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2019

  • CR345 : le côté de Guermantes - Marcel Proust (lecture 2019 non relatée sur ce blog)

    Comme je suis en train de lire le temps retrouvé (avec beaucoup de mal), j'ai décidé de regrouper ainsi tous mes commentaires de mes lectures de Proust que j'avais postés sur facebook lorsque ce blog était fermé. 
     
    Commencé il y a quelques jours, je n'étais pas si mécontent quand je constatai sur ma Kindle que j'avais fini ce roman aussi épais que barbant. Mais quand on aime Proust, on ne recule devant rien et j'avoue qu'il faut être courageux pour ne pas abandonner ce pavé en cours de route. Plus que "dans à l'ombre des jeunes filles en fleurs" qui avait un certain charme frivole, dans "le côté de Guermantes", on reste enfermé dans des salons mondains guidé par le narrateur. C'est bien clair, il ne se passe rien. Ayant fait en cours de route, une coupure avec Zola, il faut quand même être un peu maso pour retourner dans l'hôtel de Guermantes, le plus courru du tout Paris et où se retrouve tout le gotha de l'aristocratie de l'époque. Et comme si les invités ne suffisaient pas, les discussions se portent aussi sur tous les autres, les princes et contes etc de toute l'Europe qui auraient un lien de parenté ou pas avec les Guermantes ou autres. On y vante l'esprit des Guermantes et notamment des bons mots de la duchesse. Le narrateur qui ne loupe rien et qui ne se lasse pas de ces diners sans fin est un peu moqueur mais pas suffisamment pour que l'on puisse y voir un roman dénonçant le ridicule et la vacuité de cette aristocratie qui ne sait pas qu'elle est finissante.
    Heureusement, quelques demi portions nous permettent d'y échapper comme la visite surprise d'Albertine chez le narrateur, l'agonie et la mort de la grande mère et la visite chez le fantasque comte de Charlus.
    Mais je vais dire quand même que j'ai aimé par amour de la littérature et par celle notamment de Proust qui pousse le bouchon de la préciosité littéraire à des niveaux jamais égalés.
     
    Lecture sur Kindle, novembre 2019
    Équivalent pages : 765
    Note : 4/5

  • CR338 - leurs enfants après eux : Nicolas Mathieu

    Quand j'ai suspendu ce blog, je mettais mes comptes rendus sur Facebook. Je vais tranquillement les rapatrier ici. Je remets en premier celui là que ma soeur qui veut connaître mon avis, vient de lire et que je vous conseille. Prix Goncourt  2018

     

    CR338 : leurs enfants après eux (2018) - Nicolas Mathieu
     
    leursenfantsaprèseux.jpgLe prix Goncourt est largement mérité pour ce roman fleuve qui raconte le quotidien de quelques protagonistes dans une petite ville de l'est de la France dont les derniers hauts fourneaux se sont arrêtés il y a peu et qui laisse des milliers de familles dans la précarité et l'obligation de se trouver un avenir. L'action se situe dans les années 90 et est rythmée en fonction des grands moments musicaux et sportifs de la décennie. On suit le quotidien d'une jeunesse plus ou moins défavorisée en manque de repères qui doit se battre par tous les moyens pour s'en sortir. Anthony est sans doute le plus souvent cité et le plus attachant lui dont le père a subi de plein fouet la fermeture de Metalor, qui sombre dans l'alcoolisme et qui divorce. Autour d'Antony qui a 14 ans au début de l'histoire, gravitent toute une jeunesse globalement dans la panade. Le cannabis, les filles, les bastons, l'alcool, les études ou pas, les petits boulots sont le quotidien de Hacine, Steph, Clem, Anthony et les autres, quotidien dont l'équilibre tient beaucoup à l'origine sociale des parents. Anthony-Stéphanie est un peu le couple charnière autour desquels gravitent tous les autres.
    C'est une splendide chronique des années 90 dans une ZUP en reconstruction. Le tout est assez sombrement banal mais la plume de l'auteur est directe, crue et ne passe pas par quatre chemins. C'est du Zola version 1990 sans les descriptions inutiles. Chez Nicolas Mathieu, tout est dit au bon moment et tombe sous le sceau de l'évidence. Ce roman social se termine avec la liesse de la coupe du monde de football 1998, comme une promesse de lendemains meilleurs. On quitte à regret tous ces personnages. Après la vie des parents, vient celle des enfants, leurs enfants après eux, enfants que l'on quitte jeunes adultes avec plein d'interrogations pour la suite…
     
    Lecture : janvier 2019
    sur papier, Actes Sud, 426 pages
    note : 4.5/5
     
    Loïc LT