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Julie Schittly

  • les romans de la vie #24 - Karine G

    juste.jpgJ'ai connu Karine G dans un hôtel pas loin du Golfe du Morbihan. Comme elle et moi étions amenés à rester quelques temps dans l'établissement, on a fini par faire connaissance et on allait faire des footings, moi pour perdre du poids, elle pour garder la forme. Et puis, il a fallu partir et évidemment, on est devenus amis sur facebook. Et ce soir ou hier, je me rappelle plus, je lui ai demandé de faire cette fameuse liste de dix livres. Comme elle ne lit que des polars, elle était un peu réticente au début mais je lui ai dit peu importe que ce soit des polars. J'ai pas interdit de mettre des polars dans les listes. A ce propos, je m'étonne de ne pas avoir encore vu les dix petits nègres. Il y a quelques temps, une idée m'est venue à propos de ce roman. J'abrège. Les gens meurent les uns après les autres mais ça n'empêche pas les survivants de regagner seuls leur chambre le soir. La logique voudrait qu'ils restent tous aux aguets dans le salon. Mais non, il faut qu'il regagnent leur chambre la fleur au fusil. Oui mais sans ça, le roman aurait été impossible. Il faut donc suspendre son incrédulité comme disait Sharon Stones dans Basic Instinct, le seul film qu'elle ait fait dans sa carrière.

    De toute façon, je ne sais pas pourquoi je vous parle de ça puisque Karine n'a pas mis  les dix petits nègres dans sa liste. Elle a dû se creuser les méninges pour arriver à dix mais elle y est arrivée. Dans sa liste, il y a juste une ombre de Karine Giebel, un polar de haute voltige, le polar absolu sans artifices. Je vous le conseille fortement. Il faudrait que j'en parle à Julie Schittly qui a encore commis un bel article aujourd'hui. Elle ira loin cette fille, c'est moi qui vous le dis.

     

    ps : il n'y a pas erreur, celle qui m'a donné cette liste s'appelle bien Karine G...comme l'auteur du roman

     

     

    l'âme du monde - Frédéric Lenoir

    les quatre accords tolteques - Don Miguel Ruiz

    ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une - Raphaëlle  Giordano

    la fille du train - Paul Hawkins

    le jeu de l'amour et de la perfection - Nathalie Bridonneau

    juste une ombre - Karine Giebel

    da Vinci Code - Dan Brown

    Ensemble, c'est tout, Anna Gavalda

    les yeux jaunes du crocodile - Katherine Pancol

    les hommes viennent de mars et les femmes de Vénus - John Grey

  • les romans de la vie #17 - Alan S

    alan2.jpgEn 1995, j'étais sous les drapeaux dans la prestigieuse école de ST-Cyr Coetiquidan. J'étais si près de chez moi que je rentrais parfois le soir avec mon AX Kway qui a bien servi lorsque le soir, on  allait en piste à Rennes. Peu avait de voitures. A part  Alan S, je ne me souviens d'aucun nom des autres soldats. Sans vouloir me vanter, lui et moi, étions les intellos de la compagnie. On était bien ensemble. Après l'armée, je croyais l'avoir perdu de vue et miracle de facebook, on s'est retrouvé récemment et miracle tout court, quelques jours plus tard, il me voir faire mon footing sur le port de Vannes ( il habite à Vannes) ! 

    J'aimerais bien aller boire un verre avec lui. J'aimerais bien savoir s'il connait Françoiz Breut et Julie Schittly. Je ne me souviens plus des conversations qu'on avait. On n'était pas fondamentalement anti-militaristes. On avait tous les deux des bureaux de bureaucrates tellement peinards qu'on n'avait vraiment pas à se plaindre. Bon, mais j'étais son supérieur puisque j'étais caporal chef. Les caporaux, 1er et 2nde classes avaient intérêt à se tenir à carreau ! Pendant mon service, j'ai pour la première fois tout lu Proust. Les autres me prenaient pour un cinglé. 

