Ce livre qui recelle de pensées profondes et pertinentes sur Paris, le temps qui passe, les saisons, les rapports dans le couple, le stress au boulot, les hedge funds, valant plus qu'une petite fiche de lecture, j'ai décidé de vous en faire partager les passages les plus exaltants. Comme je pars quelques jours fêter noel dans une abbaye, je n'aurai aucun mal à le finir, ce qui sera à regret, puisqu'il y a des livres qu'on ne voudrait jamais finir. j'ai été un peu perturbé au premier quart de la lecture par une confusion entre les personnages, à tel point que je me suis demandé s'il ne s'agissait pas d'une erreur de l'écrivain..mais vérification faite, non..c'est une sorte de procédé où la même histoire initiale aboutit sur la création de 3 personnages différents tous issus su même moule si l'on puit dire (toujours cette difficulté chez moi à formuler les choses simples !!!).
Bon, on va commencer sobrement avec quelques considérations sur les saisons. Ce passage me parle beaucoup parce que je résonne à peu près voire totalement de la même façon que Eric Reinhardt :
L'approche scientifique, fondée sur une observation du soleil par rapport à la terre, aboutit à une répartition équitable : quatre saisons de trois mois chacune. L'approche sensible, fondée cette fois sur le vécu, sur les effets que les saisons produisent sur les sens, sur le corps, sur le mental, sur notre imaginaire, envisage-t-elle les choses avec la même froideur rationaliste ? On va voir qu'en réalité l'année ne se divise pas en chapîtres de proportions égales - même si l'on trouve, en lieu et place de ce système homogène des trimestres, une sorte d'effet miroir et de répartition symétrique. L'automne démarre le 1er septembre et s'achève le 31 décembre. L'automne dure donc quatre mois. Quatre mois dont j'ai dit à l'instant qu'ils constituaient une architecture, une sorte de longue galerie majestueuse, large, haute sous plafond, ornée de miroirs, éclairée par des lustres : une salle de bal. Puis nous avons, au débouché de la galerie, auxquels on accède par le perron de la Saint-Sylvestre, accouplés, conjugaux, janvier et février, jardin à la française couvert de givre. L'hiver dure donc deux mois. Débute le 1er mars, qui s'achève le 30 juin, une période détestable qui s'appelle le printemps, prurit, hypermarché, intervalle commercial, adolescent, acnéique, immature, aux pulsions les plus sottes, aux engouements les plus précaires, j'y revindrai plus tard plus amplement. Le printemps dure donc quatre mois. Et puis démarre le 1er juillet, qui s'achève le 30 août, un intervalle qu'on intitule l'été et que l'approche des mois d'automne perfuse de l'intérieur, comme une prémonition, comme un bonheur anticipé et l'ivresse d'une imminence, de sensations que je trouve délicieuses. L'été dure donc deux mois. J'apprécie l'été et l'hiver car ils encadrent l'automne et s'en imbibent : l'automne commence à résonner dans l'espace de l'été et continue de résonner dans l'espace de l'hiver. L'année se décompose ainsi en deux saisons de quatre mois, des quadrimestres, le printemps et l'automne, et en deux saisons de deux mois, des bimestres, l'été et l"hiver. Voilà la vraie réalité de la structure saisonnière fonsée sur une approche sensible, physique, mentale, psychologique. ( p215, éditions stock)
J'apprécie dans la théorie de ER que l'automne ne soit pas une saison intermédiaire entre deux saisons abouties qui seraient l'été, le magnifique été et l'hiver, le méchant hiver ! L'automne est un aboutissement, le but, presque des saisons..Par ailleurs, l'été ne dure que deux mois, c'est vrai. Psychologiquement, on ne se sent pas encore en été en juin et plus tout à fait en septembre..idem pour l'hiver avec janvier et février. Si un jour, j'en ai le temps, je vous dirai comment je découpe ma journée de boulot de sept heures en six parties bien distinctes qui ont une influence forte sur mon humeur.
Loïc, 2h00
Dans son livre 'l'intervieweur', Alain Veinstein distille quelques pensées, des impressions diverses ayant émaillées sa vie d'homme de radio en sa qualité de présentateur de l'émission 'du jour au lendemain' (où il invite toutes les nuits de 23h30 à 0h15 un écrivain qui vient de sortir un bouquin). Enfin bon, on ne sait pas trop si tout est vrai, le mot 'roman' étant apposé sur la couverture. Mais on sait aussi que les auteurs contemporains aiment bien classer leurs oeuvres un peu n'importe comment pour brouiller les pistes.
Les romans de Bernard Comment ont essentiellement été publiés chez Christian Bourgeois, une maison d'édition qui commence décidément sérieusement à m'intéresser. Dernier roman en 2004. Je ne retranscris pas ici les distinctions de l'écrivain qui sont des prix très locaux et sans importance. Il est invité à l'occasion de la sortie de son nouveau livre, 'entre deux, une enfance en Ajoie'. Voici ce que dit le site de l'émission :