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2021

  • le bateau ivre (Arthur Rimbaud), 14 04 2021, huitième tentative

    C'est de la récitation brute. Maintenant que le poème est acquis ou presque, il ne s'agit plus de réciter mais de jouer. 


                                   

     

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  • la chapelle près de chez moi

    J'ai fait le tour de la chapelle
    Cherchant en vain quelque ouverture
    Mais il se dit que peut être elle
    Est fermée depuis Balladur.
     

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    J'ai poussé très fort sur les portes
    Mais malgré des bois dégradés
    J'ai dû renoncer mais qu'importe
    Je reviendrai bien outillé.
     
    Depuis combien de temps quiconque
    N'a mis les pieds dans l'édifice
    Pensais-je assis et d'humeur sombre
    Sur l'escalier aux pierres lisses
     
    Pourtant jadis, l'on y donnait
    La messe et tout tous les dimanches
    Et les paysans du coin venaient
    Honorer cette maison Blanche.
     
    Parfois des couples de Locoal
    S'échangeaient les vœux opportuns
    Ou bien parfois car c'est normal
    l'Office honorait un défunt.
     
    Je fais le tour du bâtiment
    Coincé au milieu des chaumières,
    Devant lequel, passent des gens
    S'en foutant comme de Voltaire.
     
    Mais voici que derrière un saule
    Je vois un panneau dont l'étude
    Me dit qu'elle a pour nom Saint Goal
    Le patron des gardiens de but.
     

    Screenshot_2021-04-12-07-24-10-263_com.miui.gallery.jpg

     
    Et sur cette trouvaille qui
    M'importait peu je dois l'admettre
    J'ai regagné là où j'écris
    Des rimes sur des kilomètres.
     
    le 11.04.2021
     
    trouvé ceci :
     
    Saint Goal
    Ermite breton (7ème s.)
    ou Gudgual. Ermite breton qui se retira dans une petite île de la rivière d'Etel près de Lorient. Plus tard, il se retira à Camors où il fonda, avec ses disciples, un petit couvent où il vécut paisiblement jusqu'à sa mort. Plusieurs paroisses du Morbihan l'ont choisi comme saint titulaire de leur église et une des pointes de l'île de Tudy dans le Finistère porte son nom.
    Dates de Fête : 2 février, Fête Locale
  • CR371 - Maigret - Georges Simenon

    DSC02178.JPGJe dispose d'une petite collection de Maigret que j'achète pour trois francs six sous dans des magasins de livres d'occasion, des brocantes ou des vide greniers (j'ai vérifié, on met un S à greniers). Je me suis réveillé tôt ce dimanche matin, je n'ai pas écouté les infos, parce que raz le bol hein... et je me suis décidé à prendre un Maigret dans ma petite collection et j'ai été interpellé par celui-ci car il était intitulé tout simplement "Maigret". En cherchant un peu sur wikipedia, j'apprends que non, ce n'est pas le premier Maigret mais le dix neuvième et qu'il s'agit d'un roman où Maigret est en retraite et qu'il vit avec sa femme au bord de la Loire. Apparemment, dans l'esprit de Simenon, ce devait être le dernier Maigret d'où peut-être le fait qu'il n'ait pas de titre...mais heureusement pour les fans du commissaire, le romancier belge va par la suite ressusciter l'inspecteur pour pas mal de temps.

    Ce Maigret est le stéréotype même des Maigret dont on connaît la méthode de travail. L'action se déroule dans le Paris des années 30, à une époque où des petits bistrots du coin de la rue sont ouverts h24. Maigret se voit contraint de sortir provisoirement de sa retraite pour tenter d'innocenter son neveu, Philippe, brigadier et suspecté d'avoir tué un type faisant partie d'une bande de voyous. Je ne vous raconte pas l'histoire mais les fans de Maigret y apprendront donc aussi que la femme de Maigret a une sœur qui habite en Alsace dont le fils est Philippe et que le commissaire a pistonné pour rentrer à la pj. 

    maig.jpgSimenon était un génie. Un peu comme Balzac et sa comédie humaine, on apprend à chaque roman un détail de plus concernant Jules Maigret...déjà Jules, ça a dû être prononcer une seule fois. Je crois que sa femme l'appelle Maigret. Imaginez vous votre femme vous appeler par votre nom de famille !!!!

    Le roman terminé, il était onze heures et l'on frappa à ma porte.....j'entends que l'on frappe....

    Maigret, le livre de poche, 188 pages. Parution en 1934. lecture le dimanche 11 avril 2021.

    Apparemment, je suis le premier à avoir fait tourner les pages de ce volume et le premier aussi à en parler sur un blog. Les dimanche déprimants, on tente de se rassurer comme on peut.  

  • J'entends que l'on frappe

    Ecrit le 10 avril 2021, un jour de déprime et de solitude. 
     
    J’entends que l’on frappe à ma porte
    Avec force et persévérance
    Mais moi, prostré, je fais en sorte
    Que l’on suppute mon absence.
     
    Cela doit être un être humain
    Comme on en voit courant les rues
    Et qui vont et viennent chacun
    Ayant son but, ayant trop bu.
     
