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2020

  • revenir au monde

    La fin de l'automne a été compliquée. J'ai rechuté deux fois et environ quinze jours à chaque fois et je ne suis pas un petit joueur. Deux bouteilles de whisky par jour. Je vous raconte pas la galère le matin pour aller en acheter mais mon corps était plus fort que ma volonté. Un jour, mon père m'a appelé pour me dire d'arrêter sur le champ mais il ne sait pas que c'est impossible. Arrêter net après avoir bu autant, c'est la crise d'épilepsie assurée. Pour un sevrage physique, il faut cinq jours et pendant ces cinq jours, il ne s'agit pas de diminuer la consommation mais de la remplacer par des médicaments adaptés que sont les benzodiazépines. Le plus courant est le Seresta mais je n'en avais pas sous la main et comme mon médecin traitant n'a plus le droit de m'en prescrire, il aurait fallu que j'aille chez ma psychiatre à trente kilomètres mais avec le recul, je me dis que j'aurais pu l'appeler pour qu'elle faxe une ordonnance à ma pharmacie mais je n'y ai bêtement pas pensé. Alors, les deux fois, j'ai fini aux urgences de Vannes sous perfusion  et la deuxième fois, j'ai subi les heures les plus difficiles de ma vie. Je n'arrivais pas à manger tant ma main tremblait. Mon ex femme est venue une fois au moment du repas et m'a donné à manger comme à un bébé. Cette visite m'a remonté un peu le moral. 

    Comme le médecin me voyait gémir et devinait que je faisais des delirium tremens (des Pokemon avec des cornes qui fonçaient sur moi et j'étais obligé de me débattre pour les faire fuir en leur donnant des coups de poings (un S à poing?)), j'ai été transféré en réanimation et derrière moi il y avait une machinerie incroyable. Le médecin était surpris que mes constantes étaient bonnes ( pouls, tension..) mais je souffrais le martyr et je n'ai pas dormi pendant deux jours. En plus, j'avais des coliques atroces alors il a fallu encore augmenter la dose de benzos. Imaginez trois jours sans pouvoir bouger sur le dos sous perfusion avec un tensiomètre (?)à demeure se mettant en route tous les quarts d'heure. Et puis au bout de trois jours, ça s'est calmé. Mon corps a accepté de me laisser tranquille et on m'a transféré dans un autre service dont je ne sais plus le nom pour vérifier l'état de mon poumon, de mon estomac et de mes intestins. J'ai dû subir une fibroscopie. Il s'agit de te foutre un gros tuyau dans l'œsophage muni d'une caméra. Ça ne fait pas mal sauf au début quand ça passe dans le gosier. Résultat : aucunes séquelles à la surprise de l'infirmier à qui j'avais dit que j'étais sans doute à quatre grammes pendant les deux périodes d'alcoolisation. 

    Pour l'anecdote et à ma surprise, il n'y avait presque personne en réa et un médecin m'a dit qu'il n'avait jamais été débordé par les cas de covid. Ensuite je suis rentré chez moi frais comme un gardon et quelques jours plus tard, j'avais rendez vous avec ma psychiatre du centre médico-psychologique d'Auray qui se situe à vingt kilomètres de chez moi et je n'avais aucun mal à aller en vélo (électrique) et je lui ai demandé qu'une infirmière vienne chez moi tous les matins pour me voir prendre l'Esperal, un médicament qui empêche tout simplement de boire. J'ai commencé à en prendre mi novembre donc ça fait deux mois que je n'ai pas bu et que je revis. Par contre, j'ai de gros problèmes de mémoire mais mon médecin m'a dit que ça reviendrait. J'essaie de la travailler en apprenant des poèmes. 

    Je suis maintenant en invalidité catégorie 2 et je suis en train de monter un dossier de prévoyance pour arriver à près à 1300€. Pour un mec de droite, ce n'est pas très glorieux. Pendant une semaine, je suis resté dans le noir, le téléphone éteint. J'avais besoin de faire le point avec moi-même. Des gens se sont inquiétés mais non je n'étais pas en prison. 

    Comme disait le regretté Chirac, les emmerdes, c'est comme les avions de guerre, ça arrive en escadrille et maintenant j'ai la justice au cul. Mais contrairement à ce que dit mon père qui ne me trouve aucune excuse, ça ne m'empêche pas de dormir. Plein de choses positives circulent dans ma tête. Il faut aller de l'avant. Je le dois pour moi, pour mes filles et parce que c'est un miracle de vivre. 

