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Lola

  • affaires de divorce, épisode 3

    Je ne cherche pas à casser Mathilde de Bouillebec. Elle m'a sauvé la vie plusieurs fois et pendant 18 ans elle m'a permis de mettre de côté mes vieux démons, en tout cas de les canaliser dans les eaux troubles du Blavet et même après le divorce (à propos, si voulez divorcer, ne prenez pas celui à l'amiable, c'est le type le plus compliqué qui soit au niveau administratif et ne vous attendez pas à une signature et basta, non, préparez votre stock de cartouches pour stylos plumes), après le divorce donc, elle a continué à m'épauler surtout pour des trajets longs en auto où je n'avais pas d'autres choix à part celui de prendre le taxi. Elle m'a même offert un four il y a trois mois le jour même de ma soi disant sortie définitive de la clinique.

    Et là, je suis sorti une nouvelle fois après trois semaines d'hospitalisation et ça se passe bien mais désormais elle se fout de tout ça, elle n'a plus confiance et c'est définitif comme un texte de loi relatif au budget des finances voté à la majorité par le Sénat et l'Assemblée nationale et de toute façon, c'est l'assemblée nationale qui a le dernier mot. Je vous expliquerai un jour comment faire pour donner un coup de jeune au Sénat. Et j'expliquerai pourquoi ma connerie est semblable à un pull 100% laine qu'on fout au sèche linge. Irrécupérable. 

    Je suis abstinent depuis vingt trois jours, weekends compris (je ne compte pas les jours à la clinique) et je suppose que Mathilde de Bouillebec imagine que je vais rechuter au 83e kilomètre d'une route départementale (référence que seules quelques personnes avisées peuvent comprendre). Elle s'attend à ça à tous moments. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que je prends depuis quelques temps un medoc qui s'appelle Baclofene qui marche sur certains et pas sur d'autres. C'est un médoc qui a pour but de diminuer l'envie de boire. Et bien, sur moi, il fonctionne parfaitement, presque trop même et il y a aussi mon envie, l'envie de ne plus recommencer m'a dit le docteur Labouret, médecin que je voyais sans doute pour la dernière fois. Mon envie est forte comme l'est Vitalie, la mère de Rimbaud "aussi inflexible que 73 administrations à casquettes  de plomb". C'est vrai qu'après chaque rechute, je perds un pion au damier. Une dernière récidive et il ne me restera plus que mon nez pour sniffer. Les jeux seront faits. Je n'aurais plus qu'à adopter un chien, acheter du pinard Saint-Benoit à Monoprix et faire bêtement la manche devant la cathédrale de Vannes que les islamistes ont pour l'instant épargnée des flammes. Je ne prendrai pas le sans contact, pas même la cb, juste des pièces de deux euros et des billets.

    En attendant, Mathilde de Bouillebec a décidé de me faire la gueule...même pas un "ça va?" ou autres petits messages sur Whatsapp où nous avions l'habitude d'échanger. Communication zéro de sa part et du coup de la mienne. Œil pour œil, dent pour dent..Ça date de vingt trois jours aussi, c'est à dire depuis qu'elle m'a ramené de l'hôtel des éclopés. C'est un jeu comme je disais tout à l'heure, mais un jeu dangereux, un jeu de dames ou il faut être deux. 

    Aujourd'hui samedi, je vais faire du shopping avec les filles mais il s'est passé quelque chose d'absolument fou hier soir sur ma messagerie sms. Une sorte de texto-jacking. J'en ai parlé avec Chloé à l'oral et forcément, elle trouvait que je parlais bizarrement, un peu comme si j'avais bu. Je lui ai dit que non évidemment, que je n'avais aucune envie de boire et quand bien même, je ne l'aurais pas fait la veille de cette sortie avec elles parce que même un lampée de whisky te suit à la trace comme un chien de chasse poursuit un gibier. Et bien sûr, ce samedi matin, Chloé va en parler à sa mère et cette dernière va forcément transformer le doute en certitude. Et on va peut-être dans le doute devoir annuler la sortie. Un général est rempli de doute mais c'est à lui seul de prendre la décision de savoir si on continue à tenter de prendre Stalingrad ou si on recule. C'est également ce que dit Sarkozy dans "le temps des tempêtes" dans son dernier essai que je suis en train de lire. La décision finale, on la prend seul dans un bureau où les murs ne parlent pas pour vous aider. 