    Je ne suis plus de ces bipèdes
    Qui sont quand même des milliards
    A peupler le Globe et qui plaident
    Qu’ils sont les rois des territoires.
     
    Je suis terré dans mon chez moi
    D’où je ne sors que vers minuit
    Afin d’aller voler de quoi
    Rester encore un peu en vie.
     
    Alors tu peux toujours frapper
    Que tu sois Julie ou bien Jean,
    Tu finiras par te lasser
    Et t’en iras vers d’autres gens.

  • CR370 : la plaisanterie - Milan Kundera

    mil.jpgÇa fait quasiment quinze ans que ce blog existe (c'est fou, j'avais 32 ans !) et pendant tout ce temps je n'ai jamais parlé de l'un de mes auteurs préférés, à savoir, Milan Kundera dont j'ai lu tous les romans et récits dans ma vingtaine d'années à part le rideau (qui porte bien son nom car l'auteur n'a rien écrit après. Il a aujourd'hui 92 ans). Cet auteur de premier plan n'a jamais reçu le prix Nobel preuve que cette institution ne vaut pas un coup de cidre (ils ont oublié Philip Roth aussi). 

    La plaisanterie, paru en 1967 est son premier roman et a été écrit en tchèque, l'auteur ne maitrisant pas alors le Français. L'action se déroule en Tchécoslovaquie aux alentours de 1947 alors que le pays vit sous le joug communiste. Alors que le Parti s'est immiscé dans toutes les strates de la société, Ludvik, un jeune universitaire envoie à une amie une lettre humoristique dans laquelle il se moque gentiment du parti communiste. L'amie va le dénoncer et Ludvik va être viré de l'université et être enrôlé dans l'armée où il travaillera dans les mines. Ludvik est le principal personnage mais il n'est pas le seul narrateur, trois de ses amis ont le droit à la parole. Comme toujours chez Kundera, la place des femmes est essentielle en tant que protagonistes essentielles et pour leur pouvoir érotique.

    Je fais vite. On trouve des résumés partout. Je me souviens, il y a 25 ans, quand j'avais lu les Kundera (avec une préférence pour l'insoutenable légèreté de l'être), je m'étais fait une réflexion que je fais toujours aujourd'hui. Les héros de Kundera, membres du parti communiste et puis exclus et envoyés aux travaux forcés restent fidèles au communisme. Ainsi dans la plaisanterie, les sociétés capitalistes ne sont jamais évoquées...il ne vient à l'idée de personne qu'il puisse exister autre chose que le communisme. 

    Ce que j'aime le moins chez les Kundera, c'est l'importance qu'il donne à la musique, les folklore locaux ou les chants du parti. Par contre, il fait partie des auteurs qui décrivent les scènes érotiques avec le plus d'acuité. 

    Le style est assez dépouillé surtout après que l'auteur devenu francophile ait retiré, horrifié, toutes les métaphores inutiles. 

    A noter que Kundera fait partie des rares auteurs à avoir été publié dans la collection la Pléiade (que je possède) de son vivant. Moi, à sa place, ça me ferait presque peur. Faire rentrer un écrivain dans cette collection, n'est-ce pas un peu l'enterrer ?

     

    la plaisanterie, lecture en avril 2021 sur papier, NRF, Gallimard, 395 pages

  • l'orée du bois

    l'orée du bois
     
    Dans mon immeuble au numéro un forestière
    Nous sommes à peu près dix huit à y crécher.
    La forêt de Camors qui nous fait face est fière
    De ses conifères et de ses peupliers.
     
    Les humains qui peuplent cet ancien restaurant
    Sont souvent fragiles alors les fins de mois
    S’il est hors de question de se faire abstinent
    Il s’agit alors de se priver d’un repas.
     
    Et si globalement, l’entente est de vigueur
    Il arrive souvent que pour des pacotilles
    On se fâche et très vite autour d’une liqueur
    On refait le monde ou bien l’on parle des filles.
     
    Trop souvent des couples se déclarent la guerre
    Réveillant le palier dans les bras de Morphée
    Mais à bout de force, les tourtereaux font taire
    Les différents de rien ayant forcé l’acmé.
     
    Mon meilleur ami loge au numéro dix sept
    Et le matin lorsqu’on voit que le soleil donne
    Nous allons dans les bois et faisons trouble-fêtes
    Au cuicui des oiseaux et au vent qu’on bâillonne.
     
    Et puis nous rentrons gais dans nos appartements
    Et je retrouve alors les amis qu’il me reste,
    Rimbaud, Verlaine, Stendhal et Proust au firmament,
    Un jour vient de passer loin des bruits indigestes.
     
    Loïc LT, le 07.04.2021

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  • une histoire simple

    On attendait que les derniers
    Collègues aient quitté les murs
    Mais nous deux, nous restions rivés
    Finissant quelques écritures.
     
    Et puis alors je me levais
    Et mon cœur battait la chamade,
    A pas lents je me dirigeais
    Là où était ton ambassade.
     
