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vie professionelle

  • Souvenir du comptable que je fus (histoire vraie)

    Souvenir du comptable que je fus (histoire vraie).

    Comme la joie de compter semblait croître chez moi à mesure que s'approchait la fin de la période fiscale, mes bilans et analyses financières, chaque fois qu'ils étaient achevés me forçaient à m'interroger sur le sens de ma vie. Et vous n'en connaissez rien, sinon que j'ai fait des erreurs et que j'ai été foutu à la porte. Sans doute, j'ai déconné et la nouvelle génération qui poussait derrière moi était obligée de rattraper les dégâts au moment où les responsables les constatèrent.
    Mais les vieux ressorts ont pourtant toujours leur trempe, le comptable que j'étais et ma secrétaire tînmes jusqu'au bout nos armes fourbies, et pas un seul de mes collègues, parmi ceux qui s'enferment dans leur bureau pour y accomplir leurs œuvres analytiques n'éprouvèrent à mon égard ce sentiment de suffisance professionnel qui fait un drame intellectuel de chacun de leurs bilans comptables. Un de mes collaborateurs, Terborgh était un peu plus âgé que moi et mourut d'un cancer. Mais Robert, le nez dans ses bilans, malgré la nouvelle, ne cessait pas de rire et quoi qu'on en ait dit, sans amertume.
    Les autres ne quittaient pas leur bureau que les meubles vernis emplissaient de lumière blonde. Le désœuvrement vint quand même mais leur bien être s'organisait égoïstement.

    A suivre.

    Souvenir du comptable que je fus (suite)

    Robert était le seul à trouver que la direction avait fait assez le ménage. Il introduisit dans son bureau des clients qui buvaient, qui chantaient, cassaient le matériel informatique et se soulageaient même dans les coins. Et ce n'était pas assez, s'il faut croire ce que j'ai entendu (car j'étais déjà parti). Il se fit réconciliateur. Il aidait les clientes que leurs maris suivaient dans la salle d'attente. Robert braillait, il s'enivrait avec eux, il jouait avec eux aux dés, aux cartes, il n'était plus leur comptable, il était leur ami. Il installait devant la porte de son bureau où s'écroulaient des dossiers, des tréteaux pour la clientèle qui entrait dans le cabinet. Il ne manquait pas d'accourir quand le directeur d'agence, la face tendue, appelait le siège social en hurlant et trépignant à la grande joie de Robert et de certains de ses collaborateurs dont mon amie Martine.
    Ce comptable était probablement un arsouille. Mais il ne perdait jamais la tête et voyait dans les chiffres ce que les autres ne voyaient pas. Il assistait avec ferveur aux réunions d'agence, il savait mieux que quiconque tomber sur deux collaboratrices qui le fuyait quand il était ivre mort. Et le conseiller en patrimoine et le conseiller fiscal ne l'intéressaient pas du tout. Mais jamais Robert ne se fâchait, jamais il ne sermonnait, son indulgence était sans limite...

    A suivre...