               

    @Shako, Ardennes

  • CR353 : le miroir égaré - Françoise Sagan (pdt que blog fermé)

    CR354 : le miroir égaré - Françoise Sagan


    Encore une Françoise. Ça fait beaucoup de Françoise que j'aime bien : Breut, Hardy, Sagan.. ah non, c'est tout mais il y sans doute beaucoup de Françoise Lambda en France qui ont du talent.
    Ça donne l'impression que j'ai envie de meubler. Un peu mais pas totalement. Comme beaucoup je n'avais lu de Françoise Sagan que Bonjour tristesse dont je n'ai quasiment aucun souvenir (j'ai une mémoire de lecture à trois mois) mais je crois que c'était pas mauvais.
    Ici, c'est une histoire d'amour avec adultère dans le milieu du théâtre. J'imagine que comme Patrick Modiano, Françoise Sagan écrit toujours le même livre. Parfois, on se demande si on n'est pas en train de lire un Harlequin haut de gamme. Mais je ne suis pas suffisamment lecteur des Harlequin (juste deux à trois par mois) pour me permettre une comparaison foireuse. Avec un style épuré, l'auteur raconte une histoire où la psychologie des personnages prend beaucoup de place. Le narrateur étant omniscient, ça permet d'avoir les états d'âme de chaque pitoyable protagoniste.
    Qu'est ce que je peux dire d'autres ? Le roman est sorti en 1990. Est-ce que c'est normal que François Rosset utilise encore une machine à écrire ? On rigole mais il s'en vend encore et comme les vinyles, ça peut revenir.

    Lecture sur papier, janvier 2020
    196 pages.
    Sorti chez Plon, 1990
    Note : 3.5/5

  • CR365 : frappez sans entrer - John Godey (Gallimard, série noire)

     

    frappezsansenrter.jpg

    Ce sont des fans de Godard qui m'ont affirmé que le Série Noire posé sur les fesses de Brigitte Bardot dans "le mépris" était "frappez sans entrer" de John Godey. Au fait, avant de venir sur ce blog, vous avez frappé ? Et est-ce que je vous ai laissé entrer ? Je crois pas, non, mais maintenant que vous êtes là, que vous vous appeliez Françoiz Breut ou Julie Schittly, vous pouvez rester. Je vous paie un café. Je suis sûr que vous allez bien vous entendre. De toute façon, ça ne va pas durer longtemps. Ce polar sorti en 1961 ne présente pas beaucoup d'intérêt et c'est sans doute pour ça que Camille n'a pas le nez dedans. Mais connaissant Godard, le choix de ce livre n'est pas un hasard....ou peut-être. Je suis bien le seul à me poser ce genre de question. Lui-même ne doit plus savoir d'ailleurs. Sinon, je ne comprends pas en quoi ce titre a un rapport avec le polar dans lequel les gens frappent et attendent qu'on les ouvre. 

    875816060.jpgL'histoire est assez simple. Dans un quartier résidentiel d'une quelconque ville américaine (qui n'a pas encore trouvé son clown), une jeune fille qui s'appelle Lola Paris se fait buter par une voiture et se retrouve entre la vie et la mort à l'hôpital. Une enquête est évidemment menée. Une dizaine de flics sont sur l'affaire que des journalistes importunent sans cesse. On vérifie la carrosserie des voitures des habitants du quartier mais on ne trouve rien de probant. C'est assez simple, non ? Je me demande si ça vaut vraiment un roman. 

    J'ai lu les 186 pages très vite. La traduction de Jean Rosenthal est très bonne car ça se lit bien. Quand on arrive à la page 101, on tourne  et on se retrouve comme par magie à la page 102 ! A force de lire sur liseuse, j'ai fini par perdre l'habitude de choses élémentaires. Si un jour, vous allez à la plage de Kerhillio et que vous ne savez pas que lire, passez chez moi, j'habite quelque part à côté d'un arrêt de bus. Vous trouverez facilement. Vous verrez l'aile avant droite de ma voiture est bousillée et couverte de sang.

