Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2018 / Comment je me suis fait kidnapper pour la première fois de ma vie.

Évoquer sa vie personnelle sur son blog...je l'ai fait par le passé mais toujours pour le bon côté des choses. Et puis, y'a un blog tenu par une personne dont je tairai le nom mais qui se reconnaîtra et qui m'a donné envie de m'y remettre. Ecrire, c'est une thérapie, façon de soulager des choses désagréables par des mots qui forment des phrases qui elles mêmes forment un tout cohérent.  Et si j'écris beaucoup (sorte d'autobiographie en cours), ce n'est pour l'instant jamais pour les autres mais pour le mien. Alors, allons-y.

En 2018, je me suis retrouvé dans un hôpital psychiatrique du Havre. Hôpital Janet. Comment et pourquoi, je vais vous l'expliquer de la façon la plus objective possible.

Un jour, alors que venant de Bretagne, j'avais débarqué chez ma sœur en Haute Normandie le matin et dans un sale état, dans l’après midi, elle m'a proposé gentiment de boire un café dans son salon. Je sentais bien quelque chose de louche tant elle ne savait plus que faire de moi et puis de se retrouver autour d'un café comme si de rien n'était me semblait étrange mais pas suffisant pour deviner ce qui m'attendait. Si je pouvais revenir sur le passé, je me serais douté de quelque chose et notamment qu'il y avait un véhicule de pompier garé et caché près de la maison ou je ne sais où.... pour pas que je le vois auquel cas, alors j'aurais continué mon chemin jusque très tard, les pompiers n'allaient pas rester glander toute la journée. J'ai vraiment été trop con sur cette affaire-là et je m'en voudrais toute ma vie de cette naïveté. Je pense même que je serais retourné chez moi, sans mes bagages ni ma trompette mais mais c'est une raison dérisoire bien que je tiens à mon tambour. 

Et donc je buvais mon café tranquillement quand ont débarqué à gauche et à droite de la pièce deux pompiers tout de jaune vêtus et quelques minutes plus tard, j'étais dans le camion citerne, destination inconnue.

Pour être complètement honnête, j'étais arrivé le matin même chez ma sœur et mon beau-frère (sans y avoir été invité) et j'étais saoul (mais pas dépendant à l'alcool car je sortais de deux mois de clinique pendant lesquels je n'avais pas bu une goutte évidemment). Mais j'ai débarqué chez elle sérieusement alcoolisé. Peu après mon arrivée, sachant que je n'étais pas trop le bienvenu, je suis allé me promener au bord de la Seine, endroit où par connaissance fraternelle, elle n'a pas tardé à me retrouver. Quand je l'ai vu arriver, je ne lui ai pas laissé le temps de sortir de son Cactus (je n'ai jamais compris comment des écolos de bazar puissent acheter un tel véhicule) et je me suis barré. Je pense alors qu'elle est rentrée chez elle et qu'elle s'est arrangée avec les pompiers pour qu'ils viennent et pour que le camion benne soit caché.

Rentré de ma promenade et n'ayant pas eu le temps de boire son putain de café  (bio sans doute donc dégueu-), je me suis donc retrouvé dans le camion poubelle et j'ai été admis à l'hôpital Janet qui n'avait rien à envier à une prison. Confiscation du portable pendant tout le séjour (mais ça, on s'y fait), interdiction de sortie, chambres doubles voire certaines triples et puis j'ai vu des choses dans ce lieu totalement hallucinantes : "Des couples" qui faisaient l'amour dans les couloirs, des types qui se faisaient sucer...et les infirmières passaient devant tout ça sans rien dire. Vous comprenez que j'appréhendais d'aller dans les douches collectives, d'ailleurs en trois semaines, j'ai dû me laver que deux ou trois fois tellement j'avais la frousse de ce que vous savez et si ça s'était passé,  je savais que les infirmières ou les aides soignantes me rigoleraient au nez. 

Parlons des infirmières. Ayant passé deux mois à la clinique du Golfe près de Vannes, je m'étais habitué à des infirmières bienveillantes qui venaient souvent discuter avec les patients, parfois une heure s'il fallait ou plus. Quant au psychiatre, il venait nous voir tous les jours.  A Janet, rien de tout cela. Je n'ai pas discuté avec une infirmière une seule fois (puisqu'elles étaient tout le temps fourrées dans l’infirmerie à s'amuser et à se moquer sans doute des patients) et se foutaient pas mal de nous sauf quand l'un d'entre nous pétait les plombs, ce qui arrivait régulièrement évidemment, tant nous étions traités comme des truies dans une porcherie. Et je n'ai vu que deux fois le psychiatre en trois semaines et lors de la seconde (ma sœur présente ?), le sujet principal était de savoir comment j'allais être rapatrié dans le Morbihan quand bien même ma Polo m'attendait. (c'est vrai que ce côté pratique était du ressort d'un psychiatre, je me marre). En tout cas je ne sais pas comment j'ai fait, si j'ai joué un sale tour à ma sœur ou quoi mais je suis quand même rentré avec ma voiture encore sous le choc de ce que j'avais vécu pendant presqu'un mois.