    C'est pendant notre service militaire que Jacques Chirac, nouvellement élu président de la république  a annoncé la fin du SN. On s'est mis à balancer des chefs et égorger le seul officier qui était là. On a mis sa tête sous le drapeau qu'on levait le matin lors du rapport mais il y a eu non lieu. Heureusement, le capitaine n'a rien vu. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce. 

    Aujourd'hui, Alan fait des tableaux bizarres que j'aurais du mal à qualifier. Je ne sais pas s'il en vit, c'est pourquoi, j'ai envie qu''on se voit Alan ! Moi, je te montrerai mes alexandrins !

     

    Voici sa liste

     

    Dracula - Bram Stoker

    la nuit des temps - Barjavel

    le livre de sable - Jorge Luis Borges

    fictions - Jorge Luis Borges

    la planète des singes - Pierre Boule

    Ubik - K.Dick

    le soleil et l'acier - Yukio Mishima

    Voir - Castaneda*

    Les Tarahumaras - Antonin Artaud

    le mariage du ciel et de la Terre - William Blake

    * pas trouvé sa page wikipedia ?

  • CR365 : frappez sans entrer - John Godey (Gallimard, série noire)

     

    frappezsansenrter.jpg

    Ce sont des fans de Godard qui m'ont affirmé que le Série Noire posé sur les fesses de Brigitte Bardot dans "le mépris" était "frappez sans entrer" de John Godey. Au fait, avant de venir sur ce blog, vous avez frappé ? Et est-ce que je vous ai laissé entrer ? Je crois pas, non, mais maintenant que vous êtes là, que vous vous appeliez Françoiz Breut ou Julie Schittly, vous pouvez rester. Je vous paie un café. Je suis sûr que vous allez bien vous entendre. De toute façon, ça ne va pas durer longtemps. Ce polar sorti en 1961 ne présente pas beaucoup d'intérêt et c'est sans doute pour ça que Camille n'a pas le nez dedans. Mais connaissant Godard, le choix de ce livre n'est pas un hasard....ou peut-être. Je suis bien le seul à me poser ce genre de question. Lui-même ne doit plus savoir d'ailleurs. Sinon, je ne comprends pas en quoi ce titre a un rapport avec le polar dans lequel les gens frappent et attendent qu'on les ouvre. 

    875816060.jpgL'histoire est assez simple. Dans un quartier résidentiel d'une quelconque ville américaine (qui n'a pas encore trouvé son clown), une jeune fille qui s'appelle Lola Paris se fait buter par une voiture et se retrouve entre la vie et la mort à l'hôpital. Une enquête est évidemment menée. Une dizaine de flics sont sur l'affaire que des journalistes importunent sans cesse. On vérifie la carrosserie des voitures des habitants du quartier mais on ne trouve rien de probant. C'est assez simple, non ? Je me demande si ça vaut vraiment un roman. 

    J'ai lu les 186 pages très vite. La traduction de Jean Rosenthal est très bonne car ça se lit bien. Quand on arrive à la page 101, on tourne  et on se retrouve comme par magie à la page 102 ! A force de lire sur liseuse, j'ai fini par perdre l'habitude de choses élémentaires. Si un jour, vous allez à la plage de Kerhillio et que vous ne savez pas que lire, passez chez moi, j'habite quelque part à côté d'un arrêt de bus. Vous trouverez facilement. Vous verrez l'aile avant droite de ma voiture est bousillée et couverte de sang.