    John Godey dispose d'une page Wikipedia. 

    lecture le 12/11/2020, parution : 1961. Note 5/5 (mais juste pour les fesses de BB)

    Shako

     

  • Eric Rohmer : conte d'hiver (1992)

    contedivers3.jpgJe croyais avoir vu les quatre contes de Rohmer et bien non en fait, je n'avais pas vu celui-là. Je l'avais sur mon disque dur pourtant mais qu'importe. Eric Rohmer est à part dans le cinéma Français mais je ne sais pas trop vous expliquer pourquoi mais je vais essayer quand même avec les moyens du bord. Il n'y a pas d'action, pas de musique, juste des acteurs (inconnus pour la plupart) qui ont la vingtaine d'années et qui sont issus de la petite bourgeoisie parisienne. Jamais il n'est question d'argent, jamais il n'y a de disputes. Les scènes se passent en intérieur ou en extérieur et le tout est d'un réalisme absolu à tel point qu'on peut se dire que vos vies comme la mienne valent bien un film. 

    Ma comparaison est douteuse mais j'ai envie de vous dire que c'est un Jules et Jim à trois. Au début du film, on voit un couple sur une plage. La fille (Félicie) est nue et le type avec elle s'appelle Charles. C'est un amour de vacances qui finit au lit dans lequel ils conçoivent une fille qui s'appellera Elise, actrice de cinq ou six ans qui sera épatante tout le long du film. Oui, parce que peu après le début du film, on nous annonce "cinq ans après". Félicie a perdu Charles de vue à cause d'un problème d'adresse. 

    Jusque-là, ça va ? Bon Félicie croyant avoir définitivement perdu Charles "refait sa vie" (que je déteste cette expression) avec un intellectuel intitulé Loïc. Il est beaucoup question de Victor Hugo, de Pascal et de Platon mais Félicie a du mal à le suivre. Elle est coiffeuse et sort aussi avec son patron, Maxence qui décide d'ouvrir un salon à Nevers, ville  traversée, comme chacun sait par la Loire, ville d'ailleurs ou ni Françoiz Breut ni Julie Schittly ne sont allées car à part pour des raisons professionnelles, il n'y a pas trop de raison d'y aller. Petite anicroche : lors d'une dispute, Félicie bouscule vaguement Maxence mais ce dernier ne va pas chercher son fusil pour l'abattre. Cette cruche de Félicie (aussiiii) demande un moment à Maxence quel est ce fleuve qui traverse la ville. Hou là. Que ce soit avec Loïc ou avec Maxence, ça discute beaucoup, ça tergiverse, ça se pose des questions, ça fait dans l'introspection ce qui est la marque de fabrique du cinéma de Eric Rohmer. Ça ne ressemble à aucun autre film et si ça avait été réalisé dans les années 60, on l'aurait classé dans la nouvelle vague. 

    Je ne vous dis pas la fin (parce que je sais que suite à cette note dithyrambique, vous allez vous précipiter chez votre garagiste pour lui emprunter le dvd (oui, parce que, les garagistes sont friands de Rohmer alors même qu'évidemment aucune voiture ne tombe en panne dans ce film). C'est impossible car cela aurait créé comme un hiatus. Il n'y a aucun élément matériel qui vient perturber les acteurs. A la limite, ça pourrait faire une pièce de théâtre. Le film est plus complexe que je vous le décris mais en bts comptabilité, on n'a pas étudié le cinéma de Eric Rohmer qui est décédé en 2010 avant d'être réincarné en crapaud (je ne dis pas ça pour faire mon malin mais parce qu'il est beaucoup de réincarnation dans ce film). 

    Shako

  • I've got the power !

    IMG_20201108_161607.jpgJe m'étais dit que j'allais me forcer à écrire une note tous les jours (avant ma reprise de travail en tout cas) mais c'est difficile quand même, je ne suis pas journaliste et je n'ai pas le talent de Julie Schittly. Aujourd'hui, je suis allé déjeuner chez mon père. On a parlé de choses et d'autres et je n'étais pas pressé de partir. Alors, je suis sorti prendre l'air et suis allé voir les bâtiments de ferme qui se situent derrière la maison (une longère). C'est un spectacle un peu désolant. Tout ce qui est tôle et boiserie partent en vrille. Si un jour, il faut vendre la maison (parce que c'est la nature des choses), je pense que tout ce bazar derrière va en rebuter plus d'un. Je vois pas trop comment démolir tout ça...y'a peut-être quand même la possibilité de transformer la fosse à purin en piscine puisque ladite fosse est à ciel ouvert. Pour la reste, je ne sais pas.

