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le train Vannes-Lisbonne



Hello again it's me !

Il y a combien de temps, je ne sais pas, pas l'été dernier c'est sûr car l'été 2019, j'avais sombré dans les décombres de l'humanité, alors, en automne peut être. Oh, je pourrais savoir, il suffirait de remonter le fil de discussion jusqu'au jour 1 mais je vais pas le faire ce n'est pas important. Je me souviens par contre comment nous sommes entrés en contact et ça me semble bizarre, c'est comme si le destin voulait que nous nous rencontrions. Nous faisons tous les deux partie du groupe consacré à Dominique A ( depuis, j'ai été viré) et un jour j'ai annoncé que je disposais d'un cd de morceaux inédits uniquement donnés à ceux qui achetaient un vinyle. Le vinyle en question devait être toute latitude et la connaissant aujourd'hui elle ne devait aimer aucun titre de cet album pas plus que l'album d'après. Et par ailleurs, je ne suis pas certain que comme moi, elle utilise encore le support cd.

Donc elle prend contact avec moi en privé via Messager concernant ce cd inédit mais très vite on n'en a plus parlé. Pendant des mois, on a dit tout de nous mais surtout de moi qu'elle d'elle. Elle a toujours gardé une certaine pudeur concernant sa vie personnelle et je respectais ses choix. Parfois quand même j'avais l'impression d'avoir servi d'exutoire aux déboires et pas des moindres qu'elle avait à subir. Mais c'était une fierté pour moi. Elle aussi a eu à supporter mes propos exaltants et ma joie de vivre. A la différence d'elle, je me mets beaucoup en scène, physiquement (déjà parce que je fais des vidéos) alors que je ne sais rien d'elle et je ne demande pas à le savoir.

Il y a eu quand même un problème. Lorsqu'on a pris contact la première fois, pensant que ce serait une discussion sans lendemain, j'ai raconté pas mal de conneries et nos discussions perdurant, je me suis englué dans des mensonges et au bout d'un moment j'avais du mal à me dépêtrer alors j'ai décidé, advienne que pourra, de lui dire toute la vérité. Elle ne l'a pas mal pris et nos discussions ont continué et moi j'étais quand même délesté d'un poids.

Beaucoup de choses nous séparent, je dirais presque tout même. Musicalement, elle est plus rock que moi et l'album de Dominique A qu'elle préfère est celui que j'aime le moins (Remué), elle a un travail indépendant et moi suis salarié. Son travail lui prend beaucoup de temps et entre nos discussions, elle bosse dans ses traductions franco-portugaises jusqu'au bout de la nuit. Beaucoup d'elle reste un mystère et c'est ce qu'elle cherche inconsciemment. Par petites doses, elle me dévoile pourtant des petites choses de sa vie privée mais il faudrait que je remonte le fil pour toute noter et donner une cohérence à tout ça. Elle par contre n'a aucun problème de mémoire et elle sait me ressortir un détail que j'ai dit deux mois auparavant. Bientôt elle me servira d'agenda. En Français plutôt qu'en Portugais.

Politiquement, bien que nous soyons tous les deux de droite, beaucoup de choses nous séparent mais je n'ai pas envie de rentrer sur ce terrain-là. A chaque fois, on se fâche.

Évidemment aussi, la géographie nous sépare. Vivre à Lisbonne n'est pas vivre à Vannes. Les deux villes font partie de l'Union Européenne, disposent de la même monnaie...et puis c'est tout.

Nous avons divorcé tous les deux, ça pourrait être un point commun mais la façon dont ça s'est passé de son côté et de la mienne est complètement différente. J'ai deux filles adolescentes et elle a un garçon de onze ans qui entre dans l'adolescence et c'est un peu compliqué. Là aussi, il y a un décalage.

J'ai pas envie de m'étaler sur les points communs parce qu'ils concernent à peu près tout le reste. Quand même culturellement, nous sommes fans du cinéma de Eric Rohmer et des livres de Milan Kundera et ce n'est pas rien. Malheureusement, elle n'aime pas Daho. J'ai bien essayé pourtant mais non ! Je ne sais pas si elle est fan de Basia.

Comment de pas parler de Françoiz Breut ? J'ai crée un groupe sur cette chanteuse dont elle est co-administratrice. Comme Dominique A, il y a plus de choses qu'elle n'aime pas que de choses qu'elle aime. En tout cas, ce qu'elle n'aime pas, c'est tout son travail artistique autre que la chanson.

Pour le reste, prenez votre pelle et votre pioche et essayez de vous dépatouiller.

J'avais tendance et j'ai toujours tendance à lui déballer les moindres faits et gestes de ma vie quotidienne et elle me donne des conseils. Aujourd'hui, on pourrait dire qu'elle est mon coach. Je me dis souvent que j'en dis trop...à quoi bon lui dire ceci ou cela, lui montrer un t-shirt que je suis en train d'essayer dans une cabine et c'est quelques chose qui me gêne de plus en plus mais d'un autre côté, soit ça ne l'embête pas soit elle n'a jamais eu la franchise de me le dire. Mais comme nous sommes tous les deux des solitaires assumés, avoir des détails sans importance d'un pauvre type habitant au fin fond de la France ne la désintéresse peut être pas. D'ailleurs, elle pose beaucoup de questions sur moi. C'est donc qu'elle veut savoir.

Elle est Française et fière de l'être. Elle me parle plus de notre beau pays que du Portugal. Je ne sais même pas comment elle a atterri là bas mais tant qu'elle ne me l'aura pas dit je ne lui demanderai rien.

Il est arrivé que nous discussions durent jusque très tard dans la nuit mais c'est moins le cas aujourd'hui. Pas qu'elle ne m'intéresse plus mais physiquement mais j'ai du mal à suivre. J'ai besoin de dormir ! Elle, je crois qu'elle se lève tard. Une nuit, nous avons discuté très tard si bien que je n'ai pas jugé utile d'aller me coucher.

Parfois quand on discute, elle peut tout interrompre sans rien dire et revenir deux heures plus tard.

Détail d'importance c'est la dernière personne au monde à utiliser un smarphone fonctionne sous Windows.Phone.

Voilà, j'écoute Basia, une chanteuse dans le genre de Sade mais en mieux, qu'on a peu trop oublié mais qui s'accommode aussi bien des petits matins que des fin fonds de la nuit. Quand j'ai commencé cette note, j'ai pensé qu'il y avait beaucoup de choses à dire mais justement, il y en a tellement que j'ai dû en laisser sur le bord de la route.

Et puis, c'est peut-être pas plus mal. Les cinq lecteurs qui liront cette note ne m'en voudront pas.

Loïc LT

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