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  • Eric Reinhardt vs Paul Auster

    auster-paul.jpgLa construction du roman 4321 de Paul Auster ressemble étrangement à celle de Cendrillon de Eric Reinhardt. Ceux qui ont eu la chance de lire Cendrillon comprendront. Cendrillon date de 2007 et 4321 de 2017. Je n'aime pas cette expression mais je dis ça je dis rien. A savoir en plus, Paul Auster parle très bien le français. 

    Pour l'anecdote, je suis le seul homme de droite à aimer Eric Reinhardt et, à ce titre, je me sens plus libre que Télérama, les inrocks, l'obs et Libération qui aiment ses romans avant même la sortie. Je dis ça, je dis rien !

    Résumé 4321

    l-ecrivain-eric-reinhardt-le-25-aout-2014-a-paris_5149539 (1).jpgÀ en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Ham- bourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le “maître de Brooklyn” arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.

    Shako

  • CR359 : Comédies Françaises - Eric Reinhardt

    ERTEC.jpgJ'ai lu les critiques dithyrambiques de Télérama (dont il est un peu l'auteur-maison), du Libération d'aujourd'hui et de Lire Magazine et un autre mais je me souviens plus lequel alors, moi petit ouvrier de province, je me trouve bien mal pour apporter la contradiction. Commençons par les points positifs, les photos de l'écrivain de chaque magazine....et bien c'est celle de Lire avec son complet de chez Smalto qui me plait le plus. Dans les autres, on le voit entièrement avec sa chemise dans son pantalon et moi j'aime pas les chemises dans les pantalons, même lors de mon mariage avec Mathilde de Bouillebec, j'ai pas mis ! Je ne sais plus si Mathilde m'y a forcé...bref, on le voit sur les photos. Donc, celle là, j'aime beaucoup ce gros plan d'un type bien conservé pour ses 55 ans.

    Dans cette comédie française, le personnage principal est Dimitri, un type de 27 ans qui fait différents boulots pour finir à l'AFP. Il lui arrive quelque chose d'incroyable. En balade à Madrid, il croise une femme qui lui plait beaucoup...et il la croise à nouveau dans un théâtre à Paris et pour enfoncer le clou dans un café parisien je ne sais plus où. Pour lui, c'est impensable. Comme un coup de dé jamais n'abolira le hasard, Dimitri est persuadé que le hasard a bon dos, que ces trois rencontres ont un sens. C'est la partie du roman que j'ai le plus appréciée. 

    277138580.jpgA une moindre échelle, il m'est arrivé la même chose en Irlande dans la ville de Galway. Un matin, les rues étaient noires de monde et au loin je sélectionne une jolie fille, un peu trop fardée peut être mais avec un joli visage et une cicatrice sur le front très sensuelle. Je la prends en photo et malgré la foule, elle me voit et ça n'a pas l'air de lui plaire. Et dans l'après midi, dans une rue toute aussi noire de monde  mais assez loin de la première, je la recroise, et je la reprends en photo. J'étais bouleversé par ce hasard incroyable et pourtant c'était bien loin de celui vécu par Dimitri. Ce dernier un peu fouille merde après avoir étudié une histoire concernant deux artistes français et américains change de sujet et se décide à en savoir plus sur la naissance d'internet. Il a une longue discussion avec Louis Pouzin ( inventeur du datagramme et donc d'internet) pour savoir  pourquoi il a été bloqué dans son invention par le  puissant chef d'entreprise Antoine Roux qui met fin à ses recherches après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing (qui est toujours vivant, je le rappelle). J'ai trouvé que cette longue discussion très technique ressemblait plutôt à un article de Wikipedia. Mais why not. Dimitri, homme de gauche (comme l'écrivain...qui n'a d'ailleurs pas encore signé l'appel de Laurent Joffrin -) et donc pas tendre avec le capitalisme à la Française où les politiques, lobbyistes, chefs d'entreprise sont de mèche pour décider si tel projet doit être abandonné ou pas, paradoxalement encense les Américains qui ne s'arrêtent pas à ces considérations et où le libéralisme est en roue libre et puis finalement s'approprient les travaux des experts Français pour s'attribuer la création d'internet.  Make America Great Again !

