Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Milan Kundera

  • CR370 : la plaisanterie - Milan Kundera

    mil.jpgÇa fait quasiment quinze ans que ce blog existe (c'est fou, j'avais 32 ans !) et pendant tout ce temps je n'ai jamais parlé de l'un de mes auteurs préférés, à savoir, Milan Kundera dont j'ai lu tous les romans et récits dans ma vingtaine d'années à part le rideau (qui porte bien son nom car l'auteur n'a rien écrit après. Il a aujourd'hui 92 ans). Cet auteur de premier plan n'a jamais reçu le prix Nobel preuve que cette institution ne vaut pas un coup de cidre (ils ont oublié Philip Roth aussi). 

    La plaisanterie, paru en 1967 est son premier roman et a été écrit en tchèque, l'auteur ne maitrisant pas alors le Français. L'action se déroule en Tchécoslovaquie aux alentours de 1947 alors que le pays vit sous le joug communiste. Alors que le Parti s'est immiscé dans toutes les strates de la société, Ludvik, un jeune universitaire envoie à une amie une lettre humoristique dans laquelle il se moque gentiment du parti communiste. L'amie va le dénoncer et Ludvik va être viré de l'université et être enrôlé dans l'armée où il travaillera dans les mines. Ludvik est le principal personnage mais il n'est pas le seul narrateur, trois de ses amis ont le droit à la parole. Comme toujours chez Kundera, la place des femmes est essentielle en tant que protagonistes essentielles et pour leur pouvoir érotique.

    Je fais vite. On trouve des résumés partout. Je me souviens, il y a 25 ans, quand j'avais lu les Kundera (avec une préférence pour l'insoutenable légèreté de l'être), je m'étais fait une réflexion que je fais toujours aujourd'hui. Les héros de Kundera, membres du parti communiste et puis exclus et envoyés aux travaux forcés restent fidèles au communisme. Ainsi dans la plaisanterie, les sociétés capitalistes ne sont jamais évoquées...il ne vient à l'idée de personne qu'il puisse exister autre chose que le communisme. 

    Ce que j'aime le moins chez les Kundera, c'est l'importance qu'il donne à la musique, les folklore locaux ou les chants du parti. Par contre, il fait partie des auteurs qui décrivent les scènes érotiques avec le plus d'acuité. 

    Le style est assez dépouillé surtout après que l'auteur devenu francophile ait retiré, horrifié, toutes les métaphores inutiles. 

    A noter que Kundera fait partie des rares auteurs à avoir été publié dans la collection la Pléiade (que je possède) de son vivant. Moi, à sa place, ça me ferait presque peur. Faire rentrer un écrivain dans cette collection, n'est-ce pas un peu l'enterrer ?

     

    la plaisanterie, lecture en avril 2021 sur papier, NRF, Gallimard, 395 pages