    J'ai ma conscience pour moi, je n'ai pas bu hier soir. Parce que je n'en ai plus envie comme dit tout à l'heure, parce que je veux garder un lien avec mes filles et puis pour l'anecdote, je me suis acheté un petit carnet ressemblant à un grimoire dans lequel je note consciencieusement tous les soirs ce qui s'est passé dans la journée question alcool et depuis combien de jours ça dure sans boire depuis la sortie de l'hôtel du Golfe.. et bien ce carnet est tellement beau que je n'ai pas envie de l'entacher d'un "rechute".

    Alors ma façon de parler hier soir, je n'en sais rien, j'ai envoyé un message oral à une internaute pour lui raconter toute l'histoire de la veille (ayant comme base, l'antivol du vélo de Lola, qu'on aurait volé sans voler le vélo) et après coup, j'ai demandé à cette expatriée si elle avait trouvé que ma voix était bizarre et elle m'a répondu que non. Chloé me connaissant mieux que Léonor, je me demande si tous les médicaments que je prends ne se transforment pas en une sorte de bouillie qui vient moisir dans mon râtelier surtout en fin de soirée après une journée chargée. Pourtant à part Chloé, personne ne m'en a fait la réflexion. 

    Donc oui, dans le doute, Mathilde de Bouillebec va vouloir protéger ses filles et on verra tout à l'heure ce qu'il en est. Mais Chloé vient de me confirmer à l'instant que c'était d'accord pour la sortie, qu'elle avait compris que mes déboires de hier sont de ceux que seul le net peut inventer tout comme la machine à Gutenberg. 

    Je vous rappelle (même si y'avait des parenthèses) que si vous voulez joyeusement divorcer, n'optez pas pour le divorce à l'amiable, "amiable" étant pour le coup d'une hypocrisie totale. Je ne sais pas quelle formule repas il existe dans les autres formes de divorce, je sais juste que les deux avocats qui ont défendu chacun d'entre nous s'en sont mis plein les poches (oui parce ce que même dans ce type de divorce kafkaïen, il faut un avocat par partie et que ces derniers ne sont pas là pour connaître les goûts culinaires de chacun). D'ailleurs, je dois encore de l'argent au mien. Mais comme je ne sais pas à quoi ça correspond  (comme je n'ai jamais compris à quoi correspondaient les autres chèques), j'attends qu'on m'explique. 

    Je me souviens d'un film de Sautet (une histoire simple) où il était question d'un divorce, sans doute à l'amiable aussi  et un seul rendez vous a été nécessaire. Et Sautet n'est pas du genre à faire dans le surréalisme.

    En attendant, Mathilde de Bouillebec et moi, on se fait la gueule propre depuis la dernière sortie de la clinique il y a trois semaines. Je ne sais pas qui de la poule ou de l’œuf a commencé mais peu importe...on s'est croisé au gala de basket jeudi soir et on s'est fait un salut glacial, tout comme on saluerait une vague connaissance. Un moment, je me suis assis à un mètre d'elle pour voir si une interférence était possible. C'est facile pour moi de vous le dire, j'ai bien senti qu'elle allait me répondre par oui, par un non ou par le fameux "effectivement", adverbe qu'elle utilise couramment mais je n'ai rien fait donc je n'ai pas eu le droit au sensuel "effectivement". J'aurais peut-être dû car je savais que de son côté, cela allait rester silencieux comme la rue Sarasate un jour de confinement. 

    Y'a peu de chance que Mathilde de Bouillebec tombe sur ce blog mais au cas où, elle stopperait son mutisme afin de me dire d’arrêter de laver mon linge sale sur la toile, jusqu'à me menacer peut-être de me  poursuivre en justice. Sauf que je rappelle que sans elle, je serais mort plusieurs fois et donc étant réduit en poussière, je ne pourrais pas perdre mon temps à écrire une note lue par cinq contribuables en blouse rose. Je lui dois d'être encore en vie. Et c'est pour ces dix huit ans de bonheur et pour nos deux filles que je garde l'alliance ce qui peut être sujet à débats. 

    C'est pas la beauté qui se mange en salade.

    Shako

  • esquisse d'une cabine (par Lola)

    Voici la bonne cabine française dans toute sa simplicité et son insignifiance dessinée par ma fille Lola, sans décor autour. Donc, peut-être à compléter, en tout cas c'est un bon début même si les perspectives ne sont pas parfaites. Je l'ai déjà dit, je n'aime pas la cabine anglaise, la cabine irlandaise, la cabine américaine (au fait hier soir, il y avait une série américaine récente dans laquelle les gens appelaient de cabines, étonnant, non ?), la cabine coréenne...J'aime la cabine française parce qu'on ne la remarque pas, elle n'est pas clinquante et ne mange pas de pain. 

    cabine téléphonique, lola , dessin

    Loïc LT