    3299260496.jpgIl y a du Michel Houellebecq et du Philippe Djian dans ce roman. J'aurais aimé que l'auteur s'arrête un peu sur le personnage de Dimitri, bisexuel passablement cinglé. Dès le début du roman se pose le faire part de son décès dans un accident de voiture en Bretagne où lui et sa compagne sont venus sur les traces de Antoine Roux, décédé et dont la fille habite la maison .Dans ce roman qui n'est pas à tiroir comme j'ai pu le lire, le romantisme s’accommode fort bien de la critique du capitalisme, un peu comme dans le système Victoria. Eric Reinhardt croit encore qu'il y  a une droite et une gauche mais ce concept est terminé.  Mais il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il s'agit de défoncer le capitalisme. Je pense donc que Valeurs actuelles et le Figaro ont complètement zappé ce sympathique bobo de gauche.

    Voilà, je ne suis pas Nathalie Crom mais je suis un fidèle de cet écrivain. Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Et n'oubliez pas : “On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs.” (E.Cioran)

    Shako

    lecture sur kindle, août 2020

    Parution : 20 août 2020

    Gallimard
    note 3.5/5

  • Les jeux interdits - par Etienne Daho pour Jane Birkin

    Sorti aujourd'hui, en attendant l'album. En général, lorsque Daho travaille pour les autres, je trouve ça moyen mais là, on retrouve sa griffe. Il aurait dû la garder pour lui cette chanson ! Pour l'anecdote, un matin après la rave partie Astropolis, à la gare de Brest, elle était juste devant moi. Il y a dix ans à peu près. Je crois que je lui ai bonjour, je me souviens plus. 

    Shako

         
         

  • tenir (2)

    Chaque jour qui passe est une victoire et en même temps, je trouve que c'est de plus en plus facile. Lorsque je suis sorti de la clinique, il y a un mois et demi, j'avoue que j'avais une forte appréhension de me retrouver seul dans mon appart qui, depuis que je l'habite a toujours été synonyme d'alcool. Lorsque Mathilde de Bouillebec m'a déposé après ce retour glacial, je suis rentré dans mon appart, frais comme un gardon et j'ai commencé par remettre des choses dans l'ordre. Je ne sais plus quel était mon niveau d'envie de boire. Pour pallier au pire, j'ai pris un Espéral pour être tranquille pour 72h. C'est toujours difficile de prendre la décision de l'Espéral mais il faut savoir ce qu'on veut...et puis les jours ont suivi, je me suis instauré un rythme de vie, j'ai mis plusieurs jours à faire le ménage (je crois que je n'en avais jamais fait depuis un an et demi que je suis dans cet appart maudit).

    L'autre jour, un gars a invité tous les gens de l'immeuble pour un apéro-barbeuc...sauf moi. Alors je me suis évidemment posé la question et j'ai fini par l'avoir. Comme il savait que je ne buvais plus, il n'a pas voulu m'infliger de voir les autres boire. Louable attention mais j'espère quand même que je vais pas continuer à vivre ce genre de trucs sous prétexte que je ne bois plus.

    Aujourd'hui, je suis à 42 jours sans boire (effectif à minuit !). Comme ne plus boire n'est plus ma seule préoccupation du jour, je me suis décidé à perdre du poids, ce que j'avais déjà commencé à la clinique. Régime sévère et beaucoup de sport mais c'est pas toujours payant. Il faut persévérer. Comme j'ai éliminé quasiment toute absorption de sucre, je fais de l'hypothermie c'est à dire que j'ai des étourdissements quand je me lève mais surtout je dors beaucoup comme si mon corps me disait "bon j'en ai marre de ce que tu me fais vivre, j'en ai marre, mode pause". Je suis allé voir le médecin, il m'a prescrit une prise de sang même s'il m'a dit que l'hypothermie ne se voyait pas dans le sang. Mais il y a longtemps que je n'ai pas fait de prise de sang et ça ne mange pas de pain. Et puis le médecin a pris ma tension : 11.7  ! alors qu'historiquement je tourne aux alentours de 14/15. 

    Ce matin, entre deux siestes, j'ai fait un far breton, pas spécialement adapté pour perdre du poids mais j'ai remplacé le sucre par du Stevia. Et bien, ça donne un truc tout aussi bon. C'est un conseil que je donne à tous ceux qui veulent se régaler d'un far tout en faisant un régime. 

