur le respect de l’environnement. Ils sont intelligents, écoutent france inter et possèdent souvent de vieux vélocipèdes peugeot tous pourris. Le bobo déteste le beauf et ne peut pas du tout s’entendre avec le cas soc. Entre les bobos et les normaux, les relations sont variables. Tout dépend du degré de condescendance du bobo (le bobo se considère comme un éclaireur).  Paradoxalement, les bobos n’aiment pas la campagne. Ils votent écolo au premier tour et socialiste au second. J’ai de la sympathie pour les bobos mais je ne suis pas assez riche pour en être. Le futur nous dira si, comme leurs illustres parents, les bobos se vautrent au pas dans la société de consommation.
    En quoi suis-je quand même un peu bobo : j’écoute france inter, je suis abonné à télérama et je suis vaguement écolo.

    Dans les normaux, il y a une sous-catégorie que j’appelle les tradis. Ce sont des gens normaux qui se démarquent des autres normaux par un soucis prononcé des traditions. Les tradis (qui ne sont pas forcément pratiquants) se marient en grande pompe, réunissent toute la famille pour les baptèmes et communions des enfants, sont bénévoles à la fête du quartier et sont globalement très connecting people. J’en connais quelques uns. Il n’y a rien de tradis en moi. Je suis anti-tradis.

    Avec Gambetti, on était assez fiers de cette classification...très pertinente, trouvions-nous car en piochant dans nos connaissances respectives, nous arrivions facilement à classer les individus dans l’une ou l’autre catégorie.