    Tout ça m'a quand même rappelé des souvenirs...mon chien Snap qui me suivait partout et qui est mort quelques jours après qu'il s'est rendu compte qu'il n'y avait plus de vaches dans la ferme (1999). On l'a retrouvé mort dans un champ sans raison apparente. Il n'avait que 5/6 ans. Je suis certain qu'il a fait une déprime parce qu'il s'est senti inutile. C'était un berger allemand adorable et il me suivait partout lorsque j'allais me promener par monts et par vaux en récitant des vers de Rimbaud. J'avoue que j'ai pleuré. Je m'étais trop attaché à lui. C'est moi qui lui avais trouvé son p'tit nom par rapport à un groupe de dance music de l'époque qui chantait "I've got the power". Je n'oublierai jamais ce chien. J'espère qu'il y a un paradis pour eux aussi  (encore que pour nous je sais pas). 

    Donc, je suis allé chez mon père et chemin faisant, j'ai vraiment réalisé qu'il n'y avait personne sur les routes. C'est la misère et même mon boucher était fermé alors que j'avais promis à mon père de lui ramener de la bonne bidoche. On a suivi ensemble le départ du Vendée Globe. A noter que même en plein air, le public était interdit. On atteint le summum de la connerie. 

    En rentrant, je suis passé devant une école de campagne et j'ai remarqué qu'il y avait quatre barrières à deux mètres de l'entrée. Vous savez, c'est pour faire peur aux terroristes. Je me marre.

    Il y a une semaine, j'étais sous perfusion au service réanimation de l'hôpital de Vannes...

    Shako

  • CR364 : la famille Martin - David Foenkinos

    famille martin.jpgDavid Foenkinos est un auteur qui a trouvé sa place dans la littérature française comme Françoiz Breut dans la variété mais c'est la première fois que je le lisais. C'était pas prévu mais quand j'ai lu la présentation sur Amazon, je l'ai téléchargé direct sur ma Kindle, ma Kindle qui me suis partout, qui se glisse aisément dans ma poche droite (autant que dans ma poche gauche) et qui doit contenir plus de 500 romans que ce soit des classiques ou des romans contemporains.

    Donc une fois le bouquin dans l'engin, j'ai lu cette histoire de la famille Martin avec beaucoup de délectation. Je vous indique quand même vite fait de quoi il s'agit. L'auteur en mal d'inspiration décide d'aborder la première personne qu'il croise dans la rue et lui demander si elle veut bien qu'il lui consacre un roman. Il tombe sur Madeleine, une vieille dame rentrant de ses courses. Surprise évidemment par la proposition et un peu inquiète quand même, elle l'invite quand même à venir chez elle pour boire un café ou je ne sais quoi. Au fil des jours, une réelle complicité se noue entre les deux contribuables et de fil en aiguille, l'auteur fait la connaissance de toute la famille Martin, c'est à dire des deux filles de Madeleine, Valérie et Stéphanie. Ceci dit, Stéphanie expatriée aux Etats-Unis (qui cherche encore son clown) est juste mentionnée. Valérie est mariée et a deux enfants et c'est le couple Valérie/Patrick qui devient le centre névralgique du roman. 

    A la base, l'auteur ne voulait être qu'un observateur. Tous les soirs, il note ce qu'il a appris dans la journée et le roman prend tranquillement forme. Mais les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. Son intrusion dans la famille Martin la bouscule un peu et provoque des changements ou précipite certaines décisions qui restaient en plan. 

    Donc voilà. Ce roman m'a fait un peu penser aux "gens dans l'enveloppe" de Isabelle Monnin qui m'avait été conseillé par Julie Schittly et que j'avais lu il y a quelques années (si vous voulez lire le compte rendu, tapez : doelan/blogspirit/les gens dans l'enveloppe. J'avais eu un véritable coup de cœur pour ce roman ( mais c'est pas vraiment un roman en fait). 

    Concernant la famille Martin, une question me taraude. Est-ce que David Foenkinos a vraiment fait cette démarche en vrai ou tout n'est-il que fiction ?  Je penche quand même pour la fiction car l'enchainement des événements ne ressemble pas vraiment à ce qui se passe normalement dans la vraie vie. Il y a trop de rebondissements. Comme je le fais parfois, je vais essayer de rentrer en contact avec l'auteur (il est sur Facebook) afin d'éclaircir cette affaire.

    En tout cas, c'est un roman facile à lire. Il figure en ce moment dans les meilleures ventes (mais l'auteur est coutumier du fait). Mais ce n'est pas parce que c'est un bestseller qu'il est mauvais. Tous les Français ne lisent pas les bouses de Marc Levy et Guillaume Musso.