    Demain, je fais ma première séance à la salle de sport. Un heure pour commencer, c'est bien. Comme j'ai l'habitude de faire du footing et donc de muscler le bas, je vais essayer de muscler le haut et c'est jamais facile au démarrage. Je demanderai conseil. Et puis la salle de sport, c'est cool parce que tu fais du bien à ton corps et tu fais des rencontres, ce que j'ai cruellement besoin en ce moment. 

    Shako

  • joies de l'écriture inclusive

    A la limite, je ne serais pas contre, si c'était assez simple, déjà pour que ça puisse être suffisamment compréhensible pour nos enfants mais lisez ce texto que j'ai reçu hier soir d'un café littéraire de Lorient où je suis inscrit :

    Bonjour a tou.t.es ! Je vous rappelle que ce soir, c lecture de poésie au commentksé. Venez heureu.se.x, venez nombreu.se.s !

    Passons sur le rappel du port du masque obligatoire (mais ça me surprend pas de la part de ces libertaires que je connais un peu), passons encore plus sur l'absence d'accent grave sur le "a" (mais peut-être que le a grave fait partie aussi des trucs à proscrire parce que étant grave, il a une connotation forcément masculine). Sinon, sur les adjectifs "heureu.se.x" et "nombreu.se.s", ça coule vraiment de source quoi. Comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt !? nombreu.se.s pour nombreux ! Et ce qu'il y a de bien, c'est que pour réparer des centaines d'années d'injustice, on donne une prime à l'accord au féminin. Et par ailleurs où est passé le X de nombreux au pluriel ? Y'a plus ! Disparu ! Si on suit bien le côté inclusif du truc, nombreux a pour pluriel devient nombreu.se.s ! Je sais pas pourquoi mais heureux non. Pourquoi heureux ne devient pas heureu.se.s ? Je suis certain qu'il y a une raison mais je peux pas la chercher, là, j'ai un truc à faire. 

    C'est simple, dans l'inclusif à la mode écolo (je plains les mairies qui sont maintenant dirigées par ces bouffons), le X des adjectifs en X disparaît...mais pas tout le temps. 

    Il y a quelques années, sous Jack Lang à la Culture, on voulait reformer le Français pour qu'il soit plus simple à apprendre pour nos enfants et pour les étrangers...et bien, on y est là...sans décision gouvernementale. Sorti sans doute d'un thing tang écolo réuni au "comptoir du Caviar" place Vendôme. Le Champagne et le Saint-Emilion année 1987 ont dû couler à flots avant que de ce cénacle aboutisse cette ultime étape de la grammaire Française. 

    J'ai hâte de voir les tracts écolos lors de la prochaine élection présidentielle, élection d'ailleurs qu'ils pensent vraiment pouvoir gagner.

    Shako

     

  • Rectification

    Sur demande de l'intéressée et conforment aux directives de l'ARCEP, le comité de rédaction a émis jeudi soir un avis favorable au changement de prénom et de nom de PL par Mathilde de Bouillebec. Le travail de mise à jour se fera rapidement étant donné par ailleurs que le moteur de recherche Google peut mettre plusieurs semaines à prendre en compte le changement. 

    Cette décision a été prise dans un souci de respect et parce que Shako, Sabre et Tam-Tam mentionne dans sa charte que la vie privée de chacun doit être préservée. Nous nous excusons donc et nous redoublerons d'efforts pour que ceci ne ne reproduise plus.

    Le comité de rédaction Shako, Sabre et Tam-Tam, propriété du fonds Qatari FDSi

    Shako, chef de ladite rédaction. 

  • lecture en cours : comédies françaises - Eric Reinhardt

    Le premier fou rire arrive à 6% sur la liseuse. Dimitri tombe raide dingue d'une fille alors qu'il se balade dans les rues de Madrid. Quelques temps plus tard à Paris, il retombe sur cette fille lors d'un spectacle chorégraphique d'Anne Teresa De Keersmaeker (sur une musique de Brian Eno) ! Le hasard ne peut gère aller plus loin. Et puis finalement, il la perd de vue à nouveau dans la salle. 

     

    "Quelle insulte au destin ! Il venait de cracher à la face du hasard en estimant qu''il pouvait rester peinard sur son siège à attendre la suite des festivités - alors même que le hasard avait pris la peine de lui renvoyer son inconnue sur un plateau ! Qu'est ce qu'il s'était imaginé ?! Que le hasard, en plus, allait faire en sorte que la meuf aille l'attendre au bas de l'escalier, et vienne à sa rencontre ?!! Hey, salut Dimitri, c'est moi, ta passante madrilène, c'est le hasard qui m'envoie, tu vas bien ?