    John Godey dispose d'une page Wikipedia. 

    lecture le 12/11/2020, parution : 1961. Note 5/5 (mais juste pour les fesses de BB)

    Shako

     

  • Eric Rohmer : conte d'hiver (1992)

    contedivers3.jpgJe croyais avoir vu les quatre contes de Rohmer et bien non en fait, je n'avais pas vu celui-là. Je l'avais sur mon disque dur pourtant mais qu'importe. Eric Rohmer est à part dans le cinéma Français mais je ne sais pas trop vous expliquer pourquoi mais je vais essayer quand même avec les moyens du bord. Il n'y a pas d'action, pas de musique, juste des acteurs (inconnus pour la plupart) qui ont la vingtaine d'années et qui sont issus de la petite bourgeoisie parisienne. Jamais il n'est question d'argent, jamais il n'y a de disputes. Les scènes se passent en intérieur ou en extérieur et le tout est d'un réalisme absolu à tel point qu'on peut se dire que vos vies comme la mienne valent bien un film. 

    Ma comparaison est douteuse mais j'ai envie de vous dire que c'est un Jules et Jim à trois. Au début du film, on voit un couple sur une plage. La fille (Félicie) est nue et le type avec elle s'appelle Charles. C'est un amour de vacances qui finit au lit dans lequel ils conçoivent une fille qui s'appellera Elise, actrice de cinq ou six ans qui sera épatante tout le long du film. Oui, parce que peu après le début du film, on nous annonce "cinq ans après". Félicie a perdu Charles de vue à cause d'un problème d'adresse. 

    Jusque-là, ça va ? Bon Félicie croyant avoir définitivement perdu Charles "refait sa vie" (que je déteste cette expression) avec un intellectuel intitulé Loïc. Il est beaucoup question de Victor Hugo, de Pascal et de Platon mais Félicie a du mal à le suivre. Elle est coiffeuse et sort aussi avec son patron, Maxence qui décide d'ouvrir un salon à Nevers, ville  traversée, comme chacun sait par la Loire, ville d'ailleurs ou ni Françoiz Breut ni Julie Schittly ne sont allées car à part pour des raisons professionnelles, il n'y a pas trop de raison d'y aller. Petite anicroche : lors d'une dispute, Félicie bouscule vaguement Maxence mais ce dernier ne va pas chercher son fusil pour l'abattre. Cette cruche de Félicie (aussiiii) demande un moment à Maxence quel est ce fleuve qui traverse la ville. Hou là. Que ce soit avec Loïc ou avec Maxence, ça discute beaucoup, ça tergiverse, ça se pose des questions, ça fait dans l'introspection ce qui est la marque de fabrique du cinéma de Eric Rohmer. Ça ne ressemble à aucun autre film et si ça avait été réalisé dans les années 60, on l'aurait classé dans la nouvelle vague. 

    Je ne vous dis pas la fin (parce que je sais que suite à cette note dithyrambique, vous allez vous précipiter chez votre garagiste pour lui emprunter le dvd (oui, parce que, les garagistes sont friands de Rohmer alors même qu'évidemment aucune voiture ne tombe en panne dans ce film). C'est impossible car cela aurait créé comme un hiatus. Il n'y a aucun élément matériel qui vient perturber les acteurs. A la limite, ça pourrait faire une pièce de théâtre. Le film est plus complexe que je vous le décris mais en bts comptabilité, on n'a pas étudié le cinéma de Eric Rohmer qui est décédé en 2010 avant d'être réincarné en crapaud (je ne dis pas ça pour faire mon malin mais parce qu'il est beaucoup de réincarnation dans ce film). 

    Shako

  • CR359 : Comédies Françaises - Eric Reinhardt

    ERTEC.jpgJ'ai lu les critiques dithyrambiques de Télérama (dont il est un peu l'auteur-maison), du Libération d'aujourd'hui et de Lire Magazine et un autre mais je me souviens plus lequel alors, moi petit ouvrier de province, je me trouve bien mal pour apporter la contradiction. Commençons par les points positifs, les photos de l'écrivain de chaque magazine....et bien c'est celle de Lire avec son complet de chez Smalto qui me plait le plus. Dans les autres, on le voit entièrement avec sa chemise dans son pantalon et moi j'aime pas les chemises dans les pantalons, même lors de mon mariage avec Mathilde de Bouillebec, j'ai pas mis ! Je ne sais plus si Mathilde m'y a forcé...bref, on le voit sur les photos. Donc, celle là, j'aime beaucoup ce gros plan d'un type bien conservé pour ses 55 ans.