    On discutait, de tout de rien
    Et de calculs analytiques
    Et je faisais mine de rien
    Des allers retours pathétiques
     
    Et donc alors il fallait bien
    Que j'en vienne à ma raison d'être
    Et tu faisais semblant que rien
    N'arrêterait ta calculette.
     
    Tes cheveux étant attachés
    Je caressais tout doucement
    Ta nuque et puis non empêché
    Tes joues, tes deux seins fermement.
     
    En riant tu disais arrête,
    Et tu calculais encore quoi
    Mais je savais que t'étais prête
    A faire un peu n'importe quoi.
     
    Et sur le sol, l'on se jeta
    Sans dire un mot et les dossiers
    Se souviennent de nos ébats
    De nos cris, de nos râles lancés.
     
    Vingt ans plus tard, nous sommes les
    Parents de deux adolescentes
    Mais notre amour a pris l'arrêt
    Au quai des choses finissantes.
     
    Je suis tout seul dans mon deux pièces
    Et me souviens donc du Faouët
    Je pleure un peu, mon cœur s'affaisse
    Et je n'attends que tout s'arrête.
     
    Loïc LT, le 05.04.2021
     

  • Se retirer du monde

    Même si on n'est pas croyant, il faut bien s'adapter aux fêtes religieuses et en l'occurrence en ce moment les fêtes de Pâques. Ça a été très dur pour pour une raison assez ridicule : mes filles qui habitent à trois kilomètres de chez moi étaient ce weekend à 300 kms. En plus, si elles étaient restés là, je ne suis même pas certain que je serais aller les voir. Peut-être quand même. Aujourd'hui elles vont rentrer et elles resteront à la maison cette semaine car les cours se feront à distance. 

    J'ai eu très envie de boire et j'ai tenu et j'en suis assez fier, surtout que dans l'immeuble, c'était open bar à tous les étages. 

    Si j'ai eu cette envie de boire, c'est que vendredi j'ai reçu une lettre de la cour d'appel de Rennes et je sais maintenant la date à laquelle je saurai à quelle sauce je vais être mangé. Je savais que j'allais recevoir cette lettre mais bêtement en l'attendant, je me faisais l'idée qu'on avait clôturé mon affaire, ce qui était profondément ridicule. Il faut maintenant que je regarde la réalité en face. Le plus probable est qu'à partir de fin avril ou début mai, je serai retiré du monde pour huit mois. C'est un grand tournant dans ma vie. Je me rassure en me disant que ce sera plus court que le service militaire, que je relirai peut-être trois fois la Recherche de Proust (si on me laisse mes 6 bouquins mais y'a pas de raison). Pour le reste, évidemment, c'est l'inconnu le plus total. Je ne me sens pas capable de nouer des relations amicales....je compterai les jours sans doute. Huit mois dans une vie, je ne sais pas si c'est beaucoup ou pas...en tout cas en huit mois, les adolescentes changent beaucoup. 

    Quasiment tous les gens avec qui je discute me disent "mais non, tu les feras pas, pas toi quand même". Je suis obligé de leur montrer la notification du jugement pour les convaincre. C'est quand même incroyable et c'est vrai que je connais plein de gens qui mériteraient plus que moi d'y aller, des gens qui roulent sans permis, des gens qui battent leur femme etc...

    Je peux encore écrire au procureur de la république pour expliquer pourquoi il serait préférable que je sois mis sous bracelet électronique...Le problème est que si j'ai des projets pour l'avenir, je n'ai pas de justificatifs. 

    Faire face. Il le faut. Regarder droit devant soi et oublier le passé. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Je sais, cette formule est usée mais elle est toujours valable. Je suis citoyen français et donc je dois respecter ses lois ou alors être puni. 

    Loïc

  • nom du film : le doulos - Jean Pierre Melville

    doudoute.jpgJe viens de regarder ce film de gangster sortie en 1962. Entre les années 50 et le début des années 60 ( soit deux ans après à bout de souffle) , ce genre  était courant et  ils se ressemblaient un peu tous. Dans le doulos, la distribution est énorme : Jean-Paul, Belmondo, Serge Reggiani, Michel Piccoli. Je me demande si ce n'est pas la seule fois où Belmondo et Piccoli ont joué ensemble.  J'adore ces deux acteurs et je vais chercher cette chose qui me taraude. 

    Je ne vais pas faire le résumé, l'essentiel est que Belmondo est un indict et qu'il fait son boulot. De toute façon, à la fin tout le monde meurt, comme  ça c'est clair.  Entre parenthèse, je suis triste lorsque je vois Belmondo aujourd'hui. La vieillesse est naufrage. 

    C'est du Melville donc la réalisation est soignée. Et c'était courageux de sa part puisque c'était en plein nouvelle vague. Mais il y avait quand même un encore et heureusement un public pour ce genre de film de facture classique. Pour le regarder, il faut être attentif car il y a beaucoup de protagonistes mais il se font tuer très rapidement. Donc, voilà, c'est un moment de détente et puis pour tous les films, je vais le regarder une seconde fois. Je le fais à chaque fois et dans mon esprit, c'est quand on redouble en classe, la deuxième année, on est les premiers de la classe. 

    doulos.jpg