    Lecture sur Kindle, parution le 1er octobre 2020 chez Gallimard. Note : 4/5

    Shako. 

  • Romain, Léonor, Rozenn et les autres

    Je suis confortablement installé dans mon canapé en train de lire "frappez sans entrer" un polar série noire de John Godey. Pourquoi ce livre ? Parce que c'est celui que lit Brigitte Bardot dans "le mépris" sur les hauteurs de la villa Malaparte. À un moment, elle pose son livre sur ses fesses (madame est nue). Dans le film, on ne distingue pas le titre mais les fans de Godard ont trouvé de quoi il s'agissait, je ne sais pas comment d'ailleurs. Qu'importe ce n'est pas le but de ma note. 

    Comme vous le savez, j'ai "des problèmes avec l'alcool" mais je n'avais pas bu depuis juin et il y a dix jours à peu près, je me sentais bien, rien ne laissait présager le passage à l'acte. En passant devant Monoprix, je suis pris d'un craving (envie subite de boire), je me suis engouffré sur le parking et suis ressorti du magasin avec une bouteille de whisky.

    " J'ai tenu trois mois, mon problème est réglé, je me boirai un fond de whisky tous les soirs, ça ne me pose aucun problème" me disais-je. 

    Rentré chez moi, j'ai dégommé la bouteille en une demi-heure. Le lendemain, j'ai augmenté le domaine de la lutte et j'ai filé en acheter deux autres....que j'ai enfilées à la vitesse de la lumière. Les jours qui suivirent sont à l'avenant. C'était devenu catastrophique. Mon corps réclamait, réclamait, réclamait, réclamait... Je ne mangeais plus, je ne me lavais plus et je me couchais tout habillé et le lendemain dès l'ouverture, hop, deux bouteilles dans le sac. Parfois, il y a eu des variations. Pour changer le goût du plaisir, j'achetais deux bouteilles de Ricard que je buvais cul sec et sans eau. Je savais que j'allais droit dans le mur mais mon corps avait pris le dessus sur ma motivation. Et dans la nuit de vendredi dernier, j'ai fait un delirium tremens. J'étais réveillé, ce n'était donc pas un rêve et je me faisais attaquer par des Pokemon qui avaient des cornes et des grosses moustaches. Je les repoussais avec mes poings mais ils revenaient sans cesse et au petit matin, le délire s'est calmé. Sans doute que les Pokemon avaient battu en retraite.  Le jour s'était levé et je suis sorti du lit pour aller faire mes courses mais j'étais incapable de mettre un pied devant l'autre. Je voulais déjà aller dans la cuisine pour boire un peu d'eau et ça s'est avéré impossible alors je me suis recouché et j'ai souffert toute la matinée, souffert de corps et d'esprit. Et dans un élan de désespoir, j'ai appelé mon voisin à la rescousse. Il est rentré chez moi, catastrophé de me voir dans cet état. Je passe les détails mais deux heures plus tard j'étais aux urgences de l'hôpital de Vannes. On m'a filé des benzos mais vraiment pas assez pour calmer le manque. On n'était pas très nombreux et j'enviais les patients qui dormaient. Comme j'aurais aimé moi aussi dormir !  Le médecin ne voulait pas prendre le risque d'augmenter le dosage alors voyant mon état, j'ai été transféré en réanimation où on m'a mis sous perfusion et posé des électrodes. J'étais allongé sur un lit inconfortable, je continuais à souffrir et pour enfoncer le clou, j'étais pris de coliques violentes et j'avais des diarrhées et comme évidemment je ne pouvais pas aller aux toilettes, on me donnait un bassin et débrouille-toi avec ça. Les soignants ne semblaient pas inquiets, sans doute habitués à gérer les sevrages. J'ai passé trois jours en réanimation sans dormir et puis enfin ça s'est calmé et j'ai été transféré au service gastro afin de vérifier l'état de mon foie et tout. J'ai subi une batterie d'examens, vu défilé des addictologues et plein de jolies infirmières (dont l'une avait exactement la même voix que Zaz). Elles sont recrutées sur casting ou quoi ?

    En tout cas, le sevrage physique était terminé et il me tardait de rentrer chez moi pour écouter des chansons de Françoiz Breut ou lire des articles de Julie Schittly. 