    Dans cette comédie française, le personnage principal est Dimitri, un type de 27 ans qui fait différents boulots pour finir à l'AFP. Il lui arrive quelque chose d'incroyable. En balade à Madrid, il croise une femme qui lui plait beaucoup...et il la croise à nouveau dans un théâtre à Paris et pour enfoncer le clou dans un café parisien je ne sais plus où. Pour lui, c'est impensable. Comme un coup de dé jamais n'abolira le hasard, Dimitri est persuadé que le hasard a bon dos, que ces trois rencontres ont un sens. C'est la partie du roman que j'ai le plus appréciée. 

    277138580.jpgA une moindre échelle, il m'est arrivé la même chose en Irlande dans la ville de Galway. Un matin, les rues étaient noires de monde et au loin je sélectionne une jolie fille, un peu trop fardée peut être mais avec un joli visage et une cicatrice sur le front très sensuelle. Je la prends en photo et malgré la foule, elle me voit et ça n'a pas l'air de lui plaire. Et dans l'après midi, dans une rue toute aussi noire de monde  mais assez loin de la première, je la recroise, et je la reprends en photo. J'étais bouleversé par ce hasard incroyable et pourtant c'était bien loin de celui vécu par Dimitri. Ce dernier un peu fouille merde après avoir étudié une histoire concernant deux artistes français et américains change de sujet et se décide à en savoir plus sur la naissance d'internet. Il a une longue discussion avec Louis Pouzin ( inventeur du datagramme et donc d'internet) pour savoir  pourquoi il a été bloqué dans son invention par le  puissant chef d'entreprise Antoine Roux qui met fin à ses recherches après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing (qui est toujours vivant, je le rappelle). J'ai trouvé que cette longue discussion très technique ressemblait plutôt à un article de Wikipedia. Mais why not. Dimitri, homme de gauche (comme l'écrivain...qui n'a d'ailleurs pas encore signé l'appel de Laurent Joffrin -) et donc pas tendre avec le capitalisme à la Française où les politiques, lobbyistes, chefs d'entreprise sont de mèche pour décider si tel projet doit être abandonné ou pas, paradoxalement encense les Américains qui ne s'arrêtent pas à ces considérations et où le libéralisme est en roue libre et puis finalement s'approprient les travaux des experts Français pour s'attribuer la création d'internet.  Make America Great Again !

    3299260496.jpgIl y a du Michel Houellebecq et du Philippe Djian dans ce roman. J'aurais aimé que l'auteur s'arrête un peu sur le personnage de Dimitri, bisexuel passablement cinglé. Dès le début du roman se pose le faire part de son décès dans un accident de voiture en Bretagne où lui et sa compagne sont venus sur les traces de Antoine Roux, décédé et dont la fille habite la maison .Dans ce roman qui n'est pas à tiroir comme j'ai pu le lire, le romantisme s’accommode fort bien de la critique du capitalisme, un peu comme dans le système Victoria. Eric Reinhardt croit encore qu'il y  a une droite et une gauche mais ce concept est terminé.  Mais il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il s'agit de défoncer le capitalisme. Je pense donc que Valeurs actuelles et le Figaro ont complètement zappé ce sympathique bobo de gauche. En tout cas, je le conseille fortement à mon amie Julie Schittly

    Voilà, je ne suis pas Nathalie Crom mais je suis un fidèle de cet écrivain. Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Et n'oubliez pas : “On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs.” (E.Cioran)

    Shako

    lecture sur kindle, août 2020

    Parution : 20 août 2020

    Gallimard
    note 3.5/5