  • lecture en cours - comédies françaises - Eric Reinhardt

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    C'est bien, ça commence en Bretagne

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  • le bateau d'Emile...et puis quoi encore !

    DSC01711.JPGDepuis deux jours, il tombe un crachin continu en Bretagne. C'est une météo qui me va très bien.

    Hier (et il est tout à fait inutile que je vous dise quoi, comment et où), je suis tombé sur Mathilde de Bouillebec et ma fille Chloé. Passons sur Chloé qui nous fait un coup de calgon en ce moment  (attention, le calgon ne sert pas à déboucher un évier, je dis ça parce que je me suis fait avoir). A ce moment précis, je crois bien que j'étais la dernière personne que Mathilde de Bouillebec tenait à voir. J'ai voulu lui faire un bisou un peu par provocation mais prétexte Covid elle a refusé alors on est resté à deux mètres trente deux l'un de l'autre. L'ambiance était froide comme un frigo mal réglé. Je lui posé quelques questions d'usage et je voyais bien que ça l'emmerdait de répondre. Elle l'a fait quand même en éructant quelques mots qui sortaient de sa bouche au forceps mais j'avais de la peine tellement je ressentais toute la souffrance qu'il y avait en elle. Que des mots donc, la prochaine fois, ce sera des lettres et je devrai deviner le mot. Ensuite, on passera aux onomatopées. Elle me regardait de biais ou même pas du tout. Hors de question de croiser mon regard !  Quel supplice ce devait être pour elle de répondre aux questions incongrues de son ex mari qui devrait être en prison, là au moins, elle ne tomberait jamais dessus. 

    Dans tout cette triste histoire, j'ai appris je ne sais plus comment que Lola, mon autre fille, faisait un stage de basket à Nantes, chose quand même que j'aurais dû savoir et puis et c'est plus anecdotique que Mathilde de Bouillebec faisait construire une maison, je ne sais où, à Baud peut-être. J'ai bien vu qu'elle était gênée que je sois mis au courant comme si elle voulait me cacher cette information indéfiniment. Je crois plutôt qu'elle avait envie que je crève et que des mouches bourdonnent sur mon ventre putride. 

    Je suis rentré chez moi pas plus énervé que ça. Je me sens plutôt bien en ce moment. C'est ma sœur qui m'a ramené et elle et mes deux nièces sommes montées. Mon appart est tout petit mais tout à fait comme il faut pour une personne seule. Par contre à quatre là dedans, ça fait un peu cagibi. Rozenn et moi avons bu un café pendant que Daphné et Clélie mettaient de l'ambiance dans le vestibule, je suis désolé, c'est le mot qui me vient. 

    Et le soir, je me suis retrouvé seul autour de mes livres et des choses diverses comme les vinyles de Françoiz Breut (il fallait bien que je la place).  

    Par ailleurs, Il faut que je vous dise une chose incroyable. Ma grand-mère paternelle, mémé, qui a été agricultrice toute sa vie et qui n'a été que six ans à l'école pendant lesquelles elle a appris le Français, a écrit en secret, on ne sait trop quand pendant sa retraite sur un cahier d'école toute sa vie et surtout son métier d'agricultrice. Je ne sais pas qui est tombé là-dessus après sa mort en 2013. On a tous trouvé ça incroyable. C'est écrit avec pas mal de fautes mais aussi sans ponctuations, sans retour à la ligne. Brut quoi. Mais qu'importe, la nouvelle a secoué la famille. Et donc, un cousin à la retraite a décidé de publier cet ouvrage en agrémentant le tout de photos légendées si possible, d'anecdotes et aussi d'un arbre généalogique. Je savais qu'il faisait un travail à partir du cahier de mémé mais je ne m'attendais pas à une telle somme. En parcourant ce "carré d'as", c'est ainsi qu'il l'a titré, je me suis souvenu que j'avais fait la même chose quelques années avant mais en évoquant ma famille maternelle et puis évidemment sans le cahier comme mémé avait fait. J'avais publié la chose je ne sais plus comment sur le net et l'ai distribué aux personnes intéressées. J'avais appelé ça "le bateau d'Emile" puisque mon grand-père s'appelait Emile et qu'il n'a jamais fait de bateau (mais en vérité c'est aussi parce que c'est un film avec Lino Ventura) Je m'étais beaucoup renseigné auprès des enfants de mon grand-père, de mon père aussi évidemment et d'autres gens qui l'ont connus. Je crois avoir fait un bon travail mais je n'ai eu strictement aucun retour. Donc, j'en ai déduis que c'était mauvais. Je crois déjà que j'aurais dû choisir le format A4 comme le carnet d'as parce que dans mon bateau d'Emile, tout est trop resserré et donc un peu repoussant  Encore que, je suis en train de le feuilleter là, je trouve ça pas si mal. Je ne comprends pas. L'essentiel est que je suis fier de mon travail même s'il n'avait pas la même ambition que celui de Michel, coutumier de ce genre de bouquin. 