Ce dont je lui en veux en plus (notez que je ne dis ni son prénom, ni son nom, ni son salaire, ni si elle connaît la physique quantique, ni le bourg où elle habite, elle ne peut pas me reprocher ça), c'est qu'elle n'est venue me voir qu'une seule fois et juste pour une histoire de linge à laver...et pour rester discuter quelques minutes et basta. Je lui avais clairement fait comprendre je crois que cet hôpital était un enfer mais elle n'a pas bronché. . Elle avait l'air de s'en foutre (un mal pour un bien devait-elle penser) et elle se serait bien passée de s'occuper de mon linge, ce que j'ai obtenu par insistance ( peut-être qu'elle est venue deux fois, une pour récupérer mon linge sale et l'autre pour revenir avec le linge propre mais ces visites logistiques ne duraient que quelques minutes). 

Voilà ce que j'ai vécu (sans doute les semaines les plus atroces de ma vie), j'aurais dû faire une psychanalyse après (comme les soldats Américains en rentrant de conflits ) et pourtant je ne suis pas de nature à être rancunier. Mais il y a des limites. D'habitude, éducation chrétienne oblige, j'ai tendance à tendre l'autre joue. Mais depuis mes trois semaines d'incarcération, chaque fois que j'entends le mot "le Havre", j'ai envie de vomir. Le pire est que quelques mois plus tard, elle a osé me faire visiter cette foutue ville (qui fait rêver tout le monde, hein -) détruite pendant la guerre par les alliés (comme beaucoup de villes normandes) et qu'un architecte nommé Auguste Perret (sans doute un disciple de Le Corbusier) avait reconstruit privilégiant le côté pratique mais clairement pas le côté esthétique. Y'a des gens qui n'ont honte de rien mais il faut se replacer dans le contexte. 

Bref, ce dernier point n'est pas si important. Juste savoir que je suis sorti de l'hôpital plus mal que j'y suis rentré, ce qui doit être le cas pour la plupart des patients (dont la plupart ne semblaient souffrir d'aucune pathologie, à part celle de trouver l'occasion d'enculer des pov'types, excusez moi, je m’énerve mais en plus c'était ça) mais j'ai eu de la chance d'échapper préférant éviter ça et puer. 

J'ai oublié de dire une chose ou je ne l'ai dit que trop brièvement. J'étais en état d'ébriété en arrivant chez ma sœur mais pas au point de suivre une cure. Quand on n'a pas bu depuis deux mois, boire cinq ou six bières ne crée par une dépendance. Et je ne sais plus ce qu'on a fait de moi quand je suis arrivé dans cet hôpital maudit. Le psychiatre a-t-il appelé celui qui me suivait à la clinique (dr Labouret) ? Sans doute que non car si ça avait été le cas, j'aurais été éjecté de Janet dans les 24 heures. C'est une évidence. Heureusement qu'on ne place pas en psychiatrie tous ceux qui prennent une cuite ponctuelle. 

J'ai hésité à partager cette note sur Facebook (mais Fb donne plus de visibilité donc oui) et je vais signer par mon vrai prénom, Shako étant réservé aux choses agréables et culturelles. En tout cas, même si je pense qu'elle ne va pas m'appeler mais au cas où je préfère l'avoir elle plutôt que son mari (comme elle le fait souvent quand il s'agit de traiter de sujets délicats), non que j'aie quelque chose contre lui, bien au contraire, mais je pense que c'est une affaire entre elle et moi. 

Du coup, chaque fois que j'entends "vers le bleu" de Dominique A, ça me ramène à tout ça mais à l'envers car il m'arrive parfois de penser que ma frangine qui a cru bien faire (j'espère) n'avait aucunement envie de me ramener vers le bleu. Elle dira "non" bien sûr en plus elle ose dire qu'elle n'ira vraiment bien que si je vais bien...après ce qu'elle m'a fait vivre au Havre, je trouve ça indécent. Mais en ce moment, expérience devant le juge étant, j'ai remarqué que j'étais gonflé à bloc. 

Ma rancune ne durera pas longtemps car ce n'est pas ma nature. J'oublie très vite, j'évacue.  Alors, j'en profite en attendant de retrouver mon état "j'aime tout le monde". 

Loïc LT

Commentaires

  • Essaie pour une fois de te mettre à la place de l'autre. Imagines-tu ce que ça a pu être inquiétant pour ta sœur de te voir débarquer, sans prévenir, complètement alcoolisé ? A-t-elle des enfants pour lesquels elle a pu craindre des réactions incontrôlées de ta part ? Cela ne va pas te plaire, mais elle a eu la bonne réaction. Appeler les pompiers pour ne pas te laisser repartir dans l'état dans lequel tu étais, c'est courageux, elle devait savoir que ça te ne plairait pas. Ce n'est pas de sa faute si tu t'es retrouvé en HO en hôpital psy, c'est bien la tienne. Regarde les choses avec un peu plus d'objectivité, et remercie ta sœur qui t'a peut-être évité des conséquences plus graves ce jour là.

  • Si ma sœur avait su comment ça se passait dans cet hôpital, elle m'aurait fait sortir tout de suite.
    Je crois que les gens ne réalisent pas ce que j'ai vu.
    J'y ai vu et subi la fange de la nature humaine.
    J'en suis sorti complètement abattu, hagard, complètement défait.

Écrire un commentaire

Optionnel