    Lors des examens, le plus dur fut la fibroscopie dont le but est de vérifier l'état de l'œsophage et de l'estomac. Alors, on te met une espèce de gros bouchon pour garder la mâchoire bien ouverte et on fait rentrer un gros tuyau muni d'une caméra. C'est pas spécialement douloureux (peut-être juste lors du passage dans la gorge) et l'affaire dure trois minutes. Une infirmière me tenait la main et la caressait presque. Le résultat est immédiat. Rien d'anormal à signaler me concernant. Ensuite, on s'occupe du foie. Légère hépatite mais pas de cirrhose. Retour dans ma chambre et l'on me dit que j'ai une carence en fer mais qui n'a rien à voir avec l'alcoolisme alors nouvelle perfusion pour infiltrer de la ferraille et faire de moi un T1000. 

    Après cinq jours, je suis sorti de l'hôpital retapé et de bonne humeur. Il faisait beau dehors (je n'avais pas vu la lumière du jour depuis mon entrée). Mon taxi est arrivé très vite. Lors du retour, j'admirais la campagne et je me suis dit que je n'avais pas vu l'automne arriver. 

    Je tiens au final à dire combien j'ai été épaté par le professionnalisme et la gentillesse des médecins, infirmières et aides soignantes. C'est la première fois que j'allais dans un hôpital public et je pensais que c'était un peu le bordel. Mais pas du tout, tout est bien huilé, les transmissions et les informations circulent bien d'un service à un autre et je resignale quand même qu'ils ont géré mon sevrage et en plus comme je disais ils ont réglé mon problème de fer et comme j'avais une blessure au bras droit (accident avant la rechute dans la salle de sport), ils ont fait un test tetanos et administré le vaccin. J'ai eu le droit aussi au test Covid. Enfin, les repas sont bien moins mauvais que ce que l'on peut entendre. 

    Merci, merci, merci à ces professionnels et merci aussi à mon entourage qui demandait de mes nouvelles....mon ex épouse qui est venue me voir et qui arrivée à l'heure du dîner lorsque j'étais en réa et que je ne voulais pas manger alors elle m'a forcé quand même à le faire et m'a aidé comme on le fait pour un tétraplégique....merci à Romain, ma sœur, mon père, Léonor....et les autres.  

    Une chose est claire. J'ai compris la leçon. Je ne veux plus me battre contre des Pokemon et puis en baver autant lors du sevrage. Donc, la seule solution est de ne plus boire. A chaque fois je dis ça mais là, j'en sûr, quelque chose s'est passé. Bon je vais me boire un café et j'ai encore quelques cadavres à emmener au container. 

    Shako, 16h50

  • juste de passage - Françoiz Breut

    Voici un nouvel inédit chanté au Botanique le 16 septembre. Le son est toujours très moyen. Je n'ai pas le choix. Du coup, ce sera très dur de retranscrire mais je vais essayer un peu. Votre aide sera la bienvenue !

    @Shako


  • la chute des damnés - Françoiz Breut

    Le 16 septembre 2020, Françoiz Breut a donné un concert sans public dans une salle bruxelloise (le Botanique). Le concert était diffusé sur Youtube (il est toujours disponible, je l'ai mis sur ce blog). Ça a duré 45 mns et elle a chanté 9 titres dont six inédits qui figureront sur son album qui sortira au printemps 2021 (s'il y a encore quelqu'un en vie en Europe -)

    Alors, je me suis pris la tête pour extraire une chanson de ce concert si bien que le son est un peu pourri. Mais passable. Je n'ai pas encore trop étudié la question. J'ai commencé à retranscrire les paroles mais je coince. La chute des damnés, c'est aussi un tableau peint par un certain Dirk Bouts aux alentours de 1470. Il est exposé au musée des Beaux-Arts à Lille. La chanson a-t-elle un rapport avec ce tableau ? Je pense que oui et vous tiens au courant. Tu connais, toi, Julie Schittly ?

    Shako

                                             

     

     

     

     

     
  • mon nouveau bijou high tech

    Ça fait longtemps que je n'avais pas fait une petite vidéo mais pour ce que j'ai à vous expliquer, il valait mieux. Je vous parle d'un téléphone que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre. Je crois que dans mon enfance, on a dû l'utiliser jusqu'au début des années 90.

    Je me souviens aussi que lorsqu'on a décidé de remplacer celui de ma grand-mère par un téléphone plus récent avec des grosses touches, elle n'a jamais rien compris si bien qu'on a dû remettre celui que je vous présente ci dessous en fonctionnement. Je me demande si aujourd'hui, des vieilles personnes l'utilisent encore. C'est possible...regardez cette vidéo. Petit délire en perspective. 

    @Shako