    Comme c'est mon blog et que j'y écris ce que je veux et illustre mes notes comme je veux aussi. Je vais donc mettre la couverture du bateau d'Emile où on voit ma mère sous une espèce de porche d'une ruine en pierre. J'aime beaucoup cette photo que j'ai l'impression de voir sortie d'un film d'Antonioni. Le bateau d'Emile est mon bébé, il n'a plu à personne sauf à moi. Si c'était à refaire, je le referais parce que déjà j'y ai appris beaucoup de choses. Je tiens quand même à dire que Prisca m'a beaucoup aidé pour la mise en forme du bordel.

    Six années plus tard, elle me regarde en chien de faïence devant la maison de mon enfance regrettant plus fort que mourir d'y être venue entreposer des cartons au moment même ou j'y étais avec ma sœur et mes nièces. Entre Rozenn et Mathilde de Bouillebec, ça a toujours été l'entente cordiale. 

    Voilà, je vous ai pas trop gonflé ! Mais qui vous oblige à lire !?

    Shako

  • CR338 - leurs enfants après eux : Nicolas Mathieu

    Quand j'ai suspendu ce blog, je mettais mes comptes rendus sur Facebook. Je vais tranquillement les rapatrier ici. Je remets en premier celui là que ma soeur qui veut connaître mon avis, vient de lire et que je vous conseille. Prix Goncourt  2018

     

    CR338 : leurs enfants après eux (2018) - Nicolas Mathieu
     
    leursenfantsaprèseux.jpgLe prix Goncourt est largement mérité pour ce roman fleuve qui raconte le quotidien de quelques protagonistes dans une petite ville de l'est de la France dont les derniers hauts fourneaux se sont arrêtés il y a peu et qui laisse des milliers de familles dans la précarité et l'obligation de se trouver un avenir. L'action se situe dans les années 90 et est rythmée en fonction des grands moments musicaux et sportifs de la décennie. On suit le quotidien d'une jeunesse plus ou moins défavorisée en manque de repères qui doit se battre par tous les moyens pour s'en sortir. Anthony est sans doute le plus souvent cité et le plus attachant lui dont le père a subi de plein fouet la fermeture de Metalor, qui sombre dans l'alcoolisme et qui divorce. Autour d'Antony qui a 14 ans au début de l'histoire, gravitent toute une jeunesse globalement dans la panade. Le cannabis, les filles, les bastons, l'alcool, les études ou pas, les petits boulots sont le quotidien de Hacine, Steph, Clem, Anthony et les autres, quotidien dont l'équilibre tient beaucoup à l'origine sociale des parents. Anthony-Stéphanie est un peu le couple charnière autour desquels gravitent tous les autres.
    C'est une splendide chronique des années 90 dans une ZUP en reconstruction. Le tout est assez sombrement banal mais la plume de l'auteur est directe, crue et ne passe pas par quatre chemins. C'est du Zola version 1990 sans les descriptions inutiles. Chez Nicolas Mathieu, tout est dit au bon moment et tombe sous le sceau de l'évidence. Ce roman social se termine avec la liesse de la coupe du monde de football 1998, comme une promesse de lendemains meilleurs. On quitte à regret tous ces personnages. Après la vie des parents, vient celle des enfants, leurs enfants après eux, enfants que l'on quitte jeunes adultes avec plein d'interrogations pour la suite…
     
    Lecture : janvier 2019
    sur papier, Actes Sud, 426 pages
    note : 4.5/5
     
    Loïc LT